LEURS NOMS DONNÉS A CHAQUE ÉTAGE
Sinémurien.
Liasien.
Toarcien.
Bajocien.
Pecten tumidus Hart. L. eryx d'Orb.
P. tumidus Ziet. L.erina —
P. velatus Gold. L. pectinoïdes Desh.
Hinnites tuberculosus L. Helena d'Orbigny.
d'Orbigny.
Bathonien. Spondylus tuberculosus L. hippia —
Gold. Gallovien. ? L. duplicata Sow.
Oxfordien. Hinnites velatus d'Orb. — —
Corallien. Spondylus coraliopha- Sp?
gus Gold.
Kimméridgien, Hinnites insequistriatus —
d'Orbigny,
t. Xrv, Koechlin-Schlumberger, p. 144. Notes sur le terrain jurassique.
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Qu'on ne s'écrie pas que ce sont des exagérations et qu'il est possible de distinguer ces espèces : nous avons TU les spécimens de tous ces terrains et de bien des localités différentes, et, si les extrêmes différent, il est impossible de tracer une limite entre les termes moyens. Ici la transformation, la modification est évidente pour tous les observateurs impartiaux^ et toutes les inconséquences des classifications absolues se révèlent dans l'étude attentive de la nature et même dans la synonymie des espèces si les observations de chaque auteur sont acceptées avec confiance et sans y faire une épuration préalable inspirée par une théorie préconçue.
D'après tous les documents fossiles, il est permis de dire hautement que la période jurassique tout entière n'a pas eu dans le temps une plus grande valeur que la période dévonienne, car dans Tune comme dans l'autre, si aucun fossile ne se perpétue sans changement de la base au sommet, chacune présente cependant entre ses sous-assises, dans son ensemble, un caractère net, une liaison des caractères par le chevauchement des espèces communes dans des strates contiguôs. Si le terrain jurassique semble mieux divisable en assises que le terrain dévonien, cela tient sans aucun doute à retendue considérable d'affleurement de ce terrain, dans l'Europe occidentale, à l'abondance et à la bonne conservation de ses fossiles qui ont favorisé de nombreuses recherches et à la stratification plus simple qui était plus abordable aux anciens observateurs.
Un autre point important dans Je terrain jurassique est le faciès particulier qu'on a désigné avec raison sous le nom de corallien, c'est Tapparition aux trois quarts à peu près de cette période d'une faune coralliaire remarquable. Il se forma alors en France et dans quelques pays voisins des récifs de coraux qui rappellent les « Atolls » de l'océan Pacifique ; c'est bien la suite de la période oolithique avec un faciès spécial, limité, toujours dans l'Europe occidentale, à la base par les argiles d'Oxford et au sommet par celles du Kimméridge. Le dépôt de ce terrain a beaucoup contribué à clore le détroit qui faisait communiquer, par Gray, le bassin de la Seine avec la pleine mer qui s'étendait sur le Jura.
Mais laissons parler sur ce sujet un observateur trèscompétent, M. E. de Fromentel, qui a fait à ce propos ressortir la différence de la faune par le changement de la situation et de la sédimentation, entre le détroit lui-même (Ghamplitte) et la mer élargie qui lui succédait à l'est, présentant un faciès remanié dit de charriage (Gharcenne) (1).
(( Les premiers polypiers du corallien n'ayant pour (( point d'appui que les marnes oxfordiennes doivent « avoir une organisation en rapport avec leur mlieu, a en effet ils ont pris pour pouvoir vivre et se répro- « duire sur un sol peu résistant une forme lamelleuse (( appropriée, étant constitués par un tissu mince,
(1) E. de Fromentel, Polypiers corallietis des environs de Gray^ p. 31, in-4». Caen, 1864, 10 planches.
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léger, poreux. Aussitôt que les espèces lamelleuses « eurent constitué un sol résistant, les polypiers sim- «ples, largement fixés, massifs commencèrent à se « montrer, favorisés par des dépôts éminemment sili- « ceux (chailles). Mais lorsque, par un changement n nouveau, l'arrivée des oolithes, là nature des sédi- «ments vint à changer, une troisième modiBcation « coralliaire apparut ; des espèces dendroïdes, arbores- « centes, élégantes, firent place aux espèces encroûa tantes et massives. La faune corallienne est alors à « son apogée, la période de déclin arrive, Toolithe ap- (( parait, des sédiments vaseux s'approchent et aussitôt a revient avec eux une faune à peine modifiée, sem- (( blable à celle du contact des marnes oxfordiennes. c Ainsi cette grande loi de la nature qui veut que «chaque être soit constitué de manière à pouvoir a vivre et se perpétuer au milieu des éléments dans (( lesquels il a pris naissance, trouve ici une applica- « tion remarquable ; car nous voyons des animaux, « qui, généralement, sont organisés pour vivre dans « des eaux claires et agitées, modifier rapidement leur « constitution organique afin de pouvoir vivre et se «multiplier sur un fond peu résistant, dans une mer « vaseuse et calme. »
Voici des paroles bien caractéristiques,et nousn'avons qu'à ajouter quelques mots sur le faciès de charriage qui reproduit dans les couches supérieures par remaniement les polypiers de la zone inférieure, fournissant ainsi une identité paléoïitologique que la stratigraphie vient démentir. Ces phénomènes de remanie-
ment très-développés, dans quelques localités (1), sont quelquefois vrais pour des faunes entières, et ce n'est pas un des, moindres arguments des stratigraphes non systématiques contre l'emploi des fossiles. Il faut consulter à ce sujet le remarquable travail inspiré à M. Gressly par l'étude des causeâ actuelles sur le Jura soleurois (2).
