PLANCHE XXVIII
Fisc. 2
Fiff. I
PIAFFERS ET PASSAGES. jn
qu'un corollaire du pas espagnol, c'est un passage sans rassembler, et par conséquent contraire à toutes les données de l'équitation. Je l'ai pratiqué dans ma jeunesse, quand je n'avais pas encore assez de tact pour arriver au passage naturel. Aujourd'hui, je ne l'enseigne jamais K
Le piaffer n'est que du passage naturel exécuté sur place. Il y a deux sortes de piaffers, l'un lent et élevé, difficile à obtenir, et que tous les chevaux ne supportent pas; l'autre, précipité et près de terre, que l'on peut obtenir de presque tous les chevaux.
Le piaffer haut et lent ne diffère du passage naturel qu'en ce sens qu'il doit être exécuté complètement sur place. On y arrive en raccourcissant le passage pas à pas, jusqu'à ce qu'il se fasse sur place.
de gauche à droite, diagonale gauche en l'air. La position est des deux pistes, les actions sont celles du passage.
Planche XXVIII, fîg. 2. Mcirkir au passage sur deux pistes de gauche à droite, diagonale droite en l'air. Ici, c'est le mouvement des deux pistes qui se prononce. La jambe gauche de derrière qui gagne peu de terrain garde son élévation. La jambe droite de devant, après s'être élevée comme la jambe gauche de devant dans la figure i, prononce son mouvement de gauche à droite et s'éloigne de la jambe gauche pour gagner du terrain à droite.
I. Je pourrais faire une observation analogue pour un certain nombre d'airs artificiels auxquels j'ai renoncé depuis bien longtemps, quand je dresse un cheval pour moi, non parce qu'ils ne sont pas conformes aux données de l'équitation, mais parce que je ne les trouve pas assez savants. Tels sont : le pas espagnol, les pirouettes renversées sur trois jambes, les pirouettes ordinaires et renversées, les pieds croisés, le reculer sans rênes, le balancer de l'avant et de l'arrière-main.
Le piaffer demande donc plus de rassembler, et par conséquent plus de jambes et plus de finesse de main*.
Quand on n'a pas le passage à sa disposition, le piaffer est alors une conséquence du pas. On obtient facilement le piaffer précipité d'un cheval vigoureux et impatient. Mais, s'il n'est pas enseigné selon les règles de réquitation, il ne sera jamais régulier.
Il ne suffit pas, en effet, que le cheval soit vif et vigoureux pour que l'on arrive à le faire^ piaffer en l'excitant, soit de la cravache, soit avec les jambes, soit encore par des appels de langue. Par ces moj^ens, vous arriverez sans doute à provoquer son impatience, mais non à lui apprendre comment il doit poser ses pieds à terre ; et vous pouvez être certain que, s'il les y pose régulièrement, ce sera par un pur effet du hasard. Presque toujours, les jambes de derrière s'enlèveront et se reposeront à terre en même temps, ce qui n'est pas une allure.
Il faut apprendre le piaffer au cheval en le calmant. Ce n'est que lorsqu'il est calme qu'il peut comprendre ce qu'on lui demande.