IV. — TYPES DE RÉGIONS SUBTROPICALES ET SUBARGTIQUES
Soit qu'on s'avance dans la direction des pôles, soit qu'on aille dans la direction de l'Equateur, les zones propices aux établissements humains se réduisent progressivement : ici par la surabondance d'eau» là par la sécheresse ou par d'autres causes.
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Réglons sutaretlques. — Dans le Nord de la Russie d'Europe, c'est X
aux abords de la région forestière, sur les confins de la forêt d'arbres •*
feuiDus et de la forêt de conifères, par 58<> de latitude environ, que des 2
différences tranchées, inconnues à nos régions tempérées, se dessinent ^
entre les parties humanisées et les parties rebelles aux établissements. ^
Dans la région de la haute Volga, domaine des Finnois Tchérémisse ^
à peine entamé par la colonisation russe, le contraste s'accuse entre E
le haut-pays dont le sol friable couvert d'une couche de terre noire a permis de pratiquer des clairières agricoles, et le bas-pays où la forêt >
de pins et de sapins, encore dominante, n'est interrompue que par des lacs et des marécages. Le village s'est constitué, florissant, entouré de ;
vergers et de massifs de tilleuls, bouleaux et aulnes dans le haut-pays. '
n n'existe dans le bas-pays qu'à l'état rudimentaire, a et ne montre pas de traces de végétation autour des constructions » ^. L'eau stagnante, avec les miasmes et les gelées qu'elle engendre, est visiblement Télément hostile.
Dans les provinces de la Baltique, comme en général en Scandinavie, Téparpillement des fermes est le régime qui apparaît, dès qu'à la continuité des plaines se substitue le morcellement propre aux contrées qu'ont envahies les glaciers.
Au Nord du 60o, la Finlande a été le si^é d'une colonisation plus active. C'est là peut-être que l'homme a fait le plus d'efforts pour approprier à ses besoins une contrée peu hospitalière. Rabotée à la
1. J. Smxbnov (trad. par P. Boyer), Les populations finnoises du bassin de la Volga et de la Kama^ p. SI sqq.
fois par les glaciers et jonchée de leora dépôts» la surfàôe en est sans cesse morcelée c en une foule de petits territoires par une altemaiice de petites collines rocheuses, de terrains de gravier, de lacs et de champs d'argile » ^ Ce morcellement, là comme dans les régions où nous Tavons vu déjà prévaloir pour d'autres causes, a produit son effet ordinaire : hostile à la formation de villages, et favoraUe aux hameaax et fennes isolés (torp). Une sorte de besoin centrifuge a même porté les pionniers de la colonisation dans le plateau inférieur à s'établir autant que possible à l'écart les uns des autres, comme ils l'ont fait plus tard en Amérique dans le Far-WesU seul moyen de combiner librement des ressources éparses que la pêche et la diasse permettaient de joindre à une agriculture très restreinte. Peu à peu, il est vrai, par les progrès du drainage et de l'assainissement du sol, une marge plus grande s'est ouverte aux établissements des hommes. Dans l'Est du plateau lacustre, la coutume s'établit alors de bâtir çà et là sur les collines de graviers et de sables, médiocrement fertfles mais moins exposées aux gelées que les terrains argileux ou les tourbières du fond des vallées *. Des groupes sporadiques d'établissements ont pris naissance ; mais ils ne forment de véritables ensembles que le long des fleuves K Entre les solitudes sur lesquelles pèsent la stagnation des eaux et des marécages, l'immobilité des forêts de conifères et de bouleaux, où l'agriculture ne dispose que des misérables ressources de l'écobuage, la circulation des cours d'eau représente le mouvement et la vie ; c'est en effet le long des fleuves qu'ont afflué les établisse- ^ ments humains. Une frange d'établissements suit fidèlement les cours
•^ d'eau, surtout dans la partie orientale où l'évolution du réseau fluvial
' f!3 est plus avancée ; ils s'égrènent, plutôt qu'ils np se concentrent sur
i^ leurs rives. Par une analogie remarquable avec nos pays de montagnes,
on y remarque que chaque vallée fluviale forme une région à part *. Ainsi la répartition des établissements est en rapport avec les forces physiques qui travaillent à substituer un réseau fluvial coordonné aux labyrinthes lacustres et marécageux, héritage des anciens glaciers quaternaires.
La Chine. — L'homogénéité du sol dans le Nord de la Chine est propice aux agglomérations : les unes ne dépassent pas les proportions de hameaux, les autres sont de gros villages agglomteés. Dans la vallée
1. Atku de Finlande : carte n* 2 ; texte, p. 20 (Sederhotan).