‹ Principes de géographie humaineChapitre 55 sur 129 · CHAPITRE m XjBS hotbns db nodbbitdbb · texte numérisé non relu

CHAPITRE m XjBS hotbns db nodbbitdbb

Parmi les rapports qui rattachent l'homme à un certain milieu, l'un des plus tenaces est celui qui apparaît en étudiant les moyeu de nourriture ; le vêtement, l'armement sont beaucoup plus sujets à se modifier sous l'influence du commerce que le régime alimentaire par lequel, empiriquement, solvant Ici climats où ils vivent, les différents (iroupes subviennent aux nécessités de l'organisme. D existe à cet «iïet une remarquable diversité de combinaisons : Bédouin ou Fellah riverains de la Méditerranée, Européen du Centre ou du Nord, Chinois, •Japonais ou Esquimau, chacun a réalisé, avec les éléments fournis par le milieu, accrus de ce qu'il a pu y joindre, un type de subsistance qui est entré désonnais dans le tempérament, s'est fortifié par les habitudes. De tous les caractères par lesquels les hommes se distinguent et se signalent entre euk, c'est celui qui frappe le plus les observateurs primitifs, comme le prouvent ces noms A'ichthyophages, loiophaga, galadophagea, que nous a légués la nomenclature des anciens, les indications ethnograpliiques d'Hérodote sur les peuples de Sc>'thie, ou la mention d'anthropophages libéralement répandue sur les cartes du XVI* siècle. Encore aujourd'hui, dans notre Europe même, on voit persbtcr, en domaines à peu près impénétrables, les consonunateurs d'huile et de beurre, de pain de froment et de pain de seigle, malgré les nivellements qu'opèrent, en cela comme en toutes choses, les progrès de la vie urbaine.

Ce n'est pas le cas de traiter ici la ^'partition géographique des moyens de nourriture en général ; notre mtention est de montrer comment persistent sous cette forme certaines influences de milieu. C'est donc dans les régions où ces influences sont le plus battues eu brèche, c'est-à-dire dans les régions extra-tropicales, que nous prendrons nos exemples. Aussi bien, la division est naturelle, c'est celle qui sépare le domaine de ta banane de celui où la vigne et le blé mûrissent

convcnablemeiit leun firnitt, en deçi de 90^ d'un cMé on de Tantre de l'Equateur.

Le premier exemple qui s'oAre est cdui da basaiii mèditerraiiéeii» n rq^rteente im type de climat bien marqaë» dont les deax termes prineipanx sont des ëtèi secs et des hivers doux» raccordés par dtes ttisons de transition plus ou moins humides. Puis, nulle part nous ne pouvons suivre aussi loin dans le passé les traces dliafaltadcs stables et de civilisations fixées. Dans les plus anciennes tombes d'Egypte on trouve le blé, l'orge, la fève ; sur les plus anciennes pein* tares figurent le figuier, la vigne, l'oignon : c'est-à-dire l'ensembk à peu près complet des plantes nourricières dont subsiste au jonrdlmi le fellah. Cela représente déjà une longue élaboration culturale, une combinaison qui a groupé des plantes qui jadis croissaient çà et là en des habitats plus on moins distincts, qui les a tait passer de l'état de sauvageons à cdui de plantes perfectionnées, adoucies, assoiqiUes en variétés diverses. L'Egypte a pu s'enrichir de cultures industrielles^ accueillir de nouveDes plantes venues surtout de Babylonie ou du Soudan ; le menu de l'indigène n'a guère changé. C'est un végétarien^ en qui s'Oppose le contraste, si nettement accusé dans les poèmes hom^ riques, avec le pasteur nourri de fromage de brebb ou de chèvre et da la chidr de ses agneaux. Parmi les céréales qui sont le fondement de son r^lme, l'orge a été longtemps la favorite ; semée ennovembreet récoltée en mars ou avril, elle mûrit plus tAt que le blé et, chose pré» cieuse dans ces terres d'irrigation, laisse plus longtemps la place libre pour d'autres cultures. Mais là, comme tout autour de la Méditerranée, le blé n'a pas tardé à la supplanter. Immédiatement semé après les pluies d'automne, il profite du bref ralentissement causé par l'hiver pour pousser dans le sol des radicelles profondes, s'y imprègne d'azote et d'autres substances que plus tard la tige, en s'élevant, transformera au contact de l'air, jusqu'au jour où la turgescence favorisée par les dernières pluies de printemps aboutira, sou9 la chaude et sèche influence de l'été méditerranéen, à kt formation de l'épi. Le cyde de la plante se moule exactement sur celui des saisons ; à chaque étape de croia» sanœ correspond un opiimum de conditions propices. Ce blé dur des pays méditerranéens doit à l'abondance du ^uten ses qualités éminemment nutritives, et demeure ainsi dans ces régions l'aliment par exceUenoe : numgtr du pain^ chez les Grecs modernes, est synonyme de manger.

