‹ Principes de l'art de chauffer et d'aérer les édifices publics, les maisons d'habitation .. les hopitaux ... etcChapitre 77 sur 119 · DES PRISONS · texte numérisé non relu

DES PRISONS

l’infirmerie de la prison soit pourvue des moyens de procurer la chaleur convenable.

Maintenant, si l’on a ménagé la facilité de faire sortir l’air vicié vers le plafond, et d’en introduire de frais par le parquet, il sera impossible que la ventilation ne soit pas bonne, si elle se trouve réglée de manière que les vents ne puissent pas l’interrompre. ( V oj. art. 142, vers la fui.) D’un autre côté, lorsqu’on cherche à établir la ventilation au moyen d’ouvertures qui se correspondent dans les côtés des murs, ce n’est que lorsqu il fait du vent que la ventilation peut avoir lieu ; et même alors elle ne peut se faire avec avantage, ce dont on peut se convaincre par les principes établis au chapitre IY. Il faudrait pouvoir régler la ventilation suivant les saisons. Mais, après les exemples que nous avons déjà donnés de l’exécution des procédés qui s’y rapportent, il est inutile d’entrer dans aucun détail sur un sujet qui dépend autant de la nature de l’endroit où 1 on doit opérer.

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ADDITION AU CHAPITRE Vlll.

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Lettre du docteur Georges Pearson à V auteur ,

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Monsieur ,

J’ai lu avec beaucoup de plaisir votre plan pour produire en même temps une température chaude et égale et une bonne ventilation, nonseulement dans les grands bâtimens destinés a l’usage du public , mais aussi dans les habitations ordinaires. La négligence que met le public à se prévaloir de ces moyens, dans des pays éclairés par la science, ne serait pas croyable, si l’histoire ! des temps anciens et notre propre expérience, dans ceux où nous vivons, ne nous avait pas fait connaître une négligence semblable pour beaucoup d’autres découvertes précieuses. Un seul exemple suffira pour justifier cette remarque; c’est celui de la négligence qu’on a apportée à faire servir la vapeur comme agent, quoique le marquis de

Worcester 1 ait indiquée parmi cent autres inventions, dans son petit ouvrage intitulé: « The century of inventions, « publié il y a plus d’un siècle et demi. Pendant près de cent ans, ce moyen puissant a été uniquement employé dans les travaux des mines; et, quoiqu’on le vantât beaucoup, ce n est que depuis trente ou quarante ans qu’on l’a appliqué à d’autres usages, particulièrement a la navigation, où ses effets ont été si merveil leux. C est précisément ce qui arrive à toutes les méthodes inventées pour chauffer les maisons. Les principes en sont bien connus de beaucoup de personnes; ils ont été complètement développés, mais n’ont été mis qu’en partie en pratique pendant les vingt ou trente dernières années. 11 est impossible de calculer combien cette négligence a fait perdre de commodité, que dis-je? à combien de personnes elle a coûté la vie. Mais, pomme servir des expressions d’un de mes amis, « John Bull est un animal qui nemarchepas vite.» Jen’ai pas manqué d essayer, dans les leçons publiques que je donne depuis plus de trente ans, de diriger 1 attention générale sur l’utilité des maisons chaudes et de température égale. J’ai recommandé ces établissemens dans plusieurs ouvrages périodiques , et j’ai même fait exécuter, pour mon usage particulier, des travaux , grossiers à la vérité, mais

qui étaient destinés à remplir, cet objet. Au nombre des avis que j’ai donnés au public sur ce sujet, se trouvent ceux que vous citez dans votre ouvrage}: je veux dire, les notices insérées dans le Magasin philosophique de Tiiloch, vol. XXXI, 1808, vol. XXXIV, 1809, et vol. XXXV, 1810. Vraisemblablement vos plans pour les maisons particulières amèneront quelque amélioration dans les nouvelles constructions ; mais un grand établissement créé dans l’intérêt du public souffrant, et des malades en général, qui consisterait en un édifice assez vaste pour contenir des appartenions et des chambres de différentes dimensions, où Fon entretiendrait une température chaude et égale , suffirait en ce moment pour la satisfaction des amis de l’humanité, et serait probablement très avantageux pour ceux qui en feraient la dépense. Des places disposées pour la promenade, pour des orangeries, pour des bains, pour l’amusement, devraient être jointes à un établissement de cette nature. Combien de milliers de personnes de tout rang viven t en ce moment dans ces royaumes, malades et sans pouvoir espérer de guérison, sans même pouvoir être soulagées autrement qu’en respirant un air pur, mais échauffé jusqu’à un certain degré ? Cet état de l’atmosphère ne se rencontre nulle part, excepté peut-être pendant

MAISONS DE TEMPÉRATURE ÉGALE. 28 l

un temps limité dans des climats particuliers. Les pays les plus tempérés n’offrent la température convenable à ces malades que pendant une partie de l’année. Les régions des tropiques, à raison de leur extrême chaleur et des causes de maladies qui y existent, sont à peine préférables, à l’exception de quelques cas fort rares , à beaucoup de parties de notre île. Un établissement tel que celui que j ai en vue exigerait un capital très considérable. Mais pourrait-on employer de l’argent d une manière plus véritablement utile à l’humanité? Les fonds considérables employés maintenant à des entreprises dont l’objet est sans doute

I amelioration de la condition de la vie humaine ,

II intéressent cependant pas les hommes d’aussi près que la conservation immédiate de la vie , ou la palliation de la maladie, dans tous les cas où la poitrine et les poumons sont attaqués; cependant l’espérance du gain engage les spéculateurs à y risquer leur argent. En appréciant comme ils doivent l’être les avantages d’une semblable entreprise pour les sujets de la Grande-Bretagne, il ne paraît pas douteux que dans ce moment , où les capitaux sont si abondans, celui qui la ferait ne fut bien payé de ses avances par l’intérêt qu’il tirerait de ses fonds. Au moins une entreprise de cette nature offre-t-elle plus de chances de succès

que beaucoup d’autres, plus peut-être qu’aucune de celles déjà formées ou qui ne sont encore qu’en projet.

Je suis, monsieur, etc.,

Georges Pearson.

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