‹ Principes de la critique historiqueChapitre 23 sur 146 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Application, M. Vaclierot «t ia Théologie cathellquo;

Les exemples ne nous manquent pas, hélas!

pour appuyer l'observation par laquelle nous terminons le chapitre précédent. Nous nous bornerons à en citer deux ou trois assez piquants que nous trouvons dans quelques lignes d'un article de M. Vacherot sur la Théologie catholique en France (1). Voici ce que nous y lisons à la dernière page : ** On sait qu'après avoir maintenu par tous ** les moyens le dogme contre les révélations des ** sciences physiques, elle.(Za théologie) z. fini par ** leur faire une place dans ses textes, grâce aux ** ressources d'une habile et ingénieuse interpré- ** tation... De même que la théologie accepte le ** mouvement de la terre, la période neptunienne ^ et les déluges partiels, la théorie des époques de

(1) JReime des Deux-Mondes^ n° du 15 juillet 1868. Cet article venait de paraître lorsque nous avons écrit celui que nous reproduisons ici.

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* la création, rimmoûsité des deux peuplée d'un

* nombre infini de mondes solaires, en faisant " remarquer que la sagesse divine a dû descendre

* à la portée des premiers hommes et leur parler

* un langage qu'ils pussent comprendre, de même " ne pourrait-elle pas accepter un jour d'aussi

* bonne grâce certaines explications historiques

* et psychologiques de la critique touchant les

* symboles, les' mythes et les mystères de la foi? " Alors l'empire du surnaturel, réduit de plus en

* plus par les progrès de la raison humaine, ver- ** rait passer à la science ses dernières provinces,

* que la théologie garde encore avec une si héroï-

* que fermeté. „

Examinons de près cette brillante tirade. Nous y trouvercms pli^s d'une erreur de fait à relever. D'abord, en supposant un instant que les théolo* giens aient dû sacrifier aux découvertes nouvelles des sciences physiques quelques-unes des doctrines jusqu'ici généralement adoptées parmi eux, où donc M. Vacherot a-t-il trouvé qu'on ait été obligé de mitîger en faveur de ces découvertes le dogme catholique? Il y a là une déplorable confusion de termes qu'A eût été facile d'éviter. M. Vacherot n'avait qu'à s'adresser au premier théologien venu, si mince fût-il, pour apprendre de lui l'abîme qui se trouve entre la théologie et le dogme. Celui-ci ne comprend que les vérités révélées, définies

comme telles par l'Église, et dont mi catholique ne peut douter volontairement sans faillir au premier de ses devoirs. La théologie, au contraire, est une science tout humaine, sinon dans son objet, du moins quant à ses procédés et à la certitude de ses conclusions. Elle s'applique à expliquer, à confirmer, à défendre le dogme, elle ne le crée pas : encore moins s'identifie-t-elle avec lui. Ceci bien entendu, quelle est donc la vérité définie par l'Église comme appartenant à l'objet de la foi, que nous ayons dû immoler sur l'autel de la science moderne? Quelle est celle que nous ayons été forcés de voiler devant la découverte du mouvement de la terre, de la période nepturdenne et d'autres merveilles mises au jour dans les derniers siècles? M. Vacherot la cherchera vainement. Quant à la théologie, elle pourrait, sans scrupule et sans remords, revenir sur des conclusions acceptées auparavant comme vraies ou comme probables.

Elle n'est pas plus infaillible que les autres sciences, et rien ne l'empêcherait de se prêter de bonne grâce, tout comme l'astronomie et la physique elles-mêmes, aux concessions nécessitées par les conquêtes nouvelles de l'esprit humain.

Mais a-t-elle dû réellement en venir à des concessions de ce genre ? Pour parler plus clair, a-t-elle dû renoncer à ce qu'elle affirmait comme certain par rapport à l'histoire de la création et à

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