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CHAPITRE V

Avant la classiflcation d'Oppel sur les couches tithoniques, le terrain crétacé semblait très-distinct de la série jurassique, et nettement séparé par des formations d'eaux douces de Tétage portlandien, mais cette distinction ne peut être que locale par sa nature même et ne peut servir de limite que dans le bassin anglo-parisien.

D'après la classification la plus généralement adoptée, quelques-unes des formations d'eau douce d'Angleterre sont rapportées au terrain inférieur, au Portlandien, et quelques autres sont assimilés dans le crétacé au néocomien. Quoi qu'il en soit de cette distinction, médiocrement fondée, nous avons dans les couches fluvio -marines qui interrompent ainsi les séries entièrement marines jurassique et crétacée, une faune du plus haut intérêt. On peut établir la stratigraphie suivante qui devra sans doute être révisée plus tard.

Créucé inférieur. (J^^^T^"- ^^ ^^^,^

Néocomien. ^ Wealdien. [ ^^^^^^ ^^ ^^^^^^^^

if Zone à Cyrena.

Purbeck. | — Hemicidaris puberkensis.

\ — cypris.

PorUandstone.

Les mammifères de Tordre des marsupiaux ont fourni 14 espèces en 5 genres dans le Purbeck, mais malheureusement le Weald n'a encore rien fourni ; à cet égard, nous sommes réduits à conjecturer avec Haeckel qu'il a dû exister alors des prosimiens trèsinférieurs.

Mais les reptiles abondent (igualodon); les tortues, les crustacés d'eau douce sont en plein développement ; les pulmonés parmi les mollusques présentent presque tous les genres actuels qui se sont perpétués dans des conditions identiques. La flore est riche formant des couches compactes oti les troncs sont parfois encore debout, les poissons d'eau douce, enfin, offrent quelques types importants. Rien n'est plus intéressant que cette conservation de couches d'estuaire qui nous manquent si généralement (1). Nous avons entendu souvent demander ce qui se passait sur les continents dont nous connaissons si bien les rivages [et dont l'intérieur lui-môme nous est inconnu; nous pensons que la vie s'y continuait, y prospérait dans toutes ses directions comme dans la nature actuelle, qu'il y avait des fleuves, des vallées, des forôtset des prairies; mais que la terre végétale (sans le Umon que nous n'avons que depuis la période glaciaire) réduite à une couche fort mince était aisément enlevée et dispersée par le moindre accident physique.

(1) Voir sur les lignites du cénomanien : Coquand, Description géologique de la Charente; sur celles du Sénonien : Marion, Revue icientifique, t. H, 1871, p. 180.

La mer crétacée inférieure, caractérisée souvent par des lits glauconieux, fut très-riche en mollusques et en rayonnes, elle a été très-bien étudiée en Suisse par MM Pictet et Gampiche entre autres qui ont introduit une grande quantité de subdivisions, qui, bien caractérisées dans les localités types, ne sont pas retrouvables ailleurs, comme le reconnaissent du reste les auteurs (voir page 29).

Nous n'insisterons pas sur ces faunes, car révolution des mollusques, par une multitude de raisons dont nous avons déjà donné quelques-unes, est difficile à saisir dans ses détails, surtout pour un aperçu aussi général que celui que nous désirons donner. Signalons au sommet du crétacé inférieur, la couche que les Anglais ont désignée sous le nom de gault et qu'Aie. d'Orbigny a appelée Talbien, car le type en est pour fui dans TAube, qui, riche en nodules phosphatés exploitables pour fournir de Tengrais à l'agriculture, est destinée à ôtrepartout recherchée et utilisée.

L'origine de ces nodules est encore un problème, ce sont de petites masses arrondies, concrétionnaires, dures, pyriteuses, souvent verdâtres, qui sont pour les uns des agglutinations naturelles, pour les autres des agglutinations créées par des animaux inférieurs, des spongiaires probablement (1). La période crétacée ne justifie pleinement son titre rappelant la craie que dans sa moitié supérieure, où les couches deviennent

(1) On a découvert depuis peu la propriété qu'ont les rhyzopodes d'agglomérer aussi la glauconie dans leurs tissus et probablement même de l'y créer. Le test calcaire ou simplement le

véritablement crayeuses, un peu marneuses et grises à la base, elles sont blanches et tendres au sommet. Dès maintenant nous ne saurions trop insister sur ce point que ce n'est qu'un faciès, un aspect de la mer crétacée et répéter combien tous nos termes, toutes nos explications sont locales, combien nous savons peu de positif hors de l'Europe occidentale et combien les observations qui suivront auront à changer nos termes et nos accolades.

Pendant longtemps on s'est contenté de diviser la craie en trois masses :

1** Craie inférieure ou glauconienne cénomanien (le Mans) ; 2" Craie moyenne ou marneuse turonien (Touraine) ; • 3** Craie supérieure ou blanche sénonien (Sens).

Mais, depuis quelques années qu'est née la tendance, à la subdivision des couches, on a cherché à introduire de nouvelles sous-assises. C'est à M. Hébert, professeur de géologie à la Sorbonne, que revient l'honneur d'avoir subdivisé la craie blanche et chacune de ses masses en assises distinctes formées à des profondeurs probablement différentes et caractérisées par des fossiles spéciaux qui les peuvent faire reconnaître.

Les fossiles sont peu variés dans la craie blanche elle-même, si l'on ne compte pas les briozoaires et les

sarcode disparaissant, il ne reste plus dans les couches que de fines granules de silicate de fer phosphaté répandues en plus ou moins grande quantité et qui, très-abondantes depuis le crétacé jusqu'au tertiaire dans beaucoup de terrains, y forment parfois des couches entières.

Tableau des couches du terraiia j

DIVISIONS

BLA.NC-NEZ Pleiue-Mer.

Danien.

/Sup. à Brachiopodes.

Sénonien. Moy. à Bé-

Craie \ lemnites.

blanche.

\ Infér. à Mi- 1 craster.

Craie du Grand-Blanc- Nez.

Turonien.

Craie marneuse.

f Super, à I.j Marne à Inoceramus ' Brogniarti. l Brogniarti.

/Marnes à I. labiatus.

i Infér. à I.

labiatus. ) Marnes à I. labiatus et à B. plenus

Supérieur.

Cénomanien \,, Craie Moyen.

glauconieuse. j^^^^.^^^^

Albien, Aptien d'Orb.

Néocomien.

Craie à Ammonites

cenomanensis.

Craie à Ammonites

varians.

Craie à Terebratula

bipUcata.

Gault de Wissant.

Marnes à Ostrea Leymerii.

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