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PLANCHE XXIV

Fiff. I

Fiff. 2

c TROT ESPAGNOL. 287

Lorsque j'obtiens de mon cheval un seul temps de trot sur chaque jambe, je lui en demande alors deux, mais seulement quand chaque temps isolé est correct en longueur et en hauteur, et facilement exécuté.

Si une jambe est plus paresseuse que l'autre, ce qui arrive presque toujours, je travaille uniquement cette jambe : c'est le meilleur moyen de frapper la mémoire du cheval et de lui faire comprendre, par mes attaques, qu'il agit de cette jambe avec trop de mollesse.

Une fois l'harmonie établie, je lie les deux premiers temps, puis j'en demande quatre et pas davantage pendant longtemps, quand même le cheval chercherait à en faire plus de lui-même.

Il vaut mieux se contenter de quatre temps bien soutenus que de chercher à en obtenir immédiatement un plus grand nombre qui seraient douteux.

Dans le trot espagnol, le cheval déploie une grande énergie^ Aussi ne faut-il pas en abuser, car, si vous

I. Voir planche XXIV, figure i. Ma7-kir au trot espagnol diagonale droite en l'air, mise en main complète. Tête un peu au delà de la verticale, mâchoire fléchie. Même planche, figure 2. Germinal au trot espagnol diagonale gauche en l'air, simple mise en main. Jamais la cravache ne donnerait des tensions de jambes comme celles obtenues dans ces deux photogravures. C'est uniquement l'affaire de l'éperon. On remarquera comme, dans les deux cas, le jarret en l'air s'engage bien sous le centre. C'est là tout le secret de l'élévation de l'avantmain. C'est le bon équilibre dans toute l'énergie de l'impulsion. La dépense d'énergie dans la figure i est telle que les paturons sont fléchis au point de toucher le sol.

vouliez en peu de temps obtenir vingt ou trente temps, il est certain que les derniers ne seraient pas aussi brillants que les premiers. Il s'ensuivrait que le cheval prendrait la mauvaise habitude de ne pas tendre ses Jambes avec énergie.

Si, au contraire, vous savez vous contenter de peu, vous pouvez exiger que votre demande soit exécutée avec d'autant plus d'énergie qu'elle est modeste.

Il faut attendre que le cheval exécute le trot espagnol sans effort pour lui demander de le soutenir longtemps. Quand cette allure lui sera très familière, il n'éprouvera plus aucune fatigue, et vous pourrez alors l'exiger pendant deux ou trois tours de manège^ mais il ne faut jamais aller au delà.

J'ai déjà dit que, pendant le dressage, il ne fallait jamais laisser prendre au cheval l'initiative d'aucun mouvement. Si vous le lui permettez, il en abusera et n'attendra plus vos sollicitations. Il fera fréquemment ce qui lui est facile ou ce qui lui plaît, mais non ce qu'il vous plaira qu'il fasse.

Ainsi, quand vous enseignez les changements de pied au galop, très souvent le cheval va au-devant de votre demande : si vous le laissez faire, jamais vous n'obtiendrez des changements réguliers, puisqu'il les exécute à son gré, sans qu'il vous soit possible de les régler.

Quand le cheval prend l'initiative d'un mouvement que vous lui avez appris, vous devez donc le corriger, mais doucement, bien entendu. Si vous le laissiez maître de son initiative, il ne tarderait

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