Le détroit dont nous venons de parler présente un faciès spécial qui ne se retrouve pas dans les parties même voisines des bassins adjacents, ces bassins nettement séparés présentent deux systèmes de couches dont la concordance délicate a été l'orgine de la question du « Tithonique » dont nous allons parler brièvement.
D'après tout ce qui s'est écrit dans ces derniers temps sur cet étage nouveau des Allemands, la cause ne nous semble pas encore près d'être entendue, les différences d'observation sur le même fait étant capitales (septembre 1873).
M. Hébert a très-bien résumé la question dans la Bévue des cours scientifiques ^ mais il ne nous a pas semblé, que M. Zittel, qui lui a répondu, ait fait usage
(1 ) Voyez Aie. d'Orbigny, Cours éiém, de paléont. et de géoL sirat,, t. I*', p. 142. Ajoutons quelques observations personneUes : Nous avons rencontré dans le poudingue du crétacé supérieur de la Malogne beaucoup de fossiles du dévonien de TArdenne. Les alluvions de la Seine fourmillent de cérites tertiaires. La Nummulites planulata de l'éocène inférieur est abondante sur la plage actuelle de Calais, etc.
(2) Voyez aussi sur les Migrations kimméridgienneSf A. DoIIfas. La Faune kimméridgienne du cap de la Hève. Paris, 1863, p. 10.
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de tous ses arguments. La question revient à ceci : les Alpes étaient-elles ou non émergées pendant la période supérieure du jurassique? Le fait est qu'il existe pour remplir une période allant de l'oxfordien au néocomien supérieur un dépôt très-puissant qui est le tithonique et qui ne présente pas Taspect des dépôts de même âge sur les rivages anciennement classés. Faut-il classer tout ce dépôt dans le néocomien inférieur comme le veut M. Hébert, faut-il le croire correspondant à toute la série qui manque dans les Alpes, comme le croit Técole allemande? Telle était la question ; en d'autres termes : le corallien avec ses polypiers est il un horizon continu dont l'absence indique une lacune, ou un dépôt local intercalé comme accident dans la série ?
Le débat s'est ensuite localisé et depuis peu la base semble seule mise en question. On en est à se demander si la zone à Ammonites tenuilobatus et polyplocus inférieure au tithonique est oxfordienne ou kimméridgienne, admettant de part et d'autre que le tithonique supérieur est néocomien.
Pour M. Hébert qui pense que les Alpes étaient émergées pendant les périodes kimméridgienne et portlandiehne, le tithonique inférieur est seulement corallien ; pour M. Zittel et son école le tithonique inférieur est contemporain du portlandien et du kimméridgien, et la zone à Ammonites polyplocus, sommet de l'oxfordien auquel elle se lie, serait contemporaine de l'étage corallien tout entier.
Pour nous la question ne semble pas avoir toute
l'importance qu'on lui prête, car si l'on admet qu'une faune à Terebratula moravica peut être contemporaine d'une ou plusieurs. autres couches, voire même d'une ou plusieurs divisions qui ont une faune entièrement différente. Que nous pensions que le tithonique inférieur est corallien et le supérieur néocomien comme le pense M. Hébert, ou que ces deux dépôts dans leur ensemble correspondent à des dépôts variés et nombreux, comme le croit M. Zittel, peu importe.
Sans prendre parti pour aucune des deux écoles, ce qui ressort clairement du débat, c'est que les deux divisions du tithonique qui correspondent à deux étages du bassin de Paris n'ont avec ceux-ci que des rapports éloignés et que les faunes sont distinctes quoique contemporaines. Mais alors, si la similitude des faunes n'est plus nécessaire à leur synchronisme, la paléontologie systématique est ici en défaut, et si le néocomien du Nord a un faciès jurassique dans le Midi, c'est qu'il y a eu des migrations, des modifications lentes, des fonds à l'abri des oscillations côtières et des changements qui n'ont rien eu de général, toutes choses que les doctrinaires ont p.eine à admettre et surtout à expliquer.
Nous croyons pouvoir dresser le tableau suivant des couches en litige, sans qu'il soit possible d'établir un parallèle plus minutieux et priant les auteurs de nous excuser si nous n'avons pas parfaitement reproduit leur pensée*
Tableau.
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