CHAPITRE PREMIER
Coup cl œil général sur les avantages et les désavantages des différejis moyens de distribuer la chaleur.
cc II est certain qne de tous les agens de la » nature , la chaleur est le plus puissant , soit » dans les operations de la nature elle-même, » soit dans les ouvrages de l’art. ;>
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i. Un des arts les plus précieux que la bonté divine ait mis à notre portée, est celui de produire et de distribuer la chaleur. Sans lui la condition de l’homme sur la terre ne serait ^uère
o MOYENS ‘ DIVEES
supérieure à celle des brutes. Partout il ajoute a nos commodités , mais il acquiert un surcroît d’utilité dans un climat aussi froid et aussi variable que celui de la Grande-Bretagne. Aussi l’art d’employer la cbaleur a-t-il été étudié avec soin ^ traité avec talent, et pratiqué par des hommes habiles. Cependant il semble qu’il reste encore un champ assez vaste ouvert à de nouvelles et utiles recherches , et il est permis de croire qu il est possible de combiner un égal degré de sûreté, de propreté et d’agrément , avec plus de salubrité
et d’économie.
Il est à peu près inutile de remarquer qu’une chaleur moderee est tout ce qui est necessan e , tout ce qu’on doit rechercher dans les appartenions, et que toutes les fois qu’on y entretient une température plus élevée, on y introduit une cause directe d’affaiblissement et de langueur.
Malheureusement on a reconnu , pour certaines manufactures , la nécessité d’un degré de chaleur supérieur à celui qui peut entretenir la santé ou même ne pas lui être contraire, et les elfets qui en résultent sur celle des ouvriers ne sont que trop visibles ; peut-être sont-ils matériellement augmentés par la nécessite ou se trouvent les ouvriers d’être alternativement exposés à la tempé-
t)E DISTRIBUER TA CHALEUR. 3
rature des climats les plus chauds , et à celle des hivers rigoureux de ce pays. Je me croirais heureux si quelques-unes de mes recherches pouvaient servir à améliorer leur condition. Ils offrent une preuve si frappante des mauvais effets des chambres trop chaudes , que leur exemple devrait servir à corriger la disposition qu’on a trop généralement à les préférer.
2. 11 doit paraître évident que l’effet de la chaleur dans les lieux habités, doit être tel qu’il ne produise aucune altération chimique dans les corps réchauffés. Or, il n’existe que deux modes d’employer la chaleur de manière à remplir cette condition : ou bien la source qui fournit la chaleur doit être d’une température limitée, ou elle doit être tellement placée qu’elle puisse chasser immédiatement toute substance sur laquelle elle est capable de produire une altération.
On a complètement démontré qu’une chaleur sèche, dont la température ne s’élève pas au-dessus de 2i2° (8o°R), ne peut altérer aucune espèce de matière animale ou végétale , ni vicier d’une manière sensible la qualité de l’air. On peut donc, dans le premier mode , employer une surface d’une chaleur limitée a 21 2° (8o° Réaumur ) pour chauffer un appartement. Si le degré de chaleur était plus élevé , on courrait le risque
^ moyens divers
de produire un air hrulé qui n est ni sain ni
agréable.
Le foyer d’une cheminée bien construite , offre
un exemple du second mode , celui où toutes les
matières nuisibles engendrées par la source de la chaleur, sont en même temps chassées par elle. Mais à raison du combustible à découvert qui entretient la chaleur dans cette méthode , elle est moins sure que la première. Personne n’ignore les accidens qu’elle occasionne (r), et il est mutile que je m’y arrête.
3. Remarquons, avant de faire la comparaison des deux modes, qu’un corps chaud transmet la çhaleur de deux manières différentes : i°. par
contact; 2°. par rayonnement.
La chaleur rayonnante se répand dans 1 air et les autres corps gazeux, avec une immense vitesse; elle les traverse sans augmenter matériellement leur température , mais elle échauffe d’une manière
(0 On a calculé que les incendies occasionnent chaque année à Londres , la mort de cinq personnes , et une perte en propriété évaluée à cent mille livres sterling ( deux millions et demi de France ). Le nombre moyen des incendies sérieux dans la même ville, est de trente-cinq
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par an.
( Napier’s Ency, britan. vol. 5 y p. 2gi3>)
de distribuer la chaleur.
sensible les corps exposés à son action. C’est de la chaleur rayonnante que nous envoie le soleil • c’est de la chaleur rayonnante que nous ressentons quand nous approchons d’un feu ordinaire. Elle échauffe les matières solides d’un appartement , et celles-ci communiquent lentement leur chaleur à l’air , de sorte que dans une chambre échauffée par un feu de cheminée ordinaire, on peut éprouver une chaleur agréable , et respirer en même temps un air comparativement frais (i).
Les corps à une basse température , quand ,
sûq , i , af*la:.cTsîhf> gsiorôsfti xqéà &b in-n-f -t. Jh
(i) L’avantage de respirer un air frais est plus grand
qu’on ne le suppose généralement. Il résulte des expériences de Crawford , de Lavoisier et d’autres chimistes , que la consommation d’oxygène est d’un douzième plus faible dans une atmosphère à 790 ( 210 R ) que dans une atmosphère à 54° ( io° R ). Cette diminution est plus considérable que celle que pourrait causer la simple raréfaction de l’air, et on l’attribue à l’élévation de température, dont l’effet est de contrarier les changemens chimiques que le sang éprouve dans les vaisseaux des extrémités. ( Doc. Murray’s Chemistry, IV, p. 1 1. ) Une température élevée augmente aussi la transpiration insensible , et cela à peu près en raison de la quantité de cette élévation , suivant les expériences de Berger et de La Roche ( Encycl * Meth. , Phys., art. Chaleur).