Tonte Fantiqnité dassiqae distingae comiiie prindpaiiz mètien de !• terre le labourage et la plantation» odni qni produit Tctge saerée oa le blé, et l'habile jardinier qni, par la greffe on la taiDe, perfectionne les produits d'arbres on aibnstes dont les inof ondes racines bravent la sécheresse estivale.

L'art de THptoléme a ponr complément» dans les idées anciennes; celui que les habiles horticulteurs phéniciens ont traditionnellement transmis à leurs successeurs actuéb de Slax o« de Kerkennah. P6nr comp rendre l'importance alimentaire de ces cnltuies d'aibres» il faut les associer à celles qui se multiplient à leur ondire : anx tapis d'oiige» fèves ou blé» garnissant» sous le mince feiiillags de l'olivier, les gradins en tenasses ; à ces vignes courant en festons le long des branches de frêne en KabyUe» d'ormeaux on d'éiables em ItaKs; à o(i Inxnriant jardinage où prospèrent sous les figuiers» pêdwis» on antres arbres i fruit» les piments» salades» courges» mdons et pastèques» dont se compose la table ouverte où se comptait le Méditenanéen. n y trouve» dans les brûlants 'étés» ce qu'il faut ponr ètancher sa soif on pour stimuler son appétit engourdi.

Panni ces arbres il en est un que la Bflbk noume le roi de tons ; et peut-être ce titre décerné à l'olivier surprendrait ceux qui n'ont pv vériflar de pisu le rfile qu'il joue dans l'alimentation des peuples berbères. L'huile d'olive dans l' Afrique du Nord et les régbns adjacentes du Sud de la Méditerranée» est un objet de consommation bien plus que d'exportation. L'arbre producteur» très anciennement perfectionné par la culture» et si bien adapté au climat méditerranéen qu'après plusieurs siècles de durée il persiste à se renouveler» à se propager par rejetons, accumule lentement dans son fruit les substances grasses» riches en carbone, n ne s'écouk pas moins de six mois entre l'époque de la floraison» qui a lieu en avrO» et celle de la maturation qui coifr> menée en novembre. C'est à la faveur de cette longue élaboration que se concentrent dans le fruit les sucs que» par ses longnes racines» par scm feuillage pérenne» l'olivier empmiite à l'air et an sol. n en résulte on produit de matières grasses» qui peut à la rjgnenr tenir lieu de viande» et qui la remplace en effet presque entièrement dans ralimentation ordinaire du Berbère. Qui a vu la galette de froment frottée d'huile consommée quotidiennement chez nos indigènes d'Algérie» a pris sur le fait un de ces types de régime alimentaire depuis longtemps fixés» qui se transmettent de siède en siècle. Aux jours de fête sont réservés le mouton» « l'agneau pascal »» et ces distributions de viande par tète d'habitant mftle, qui sont pratiquées encore en pays berbère.

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