TERRAIN QUATERNAIRE (PLIOCÈNE ET MODERNE
moire (i) qui a reçu Tassentiment presque général et qui lève les difficultés les plus sérieuses.
Les crags sont des sables calcaires ; nous avions cru d'abord pouvoir identifier les plus inférieurs de l'Angleterre avec ceux symétriquement placés en Belgique, mais force nous a été de reconnaître que le crag corallien anglais devait tenir la place entre les deux dépôts belges avec lesquels il avait en bas 43 p. 100 d'espèces communes, en haut 71 p. 100.
Le crag rouge inférieur correspond sans discussion au sable rouge du Callao près d'Anvers. A cet égard, nous devons dire qu'il ne faut pas attribuer aux divisions que nous établissons ici autant de valeur en puissance que dans les autres terrains et que si la limite du crag rouge et du crag corallien de Suffolk est bien nettement indiquée par un fort ravissement avec 62 p. 100 d'espèces communes, on ne remarque rien de semblable en Belgique, où les deux sables d'Anvers se succèdent d'une façon continue et insensible.
Les mollusques se remplacent d'une façon très-nette, les espèces tropicales émigrent, et sont remplacées par des types de faunes tempérées plus froides ; le pliocène est bien une période préparatoire à l'accident glaciaire. L'émigration est d'autant plus évidente, que, comme nous l'avons dit, aucune espèce de mollusques n'étant éteinte, nous pouvons suivre leurs traces jusqu'aux plages équatoriales.
La difficulté de stratification ne réside pas dans les
(1) Quaterly Journal, 1871, n" 106 à 108.
couches marines que nous venons de voir, mais bien dans la place linéaire qu'il faut accorder aux formations variées, continentales, lacustres ou fluvio-marines contiguës. On voit aisément que M. Preswich cherche à se débarrasser de la série linéaire, mais il n'ose le faire aussi hardiment que nous le proposons.
Nous ne saurions entrer ici dans tous les détails de discussion stratigraphique que notre tableau peut soulever, nous avouons qu'il est très-probable que sur de petits points la stratigraphie peut sembler contradictoire, ou plutôt qu'elle indique comme supérieurs ou inférieurs des dépôts que nous plaçons contemporains ; mais nous sommes persuadés qu'il s'agira toujours d'accidents partiels, de superposition latérale due à la stratification transgressive de deux formations contiguës ; nous prenons à cet égard nos preuves dans la nature actuelle où la mer, la dune, le marais salant intérieur, quoique de même âge, présentent des superpositions alternatives. Chaque lame, ou chaque coup de vent peut alors faire changer l'âge relatif de chaque formation en modifiant l'indication latérale dans un sens ou dans un autre.
Nous n'insisterons pas sur la faune mammalogique du pliocène, l'homme était déjà dans une période assez avancée de développement, car il va pouvoir supporter les rigueurs de Tépoque glaciaire.
QUATERKAIRE.
Si nous prétendions connaître les effets de tous les agents physiques, la période quaternaire serait bien
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faite pour nous donner un démenti ; aucun terrain n'a été aussi débattu, et cependant c'est notre plus proche voisin. On lui rapporte comme la partie la plus importante une vaste formation boueuse qui couvre le globe des pôles aux tropiques, c'est le « Limon » dont l'origine est des plus douteuses, sur lequel les géologues les plus audacieux ne se permettent d'émettre une opinion qu'en hésitant.
Les Anglais ont spécialement étudié le quaternaire très- compliqué dans leur pays, et, dans ces dernières années, leurs recueils périodiques ont été remplis de publications sur ce sujet. La lumière n'est pas encore près d'être faite sur les cailloux, les boues argileuses, le gravier de rivière, les galets, les argiles plastiques, qui forment la base du limon. Il faut y joindre le creusement des vallées, le remplissage des cavernes, les terrasses, les alluvions, etc.
Nous allons donner une idée des explications qui nous semblent les plus rationnelles.
Les graviers inférieurs, le vieux diluvium de silex roulés, indiquent un mouvement considérable des eaux avant l'apparition des glaces, des pluies torrentielles et un climat déjà rude. Le froid augmente, les glaciers se forment, les montagnes se désagrègent, les boues glaciaires se déposent (boulder clay), les blocs erratiques sont transportés, les vallées se ravinent, l'extension glaciaire est à son maximum ; le déclin arrive, les glaciers fondent, des nappes d'eau impor-' tantes balayent le pays, chargées de limon qu'elles déposent sans ordre. C'est le diluvium] rouge, les ter-
rasses supérieures. Le froid reprend rapidement (tout tendant à nous faire croire au peu de durée de la période inter-glâciaire). Les glaciers se reforment, remuant leurs anciens lits, le transport des blocs recommence, les vallées s'approfondissent par les courants d'eau et de galets ; la seconde période glaciaire moins importante que la première est à son apogée. Bientôt la température s'élève, les glaces se dissolvent, et leurs eaux transportent au loin des boues tenues en suspension qui vont former la terre à briques, diluvium supérieur, gris ou jaune. Latempér«iture, s'élevant de plus, arrive à une période de repos qui est celle que nous subissons en ce moment, le creusement des vallées et le transport des graviers continuant seuls.
Nous ne discuterons pas l'action glaciaire, les roches polies, striées, qu'on a retrouvées presque partout, sont des preuves sans réplique, les blocs erratiques sont aussi la preuve de la masse d'eau douce en circulation et des nappes immenses qui couvraient toutes nos régions. Le creusement progressif des vallées est un fait bien évident depuis que les cavernes ouvertes sur leurs parois ont montré dans les plus hautes les débris les plus anciens et dans les plus basses les débris les plus modernes, car l'homme a vu tous ces phénomènes et a même progressé pendant cette dure époque.
Le fait de la nécessité de l'origine glaciaire des limons -ressort :
!• De l'absence de stratification dans les limons ;