EFFETS DE LA CHALEUR RAYONNANTE
sien. LAisage de l’air réchauffé a été adopté par nécessité ; les habitans de régions encore plus froides ont aussi été forcés d’avoir recours à des
moyens encore plus économiques de se procurer de la chaleur ; mais heureusement pour nous , indépendamment de tant de moyens variés de jouissances, nous avons de plus l’avantage d’être abondamment pourvus de combustibles.
Celui qui fait usage de la chaleur rayonnante est, il est vrai, toujours inégalement chauffé ; et si l’introduction de l’air froid est mal entendue , on peut dire, à la lettre, qu’il brûlera d’un côté et sera gelé de l’autre. Mais le plus ordinairement l’inégalité de chaleur n’est pas assez grande pour ne pas laisser la facilité de se placer à une agréable température. Ce serait certainement s’exagérer l’idée du bien-être qu’on doit éprouver, que de supposer qu’on n’en peut jouir qu’autant que la chaleur est partout parfaitement égale (i). Il n’en est pas ainsi dans la nature : le soleil nous échauffe
(i) L’opinion qu’une égalité de chaleur est désirable , a été soutenue par M. Sylvestre. ( Journal des Sciences , vol. XI , p. 23 1 , et Philosophie de l’économie domestique, pag. 53.) 11 faudrait, dit- il, réunir les avantages de sa température et de son oxigène. Il oublie que l’air raréfié doit rendre la respiration plus laborieuse pour obtenir la
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par chaleur rayonnante, et par conséquent il nous échauffe inégalement. Nous n’éprouvons jamais de chaleur fatigante ou nuisible tant que Pair n’est pas échauffé ; et s’il y a quelque inconvénient à cette inégalité de chaleur, inconvénient qui alors, il faut en convenir, se renouvelle chaque fois que le soleil luit, j’avoue que je ne l’ai jamais éprouvé; la fraîcheur de Pair et la chaleur des rayons du soleil, quand elles se trouvent réunies,
us agréables. Les plantes aussi , dans l’état de nature, sont exposées à une inégalité de température, et ceux qui les ont cultivées avec le plus de succès, ont reconnu qu’une chaleur uniforme, lorsqu’on la leur applique artificiellement, n’est pas ce qui leur est le plus utile. En imitant la nature dans la culture des plantes, on a obtenu assez d’avantages pour prouver que c’est la meilleure méthode
même quantité d’oxigène dans un temps donné , et sans
aucun autre avantage. -
Un volume donné d’air à une température peu élevée, a dit un médecin , contient plus d’oxigène qu’un volume égal à un degré supérieur, d’où il résulte qu’on éprouve un plus grand rafraîchissement lorsqu’on respire un air froid et dense, que si l’on respirait dans une atmosphère chaude et raréfiée.
procurent au contraire les sensations les pi
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à suivre. (Voyez chapitre IX , où ce sujet est détaillé. )
La chaleur rayonnante, employée comme mode de chauffage, 11e peut l’être que dans des espaces bornés, à moins qu’on ne la combine avec d’autres moyens; car un brasier trop ardent serait insupportable, et comme la chaleur diminue en raison du carré de la distance du corps chauffé, son étendue est très limitée. On ne peut employer en même temps plusieurs feux sans beaucoup de soins et d’inconvéniens , sans compter le danger de la fumée ; et comme le feu doit non-seulement avoir une grande ardeur pour échauffer à une certaine distance , mais qu’il faut encore que le foyer soit très découvert , c’est , dans beaucoup de cas , une manière dangereuse d’obtenir de la chaleur. La poussière , la fumée et les cendres sont d’ailleurs des inconvéniens inséparables de ce mode de distribution de la chaleur.
La chaleur rayonnante n’étant pas propre à chauffer un vaste espace horizontal, nous allons examiner les autres méthodes.
6. Lorsqu’on ne peut pas employer la chaleur rayonnante, il paraît qu’il ne saurait y avoir d’autre manière de chauffer dont on puisse se servir avec avantage, que quelqu’une de celles qui permettent de répandre la chaleur au moyen
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de Pair ; mais il existe differentes méthodes pour chauffer l’air dont on veut se servir. Elles peuvent être divisées en deux classes distinctes. La première division comprend les méthodes dans lesquelles on chauffe l’air de l’endroit même qu’on veut réchauffer; la seconde renferme celles où Pair est chauffe dans un local séparé, et placé audessous du niveau de celui qu’on veut échauffer. La combinaison des deux principes est préférable à l’application de P un ou de l’autre séparément , parce que Pair qu’on a échauffe jusqu’à une température qui surpasse de beaucoup celle qui est nécessaire dans une chambre , semble perdre sa fraîcheur, son ressort, et devenir fade. Que ces effets soient dus à ce que son état d’électricité se trouve altéré par son contact avec un métal porté à une haute température, ou qu’ils tiennent à quelque autre cause , c’est ce qu’il est difficile de vérifier ; mais lorsqu’il n’y a pas nécessité d’exposer Pair à une haute température, il est prudent de l’éviter. Cependant on ne peut réussir à chauffer une chambre au moyen d’air échauffe dans un autre endroit, sans porter la température à un degré assez élevé pour compenser la perte de chaleur qui aura lieu dans la chambre qu’on veut chauffer. Ce degré doit varier suivant la capacité de la chambre, et en raison de la quantité d’air qu’on y introduit en
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un temps donné. J’ai eu quelques occasions d’observer la température de Pair introduit, et j’ai trouvé qu’elle variait de ioo° à i3o° ( 3o à 45 R. ).
Nous allons maintenant considérer les méthodes de distribuer la chaleur de manière que la surface qui la fournit soit d’une température limitée.
y. La vapeur est un moyen de conduire la chaleur qui, lorsqu’on l’emploie à une basse pression , ne peut jamais élever la température de la surface qui la contient , au-dessus de celle de Peau bouillante (8o° R.) ; et lorsque cette surface est d’une matière convenable, elle ne produit aucun effet sensible sur Pair ; on peut la conduire dans toutes les parties d’un bâtiment, avec la plus grande facilité , et elle offre une entière sûreté (1).
(1) Le colonel Will- Cook a le premier ( en 1 74^ )
donné l’idée d’employer la vapeur comme moyen de disribuer la chaleur. (Trans, pli il. , vol. XLI1I, p. 370.) On a imaginé depuis plusieurs manières d’appliquer ce moyen , et les auteurs ont presque tous pris des brevets de leurs inventions. Le premier privilège a été accordé , en 1791, à John Hoyle, d’Halifax, pour sa méthode de communiquer la chaleur aux serres, aux églises, etc. Cette méthode consistait à conduire la vapeur dans des tuyaux qui circulaient autour de la place qu’il voulait chauffer ou qui la traversaient. Les tuyaux étaient d’abord élevés à leur plus grande hauteur , et ensuite conduits par