PRÉFACE C
réfléchit, que l'ancienne Belgique avait un Droit de la mer à elle, réglant, notamment, les rapports et les devoirs des navigateurs et des commerçants qui fréquentaient, par le Zwyn, les ports alors fameux de Damme et de Bruges. Il y avait là un bouquet, maintenant fané et desséché, de dispositions légales et réglementaires, qui est une des origines traditionnelles de notre esprit juridique maritime, alors qu'il est usuel de considérer celui-ci comme une émanation d un passé exclusivement étranger à notre sol.
Ce fut, du reste, une habitude constante, depuis la reconstitution en i83o de la Belgique en nation indépendante, de la rattacher juridiquement aux sources françaises. L'annexion par les Révolutionnaires de 1795 avait été si violente et si brutalement systématique, qu'il semblait que tous les liens avec notre propre histoire avaient été définitivement tranchés comme par un coup de guillotine. Le Droit, spécialement, était traité dans nos Universités, dans nos Tribunaux, dans nos Chambres Législatives, en continuation et prolongement de Droit français. C était, de même qu'en Littérature et en Art, la période dimitation qui nous valut alors le peu agréable renom de contrefacteurs invétérés.