‹ Principes de géologie transformiste: application de la théorie de lChapitre 19 sur 58 · Inférieur · texte numérisé non relu

Inférieur

sarcinulata. 1

jFlagstones.

Grauwake à gram- j

misia.

Tilestones.

Silurien.

Nous avons dans cette formation dévonienne un premier type terrestre ou lacustre : le vieux grès rouge {old red sandstone) qui, parallèle aux dépôts marins du pays de Galles, du Gornwall, est placé derrière eux et présente dans ses rares fossiles une faune et une flore du plus haut intérêt. Ce sont spécialement pour les plantes : des lycopodiacées, des fougères, ainsi que les premiers Conifères ; parmi les poissons ce sont des types bizarres à squelette cartilagineux et dont le corps couvert de plaquettes solides était resté mystérieux jusqu'à présent; mais on vient de découvrir des formes voisines dans les lacs de TAustralie centrale, continent qui renferme encore bien d'autres animaux appartenant à des types qu'on croyait disparus depuis longtemps. Le premier reptile apparaît alors : le Terlepeton Elginense (de Mant.), il semble être une transition entre les reptiles et les batraciens ; sa présence dans le dévonien indique nécessairement la présence de reptiles très-voisins des poissons dans le silurien. Ceci reporte déjà aux premiers temps du silurien, l'apparition du type vertébré par la transition tout indiquée de l'Amphioxifs qui est intermédiaire entre certains mollusques et lés poissons cartilagineux.

Les couches marines dévoniennes sont très-variées et bien fossilifères, elles présentent une succession de faunes intéressantes jointes par des transitions insensibles. L'influence minéralogique du milieu sur l'animalité restant toujours le fait le plus considérable, aucune subdivision n'étant possible lorsque la nature de

la sédimentation ne change pas, c'est-à-dire qu'à certaine endroits il est possible <l*établir des divisions que l'on ne saurait trouver dans d'autres localités. Nous pouvons ajouter que nous avons trouvé dans l'étude des polypiers dévoniens la preuve que souvent le même type animal pouvait: ou donner naissance dans un terrain plus récent à trois ou quatre types différents par suite d'une modification organique dans un sens ou dans un autre, ou bien se perpétuer longuement presque sans modification. Tandis que le genre Pleurodyctium si bien caractérisé apparaît en SuèdQ dans la silurien, possède son maximum dans le dévonien inférieur de l'Ardenne, reparaît presque sans changement dans le carbonifère d'Avesnes (Pleurodytium Gosseleti nobis), nous voyons les polypiers irréguliers (hexorygmaphylliens)(l) apparus dans le dévonien inférieur disparaître presque complètement dans le Dévonien moyen et supérieur et revenir modifiés dans toutes les directions dans le carbonifère. Ajoutons que les polypiers du dévonien moyen et supérieur ne sont que des modifications des espèces siluriennes dont elles sont séparées par les types du dévonien inférieur.

Toutes ces observations se rapportent toujours à des recherches régionales; mais pour un petit espace, elles seraient nécessairement fausses pour une plus grande étendue (2).

(1) Ludwing, Polypiers des terrains paléozoîques^ in4, pi. 1869.

(2) Ici nous n'avons toujours en vue que les terrains anciens de l'Europe occidentale.

Les géologues stratigraphes, en s'efforçant dans ces dernières années de subdiviser les couches et les grandes masses de leurs contrées, ont rendu un grand service à révolution en montrant combien les changements étaient locaux. Ainsi, il a été impossible à M. Gosselet de tracer dans l'est de TArdenne les cinq divisions des schistes à calcéoles que M. Rœmer avait établies dans l'Eifel (1).

On ne saurait trop insister sur ce travail des subdivisions des couches, montrant toujours Tinsensibilité des modifications, qui est le propre des recherches actuelles; ainsi M. Mourlon prépare en ce moment une subdivision en assises des psammites du Gondros qui forment déjà un des soUs-étages du dévonien supérieur; M. Dupont a fait connaître que le calcaire carbonifère de Belgique renferme six couches di'stinctes; chacune peut être encore subdivisée en une quantité d'autres bien discernables. La faune de toutes ces couches change sans faire des sauts brusques quand la sédimentation n*est pas changée, même entre les divisions les plus importantes; ainsi lorsque les couches qui séparent le dévonien du carbonifère sont calcaires comme à CEtrungt, elles renferment une faune de transition participant à la fois du dévonien supérieur et du calcaire carbonifère inférieur.

La place de ces couches dans les accolades systématiques n'est plus alors qu'une affaire d'appréciation personnelle.

(1) Voyez aussi : E. Keyser, Zeit. Deut GeoL^ avril 1871, p. 289.

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DÉVONÎEN. — CABBONIFÈRE ET HOUILLER. — DYAS. 67

Nous avons peu à dire sur le calcaire carbonifère sans entrer dans des détails minutieux, c'est une époque intéressante de la vie, moins palpitante que le silurien certainement, mais d'une importance capitale eu égard à ses rapports avec la période houillère qui n'est en grande partie qu'un de ses faciès particuliers. La période houillère présente les restes de tourbières anciennes ; il existait alors de petits continents plats, séparés par une mer peu profonde et couverts d'une luxuriante végétation tropicale, l'humidité devait être considérable; mais les recherches récentes ont prouvé que la proportion d'acide carbonique de l'atmosphère devait être à peine plus forte, si elle existait, que dans l'air de l'époque actuelle.

