TROT ESPAGNOL
Au surplus, le cheval doit être tellement occupé de son cavalier pendant toute la durée de la leçon, que rien autre ne doit exister pour lui. En revanche, toute préoccupation qui ne se rapporte pas au cheval doit également disparaître de la pensée de récu3^er.
L'homme doit, pour ainsi dire, s'emparer de l'animal tout entier et le rendre tellement attentif à ses exigences, qu'il ne puisse penser à autre chose qu'à ce qui va lui être demandé. Quant à moi, je m'empare du cheval que je monte, de façon à ne lui laisser qu'une idée dans la tête : que va-t-il me demander? Certains auteurs disent : « Il faut tant de temps pour arriver à ceci; tant pour cela; au bout de tant de leçons, on doit obtenir telle ou telle chose; » etc. C'est une grave erreur. On ne sait jamais d'avance combien on sera obligé d'employer de temps pour arriver à faire exécuter correctement tel ou tel travail.
Certains chevaux apprennent très rapidement tel assouplissement ou tel mouvement que d'autres apprennent très difficilement. Par contre, les premiers se montrent souvent très récalcitrants quand il s'agit de leur enseigner un mouvement que les seconds peuvent saisir immédiatement. Il en résulte que l'on doit tenir grand compte dans le dressage des aptitudes particulières de chaque cheval, et ne point se décourager parce que l'on n'obtient pas de résultat dans le laps de temps indiqué par le livre. C'est contre ce découragement que je m'efforce de réagir.
jp2 TROISIEME PARTIE.
Ainsi, j'ai eu des chevaux qui apprenaient le pas espagnol en huit jours, tandis que j'ai dépensé trois mois de travail et d'efforts pour l'enseigner à d'autres, tout en m'y prenant de la même façon.
Avec certains chevaux légers et bien conformés, j'ai obtenu des changements de pied au galop presque immédiatement, tandis qu'il faut généralement six mois pour arriver à les faire exécuter convenablement à la plupart des chevaux. Et il en est de tout ainsi en équitation.
L'épaule en dedans au galop.
J'ai rangé les demi-voltes au galop dans l'équitation courante, parce qu'on peut avoir besoin, à la promenade, de quelques pas de galop sur deux pistes plus ou moins correctement exécutés pour pouvoir se ranger même au galop. J'aborde maintenant l'étude du galop dans l'équitation savante.
Lorsque le cheval exécute correctement les demivoltes au galop, je cherche, pour le travail de l'épaule en dedans, à détacher les épaules du mur, toujours au galop. Le cheval y est, du reste, admirablement préparé par le travail des deux pistes au pas d'école et plus encore par les demi-voltes au galop.
Fis:. 2
Fig. I