‹ Principes de géographie humaineChapitre 72 sur 129 · CenMUM ot Indla^ 1891, p · texte numérisé non relu

CenMUM ot Indla^ 1891, p

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Le voisinage de la nappe d'eau souterraine que les puits atteignent à une faible profondeur, a permis à ces communautés de se multiplier unif onnément sur toute la surface meuble et légère que circonscrivent au Nord le Teral» au Sud les falaises de grès de Tlnde centrale. On compte par centaines de mille les puits soit en maçonnerie, soit temporaires qui, perçant de toutes parts le sol du Doab (Mésopotamie gangétique), y sont Tœuvre anonyme et ancienne des cultivateurs du sol. Us se sont groupés ; et sans doute ce mode d'habitat dans la haute et moyenne vallée du Gange est moins dicté par la nature que par le désir de rester concentrés, de conserver les liens entre des races diverses traditionnelles. C'est un type de colonisation, comme dans le delta du Tonkin. Les groupes, quoique rapprochés, vivent renfermés sur eux-mêmes, dans les cadres traditionnels qui contiennent» soit en agriculteurs, soit en artisans, tout ce que peuvent réclamer les besoins et même les ambitions de luxe, et qui, une fois complets, s'ouvrent difficilement à de nouveaux-venus. NuUe part les recensements n'ont relevé un plus grand nombre d'habitants vivant à l'endroit même dont ils sont originaires^. Tout au plus des mariages entretiennent-ils quelque échange de population entre villages voisins. Si d'une part la facilité de culture sur un sol homogène et ami a favorisé la propagation d'un même type de villages, c'est la nécessité de se précautionner contre les insuffisances et les irrégularités des pluies qui en a maintenu la cohésion.

Le rapport entre l'irrigation et le type de villages ne se montre pas moins dans les répons intérieures du Décan, où il est nécessaire aussi de constituer des réserves pour parer aux insuffisances de pluie. Le substratum archéen des roches ne permet pas d'y multiplier les forages de puits conmie dans les sols meubles des plaines indo-gangétiques ; mais il suffit de quelques barrages dans les larges ondulations de ces surfaces de pénéplaine pour former des tanks ou réseiVoirs artificiels. On a compté de ces bassins jusqu'à 43.000 rien que dans les 14 districts dépendant de Madras, tous d'origine indigène. Il n'est pas de village qui ne possède cet organe essentiel, qui est à la fois son œuvre et sa raison d'être.

Ainsi, dans l'œuvre anonyme qui a précédé dans le Sud comme dans le Nord de l'Inde les grands travaux qu'ont accomplis des dynasties historiques, on retrouve, précédant les grands canaux du Sind et du Gange, les digues monumentales du Cavery et des fleuves du Camatic, le travail préliminaire d'installations et d'aménagements modestes,

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