H 2 PRINCIPES D£ GÉOLOGIE
2® Espèces modifiées dont la filia- j Après émigration tion est évidente : ) sur place.
3® Espèces entièrement nouvelles (classe la moins nombreuse).
En résumé, le miocène du Léberon a des affinités très intimes avec les dépôts pliocènes du bassin méditerranéen, qui sont la base des dépôts quaternaires modernes, et une fois de plus la difficulté d'une démarcation nette est évidente.
Nous dirons dans le chapitre suivant les raisons qui nous portent à ranger le pliocène dans le terrain quaternaire, terminant, après avoir indiqué le mode de disposition des autres bassins tertiaires, par quelques mots sur l'homme miocène.
Nous avons dit que le bassin de Londres était une dépendance de celui du Nord et que celui du Hampshire (île de Wight) était un faciès exact de celui de Paris; le lambeau du Gotentin que nous avons visité récemment est aussi un faciès de celui de Paris, et nous considérons le bassin de la Loire comme un déplacement du même ordre de choses. Le bassin de Bordeaux est très-curieux, et nous regrettons de ne pouvoir le décrire, c'est un estuaire largement ouvert vers les grands fonds, c'est un bassin type qui renferme toutes les formations et qui est du plus haut intérêt, quoique les points profonds soient masqués par les Landes. Le tertiaire toscan et subappennin sont une oscillation assez récente de la Méditerranée. Le tertiaire de la Suisse est : au sommet, une suite de molasses boueuses formées sous une mer qui faisait corn*
TBRRAIN TERTIAIRE. iiS
muniquer la vallée du Rhin avec celle du Rhône; à la base, c'est une vaste formation argileuse qui s'est transformée en schistes (Flysh) et qui présente sur ses rivages des calcaires à faune éocène très-bien caractérisés.
Nous avons dit que l'Allemagne du Nord avait été couverte par la mer tertiaire ; malheureusement depuis lors un épais limon a tout recouvert d'un manteau impénétrable.
L'Autriche présente une succession de faunes intéressantes en une mer presque fermée, devenant quelquefois un lac et surtout développée pendant les périodes oligocène et miocène (néogène) (1).
L'homme existait-il à la période miocène? Était-il déjà homme à cette époque?
Il y a déjà six ou huit ans que M. Tabbé Bourgeois a découvert à Thenay, sousles faluns miocènes, sur le calcaire de Beauce, en faisant creuser un puits, des silex qui lui ont semblé taillés de main humaine. Après bien des visites la question de gisement fut mise hors de cause, la provenance était authentique; mais les spécimens de cet ancien atelier de fabrication d'outils étaient si grossiers que l'hésitation d'y voir la trace du travail humain fut presque unanime en 1867. L'abbé Bourgeois ne s'est pas lassé, il a recherché des exemplaires plus complets et Tannée dernière (1872) il présentait au Congrès d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques réuni à Bruxelles des matériaux intéressants; la commission nommée ne rendit pas d'avis,
(1) Voyez sur la flore et le climat miocène, 0. Heer : Le Monde primitif de la Suisse, Bàle, 1873.
n'ayant pu s'entendre à Tunanimité. Ce n'est que tout récemment au Congrès de l'association scientifique française réuni à Lyon (1873) que les spécimens présentés ont enlevé tous les suffrages, et que M. de Mortillet dont la compétence est indiscutable en pareille matière a proclamé la découverte d'instruments indiscutables. Espérons que cette trouvaille d'objets sera bientôt suivie d'autres plus importantes d'ossements, et nul doute que le type humain qu'on découvrira ne présente le plus haut intérêt pour l'étude de l'organisation de nos ancêtres.