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LA VILLE

ton ; ville marchande et cité impériale à Tokio ; ville russe et ville iianiemie à Samarkand.

n appartenait à TÂmérique de créer un nouveau type de cité. Washington, Philadelphie, Buenos Âyres sont sorties toutes faites

I d*an plan préconçu. Pour peu que la ville remonte à ces époques

i qae la juvénilité américaine traite de médiévales, c'est-à-dire au xvii« siècle, on y retrouve encore avec intérêt, bien qu*à demi effacée

I et comme engloutie dans les constructions modernes, la ville primitive : à Boston, la péninsule mamelonnée qu'une mince langue de terre,

' suivie aujourd'hui par Washington Street, rattachait au continent ; à New York, l'extrémité méridionale de l'Ile de Manhattan, au Sud de Wall Street. Mais, de nos jours, la viUe surgit trop vite, toute faite, suivant un plan partout identique. Ces blocs quadrangulaires de maisons coupés par des avenues ou rues à trcrileys, n'ont plus rien de local ni d'historique, qu'ils s'élèvent sur les bords de l'Atlantique ou du Pacifique, sur les confins du Mexique ou du Canada. C'est une dviUaation singulièrement exclusive qui leur imprime une face commune, n y eut quelque chose de pareil dans ces villes à portiques, thermes et colonnades que les Romains implantèrent indistinctement dans toutes les parties de leur Empire. Mais en Amérique la viUe se développe dans des proportions auparavant inconnues. Saint-Louis disperse ses différents quartiers sur une dizaine de milles de distance. Chicago embrasse un espace plus grand que le département de la Seine. La ville américaine a son appareil de circulation pennettant de spécialiser les quartiers, de séparer la ville des afhires de la ville du Aome, d'interposer entre elles d'inmienses parcs, d'avoir sa campagne à l'intérieur. « La locomotive, écrivait il y a déjà un demi-siècle Anthony Tirollope, est ici conune un animal domestique. » Que dirait-il aujourd'hui ? Essaimant autour d'elle, étendant indéfiniment ses quartiers suburbains, la ville est la plus parfaite expression de l'Américanisme...

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