EFFETS DE L AIR. CHAUD
pai* exemple, elle ne s’élève pas au-dessus de 212° (8o° R.), donnent très peu de chaleur rayonnante (i). Celle qu’ils communiquent résulte principalement du contact ; elle s’étend au moyen de l’air qui, s’échauffant graduellement de cette manière, est dilaté, mis en mouvement, et transmet la chaleur qu’il a reçue aux corps placés dans l’appartement. Ceci nous fournit un nouveau moyen de distinguer les deux modes de distribuer la chaleur dont nous avons parle à l’article second : dans le premier la chaleur se transmet par V air échauffe , et dans le second par
le rayonnement.
4* Une personne qui se tient dans l’inaction dans une chambre où l’on a communique la chaleur de Vair échauffé n’éprouve point un sen¬
timent agréable de chaleur si le thermomètre s’y trouve au-dessous de 62° (i4° ÏU), quoique par un temps froid la même température incommode celui qui l’éprouve en sortant du grand air ; et
(1) La quantité qu’ils en donnent dépend beaucoup de la nature du corps chaud. Ceci a été examiné avec soin par le professeur Leslie , dans ses Recherches experimentales sur la nature de la chaleur , chap. 1 1. Il a employé, pour en mesurer l’intensité , l’instrument délicat connu gous le nom de thermomètre différentiel,
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dans le fait , le passage (Tune atmosphère à 20° (5 ou 6 degrés au-dessous de o R.), a une chaleur de 62° (i4° R.) et au-dessus, ce qui doit souvent arriver, est trop considérable pour qu’on n’en soit point affecté. Il y aurait donc un avantage sensible à n’approcher d’une chambre chauffée à ce degré , qu’en traversant des salles et des passages où la température serait tenue plus basse , afin que le changement, se faisant graduellement , fut ainsi rendu moins dangereux ( i ). Lorsque, par
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suite de l’état de l’atmosphère, les vêtemens ont contracté une certaine humidité, on éprouve un vif sentiment de froid en entrant dans une chambre remplie d’un air chaud. Ce sentiment est occasionné par la propriété qu’a l’air échauffe d’attirer puissamment l’humidité. 11 l’absorbe en la réduisant en vapeur, et celte vapeur exige pour sa formation une grande quantité de chaleur à l’état que les chimistes désignent sous le nom de calorique latent ( chaleur de vaporisation). Ceci
(i) Si, comme Font démontré Burke et Gilpin, une gradation de lumière est capable de relever un effet d’architecture , il est également vraisemblable qu’une grada tion de chaleur , outre qu'elle est agréable a 1 instant qu’on l’éprouve, peut prévenir le malaise et les maladies qui la suivent.
EFFETS DE l’AIR CHAUD.
rend raison de ce qui semble n’être qu’un paradoxe, savoir qu’une personne peut se refroidir en entrant dans une chambre remplie d’air chaud. Le satyre de la fable ne fut pas plus étonné en voyant son hôte souffler, cfune même haleine , le chaud et le froid , que le sont bien des hommes en entendant cette assertion. Cependant il est très vrai, et il est facile de le concevoir, qu’une personne dont les vêtemens sont mouillés , ou qui se trouve en état de transpiration, ne peut sans quelque danger entrer dans une chambre remplie d’un air chaud * et que plus l’air y est chaud et plus le danger est grand, parce qu’alors l’évaporation doit se faire plus promptement , et que par
conséquent la sensation du froid doit être plus vive (i)<
Par la même raison , lorsque Pair extérieur est
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(i) Le professeur Leslie a donné dans le supplément a l’Encyclopédie britannique de Nappier , à l’article Froid, une dissertation sur Part de produire du froid par l’évaporation, et sur l’application qu’on en peut faire pour ob~ tenir de la glace.
Gaÿ-Lussac a fait aussi des expériences intéressantes sur le degré de froid que produit l’évaporation dans des circonstances à peu près semblables à celles que nous avons considérées. ( Journal des Sciences, vol. XV , p, 29^.)
EFFETS DE L-AiR CHAUD.
humide , le courant qui agit sur une partie quelconque du corps , expose sans doute plus à un refroidissement que ne le ferait un courant d’air sec beaucoup plus froid; et c’est la cause principale de la fréquence des rhumes et des toux dans les temps humides, maux dont sont surtout attaquées les personnes qui n’ont pas l’habitude d’être exposées à l’air extérieur. Lorsque le temps est extrémement froid , l’atmosphère est rarement humide, et ne peut même guère l’être, attendu que l’air froid tient en dissolution une moins grande quantité de vapeur que l’air chaud. (Voir la note de la table VI, art. 221.) La chaleur spécifique de l’air est si petite qu’il attire très lentement la chaleur; mais la chaleur latente de la vapeur est très considérable. Il faut autant de chaleur pour former un pied cube de vapeur , qu’il en faudrait pour élever de io° ( 4° R- ) cent trente pieds cubes d’air.
L’absorption continuelle de l’humidité du corps humain par suite du séjour dans un bain d’air chaud, occasionne le mal de tête; les yeux sont
fatigués et douloureux, toute la machine est
l’on sature d’humidité l’air de la
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dérangée. Si
chambre , ces sensations n’auront pas lieu, ou dq moins elles seront beaucoup plus faibles. Cependant je ne prétends pas décider s’il est avantageux