Il se présente ici un problème intéressant : quelle était la mer qui entourait les continents dont nous parlons ?

Il faut ici distinguer avant tout deux houilles d'âge absolument différent et qui se trouvent toujours dans des bassins différents. La houille carbonifère qui est, par exemple, celle du bassin houiller qui va de Liège à Hardinghen (Boulonnais) par Mons et Douai, et qui est intimement liée au calcaire carbonifère (I); et la houille permienne qui est celle du bassin de Sarrebruck, par exemple, d'âge plus récent que la précédente, et qui est liée à la période permienne, sans qu'il soit possible de l'en séparer.

(1 ) Nous pensons que ce bassin est le seul en France qui ne soit pas de la période permienne.

Ces deux périodes houillères ont une flore très-différente, et sont séparées par une discordance des plus considérables.

Les faunes marines auxquelles il faut les rapporter étant non moins différentes et possédant une distribution géographique toute autre.

La houille inférieure ou carbonifère doit être évidemment contemporaine du calcaire, car elle en renferme quelquefois les fossiles (Mons, MM. Cornet et Briard), (Coalbrook-Dale, M. Preswich), et en la subdivisant convenablement on peut déterminer les sousdivisions du calcaire carbonifère qui lui correspondent latéralement. De même on peut dire que la houille supérieure ou permienne est intercalée dans le terrain permien, et ici le permien marin est nettement latéral au permien continental.

De toutes façons on est obligé d'admettre que la fin de la période carbonifère ou houillère inférieure est caractérisée par un changement considérable dans la distribution des bassins de sédimentation et dans l'évolution générale de la vie, et que la période permienne marine ou houillère supérieure est totalement différente.

Eu étudiant de près cette époque permienne dans laquelle la plupart des types carbonifères ont disparu, on ne tarde pas à remarquer une affinité intime avec le trias, et à juger avec MM. d'Omalius d'Halloy et J. Marcou, que les rapports du permien au trias étant plus intimes que ceux qui joignent le permien au ca^ bonifère, il faut réunir dans un même groupe (dyas)

le permien et le trias proprement dit. Considérant ensuite les affinités du nouveau groupe formé permien- Irias avec la série inférieure paléozoïque et avec la série supérieure qui est le terrain jurassique, nous devons nous demander avec quelle série ce nouveau groupe du dyas a le plus d'affinités (1), dans quelle accolade il faut le comprendre ; nous nous sommes décidés pour le jurassique en raison de la liaison intime dans les Alpes des couches de hallstadt avec Tinfralias.

Le dyas peut être qualifié tout particulièrement de groupe, de transition, parce que le progrès semble y avoir été plus rapide que dans les périodes antérieures ou postérieures.

Ci-inclus on trouvera un tableau des couches intermédiaires entre la houille et le lias, telles que nous les comprenons, d'après les travaux récents.

DTAS.

Pendant cette période, les premiers mammifères vont appardtre, les batraciens urodèles vont passer aux monotrèmes. Haeckel suppose une forme intermédiaire qui nous est encore inconnue, hypothèse ici plus vraisemblable encore qu'ailleurs, car la faune permienne nous est bien peu connue ; M .. King dans sa Monographie des fossiles pei^miens n'indique que

(1) Joies Marcou, Dyas et trias. Archives des sciences de la bibliothèque de Genève. Mai 1859.

277 espèces, faune et flore comprises, tandis que la faune seule du carbonifère présente 1,050 espèces dans le catalogue d'Al. d'Orbigny, auquel il y a tant à ajouter, et tandis que Brongniart connaissait plus de 500 végétaux.

Le dépôt du grès rouge des Vosges ne contient malheureusement aucun fossile : c'est un dépôt terrestre que nous pensons contemporain de la faune marine du calcaire de la province de Perm. Le grès rouge , est intimement lié au grès vosgien, et le grès bigarré qui succède est non moins sûrement la suite du même i dépôt sableux créé sous l'influence des mêmes conditions physiques générales. |

Le grès bigarré joue à notre avis vis-à-vis du magnesian limestone ou muschelkalk le même rôle douteux que les coal mesures remplissent avec le calcaire carbonifère.

11 y a partout ici une foule d'inconnues que les travaux exécutés au point de vue absolu de fixité stratigraphique et paléontologique ont été impuissants à dégager, mais nous nous sommes persuadés qu'éclairés par l'évolution, ces points seront bientôt nettement résolus.

La faune marine qui suit le calcaire coquillier (conchylien, muschelkalk) est une faune imposante ; SOOespèces arrivent à Saint-Cassian (Tyrol), les reptiles sauriens deviennent plus abondants. Cette faune du Tyrol forme un ensemble tout spécial qui n'a que des rap. ports médiocres avec le reste du trias, rapports qui seraient, il est vrai, plus importants si la faune du

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