CHAPITRE IX
époque, synonyme de avoir reçu le baptême (1). Quant à la célébration des saints mystères avant chacune des séances, ni Eusèbe ni aucun autre ancien écrivain n'en disent rien. C'est donc encore tout à fait gratuitement qu'on suppose ce détail pour augmenter les difficultés. Et lors même qu'il serait vrai, qu'est-ce qui aurait empêché Constantin d'entrer dans la salle des séances du concile après le saint sacrifice terminé ? Supposera-t-on encore une loi qui défendait de donner accès à quiconque n'avait pas été présent dès le commencement du sacrifice (2)?
(1) Nous ne pouvons nous empêcher d^ailleurs de témoigner quelque surprise du scrupule de notre sévère critique par rapport à l'assistance de Constantin au concile de Nicée, lorsque nous Pavons vu, huit pages plus haut, ne faire aucune difficulté d'admettre la présence de Constant, non encore baptisé, au concile de Milan de 349. -* Voir la citation de ses paroles, plus haut pag. 141.
&) U peut paraître étonnant que, dans cette nouvelle attaque contre la valeur de la narration d'Eusèbe, on ait négligé de rappeler les textes des chap. xvii et xxii du liv. IV de la Vie de Constantin, qui avaient surtout été signalés jusqu'ici pour prouver la participation de l'empereur aux saints mystères bien longtemps avant sa dernière maladie. Peut-être a-t-on craint de rappeler aussi à l'esprit du lecteur la judicieuse remarque faite par Papebroch {Act. SS. tom,V Maiiy p. 16) et reproduite par M. Albert de Broglie : * En regardant de près ces passages, dit ce dernier, il est visible qu'Eusèbe a toujours eu soin d'apporter à sa pensée quelque correctif qui lui ôte la portée qu'elle avait au sens propre. Ainsi, au chap. xvii, quand il représente Constantin
Et c'est après avoir énuméré ces impossibilités illusoires qu'on se croit en droit de conclure hardiment : • Qu'on essaye de concilier tout cela avec
* le récit du chroniqueur de Nicomédie, Ou plutôt *^ qu'on reconnaisse enfin que le récit du baptême
* in extremis de Constantin est réellement une
* interpolation arienne; introduite après coup ^ dans l'œuvre historique d'Eusèbe.Telle est, après " mûr examen, la conclusion qui ressort pour nous ** de l'étude des faits et de la confrontation scru- " puleuse des témoignages. „ Nous dirons, nous, au contraire, que si l'authenticité du récit du baptême de Constantin à Nicomédie avait besoin d'une confirmation, elle nous serait fournie par l'accord parfait de cette relation avec les détails si nombreux que nous a laissés Eusèbe sur la piété de son héros. Un tel accord eût été impossible si celui-ci avait reçu le baptême plus tôt. Son panégyriste n'aurait certes pas manqué de décrie bien au long la cérémonie de ce baptême, et une
faisant des prières dans son palais, il a soin d'ajouter quUl y avait construit une sorte cTéglise (éxxXijff^aç Beoo xpdTcov). Au chapitre xxii, quand il rapporte la dévotion de Tempereur aux fêtes de Pâques, il dit qu'il se comportait comme un homme admis aux saints mystères (oTi xiç lUxo-^oç Upâv opY^cov)... Les atténuations de la pensée d'Eusèbe viennent donc, au contraire, en preuve du récit qui termine sa biographie , (L* Église et r Empire Romain au iv« siècle, ^ édition, t. II, p. 471, note).