MOYENS DE RETENIR LA CHALEUR
son t de très faibles conducteurs (i); mais quand o?i emploie au grand air quelqu'un de ces corps pour retenir la chaleur, on doi t ie recouvrir d’un enduit qui ne soit pas susceptible de se pénétrer d’humidité. Quelques personnes ont vanté la brique comme le meilleur des matériaux pour la construction des maisons , parce qu’elle est mauvais conducteur de la chaleur ; mais elle contracte tant d humidité, dans les temps pluvieux, qu’il ii est pas étonnant quà peine il se trouve un bâtiment construit avec cette matière dont les briques ne soient pas altérées. La vérité est qu’on ne devrait s’en servir que dans les endroits ou elles peuvent être à l’abri de l’humidité; car leur force d affinité avec l’eau est si grande, qu’elles peuvent l’attirer de trois jusqu’à cinq pieds de hauteur dans un mur dont la base repose sur un terrain mouillé.
Les fluides enfermes sont de faibles conducteurs de chaleur , et les fluides gazeux sont les plus lents : leur force conductrice est beaucoup diminuée par une diminution de densité. D’après des idées plus
(i) M. Gill a nouvellement employé la pierre-ponce avec beaucoup de succès dans la construction des fourneaux de cuisine. Alberti connaissait sa propriété de faible conducteur. ( Liv. X , cbap. XI ÏI. )
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ou moins complètes sur ces propriétés, Alberti construisait les murs avec des vides (i)* le comte de Rumford mit de doubles enveloppes aux chaudières, et M. Watt enveloppa d’étoffes les machines à vapeur (2). La force conductrice relative des fluides est à peu près dans la proportion du tableau suivant :
(1) Alberti, l’un des plus anciens auteurs italiens qui ait écrit sur l’architecture, s’exprime en termes si appropriés au sujet que nous traitons , que le lecteur ne sera pas fâché de trouver ici un extrait de ce qu’il dit.
« Il faut ajouter, dit-il, toit sur toit, muraille à muraille; et plus l’espace qu’on laissera entre elles sera considérable, et plus notre ombrage sera frais, plus il sera impénétrable à la chaleur; car cet intervalle qui les sépare a presque le même effet pour cet objet qu’aurait un mur de la même épaisseur; il est même plus avantageux sous uh rapport, car le mur retiendrait plus long-temps,
soit la chaleur du soleil , soit le froid qui l’aurait pénétré,
tandis que ces doubles murailles conservent une température égale. Dans les endroits où le soleil est excessivement ardent, un mur bâti en pierres-ponces est celui qui retiendra le moins de chaleur.)) (Liv. X,chap. i3. )
(2) Il peut être utile de remarquer que lorsqu’on emploie une couverture d’étoffe sur le cylindre d’une machine à vapeur, la quantité d’eau condensée cesse de pouvoir
servir de mesure à la chaleur qui se perd ; mais on peut aisément en évaluer la quantité par la température de la surface extérieure de la couverture.
2s8 moyens de retenir la chaleur.
Le mercure . . . 2
L’huile Je lin . x,i 1 1
L’eau . . 1
L’air ordinaire - . ..0,26
On a très souvent fait usage Je fenêtres doubles pour empêcher la chaleur de se perdre ; on peut 1 emplir le meme but avec plus de commodité, en mettant un double vitrage dans le même chassis, de maniéré que les carreaux de chaque vitrage soient éloignés d’environ un demi-pouce , ou même de plus, et que les vitres du dedans ne soient pas tellement impénétrables à l’air par la maniéré dont elles sont fixées, qu’elles puissent être exposées à être cassées par la dilatation de 1 air échauffé entre les panneaux. Plusieurs doubles de laine seche ou de toile de coton peuvent servir à retenir la chaleur, surtout si le tissu en est lâche ; mais une seule couverture de l’une ou de 1 autie de ces substances tend à accélérer le refroidissement des métaux polis. (Voy. art. 1 15.) La toile de chanvre réussit moins comme mauvais conducteur, que le coton ou la laine.
Si 1 on place simplement un tuyau à vapeur dans un autre tuyau d’un plus grand diamètre, et qu’on le retienne au milieu avec des substances qui soient de mauvais conducteurs, il perdra très peu de sa chaleur • et dans plusieurs cas on pourra
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établir entre les deux tuyaux' un courant d’air utile, soit pour la ventilation, soit pour fournir de nouvel air échauffé ; et lorsqu’on pourra le faire , on s’apercevra à peine de quelque perte de chaleur. Pour réussir à établir ce cou-
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rant, il faut qu’il y ait une différence de niveau
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entre la place par où l’air frais est introduit et celle par laquelle on fait sortir l’air chaud.
Si l’on conduit un tuyau à vapeur à une distance considérable sous terre, dans un sol qui soit sec, on peut établir une saignée et en remplir le fond de briques cassées ou de petites pierres, ou bien d’autres matériaux de cette nature. Ce tuyau doit être entouré d’environ trois pouces d’épaisseur de cendres sèches, recouvertes en dessus d’un -
lit de terre grasse bien corroyée pour en tenir l’eau éloignée, et de plus d’une quantité de terre suffisante pour empêcher le tuyau d’être dérangé.
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