‹ Principes de grammaire générale, mis à la portée des enfans, et propres à servir d'introduction à l'étude de toutes les langues;Chapitre 41 sur 53 · DE LA CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

DE LA CONSTRUCTION

Construction naturelle. Inversion.

11 en est de la Construction comme de la Syntaxe : elle ne suit aucune règle commune à toutes les langues. On peut cependant, dans toutes les langues, ramener le discours à une Construction qui semble conforme, sinon à l'effet de nos sensations , du moins à la marche des opérations de notre esprit.

Dans cette Construction, le Sujet se présente toujours le premier, ensuite le Verbe, puis l'Attribut.

Dans le Sujet et dans l'Attribut, l'Article précède ou suit immédiatement le Nom^ l'Adjectif ou la Proposition conjonctive qui modifie le nom , vient immédiatement après lui 5 le complément d'un Nom, d'un Verbe, d'un Adjectif ou d'une Préposition , suit , sans intervalle , le mot auquel il sert de complément , et la Préposition doit être placée entre les deux mots

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qui forment les termes du rapport auquel elle sert d'exposant; enfin, les Adverbes, exprimant des circonstances , doivent être considérés comme des Prépositions sui* vies de leurs complémens.

Quant à la manière d'ordonner les dîfférens complémens d'un même mot, cela est beaucoup plus arbitraire. Prenons ua exemple français.

Par ce mojen , vous vous mettiez en état d'attendre que le ciel vous soit fa^ vorable .^ et quil dissipe le nuage de mauvaise fortune ^ qui traverse le bonheur de votre vie y et vous oblige à cacher votre naissance.

Construisons cette phrase suivant l'ordre naturel.

p^ous mettrez-vous^ parce moyen ^ en état d'attendre que le ciel soit favorable à vous , et quil dissipe le nuage defor^ tune mauvaise qui traverse le bonheur de la vie de vous , et qui oblige vous à cacher la naissance de vous.

La Construction , en français , s'éloigne peu de la Construction naturelle. Il arrive cependant assez souvent , et surtout dans la poésie, qu'on place le complément avant le Nom ou le Verbe duquel il dé-

pend. Cette espèce de renversement de Tordre commun se nomme Inversion. On en trouve plusieurs exemples dans ces vers :

Feuple^ DE QUI V appui SUR SA BONTÉ se fonde ^ Allez dans tous les coins du monde ^^

A SON NOM glorieux élever des autels :

Les siècles à venir béniront votre zèle^ Et DE SES BIENFAITS immortels ,

TJEternel comblera votre race fidèle.

Dans les langues où les formes des Noms et des Verbes varient davantage , et où les terminaisons finales qui forment ces variations sont plus sonores, on s'éloigne bien plus de la Construction naturelle, et on emploie plus fréquemment l'Inversion^ sans qu il ea résulte aucune obscurité ^ parce que les formes des mots indiquent suffisamment les rapports de Concordance ou de Dépendance , qui les lient les uns avec les autres.

Quel que soit néanmoins le penchant de notre langue pour la Construction naturelle , elle permet souvent à l'orateur des Inversions, qui ne le cèdent point à celles qu'autorisent les langues qui possèdent plus de ressources pour remédier au dérangement de la Consti'uction. On

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