CHAPITRE IX
** agréable, c'est-à-dire son âme royale et son ** esprit digne de Dieu. C'est la seule victime qui
* puisse plaire à Dieu. Cette victime, notre empe- ** reur (1) a appris à la lui immoler, non par le *" feu et par l'effusion du sang, mais par les pen- ** sées d'une âme pure, soit en nourrissant sa piété ^ par la méditation des doctrines infaillibles, soit " en célébrant les grandeurs de Dieu par de ** magnifiques discours et en imitant sa clémence ^ dans ses actes souverains; se dévouant tout à
* lui comme les prémices de l'univers, dont le
* gouvernement lui a été confié. Cette victime
* d'un si grand prix, l'empereur l'immole le pre-
* mier de tous. Il l'immole comme un bon pas- " teur, non pas en faisant tomber sous le couteau ** du sacrifice les premiers-nés des troupeaux en '^ splendides hécatombes, mais en amenant à la *' connaissance et au culte du vrai Dieu les âmes ** du troupeau intelligent dont la garde lui a été " confiée. Et Dieu, se complaisant dans ce don et
* dans ce sacrifice d'un si grand prix à ses yeux,
* comble de ses faveurs celui qui met sa gloire à
(1) Ba9iXev>< à i^(jLeSaic(J<. On s'est avisé de traduire ces mots par V empereur devenu notre commensal. D serait difficile, croyons-nous,de justifier cette traduction par des exemples tirés d'auteurs grecs, ou par Tautorité des lexicographes. Partout ^[le^aicdc se présente avec la signification de gui est du même pays que nous, compatriote, nâtre.
** s'en faire le prêtre (1). » Assurément il faut plus que de la bonne volonté pour voir, dans la victime dont parle ici Eusèbe, autre chose que les sentiments de piété et de zèle dont Tempereur se montrait animé.
On cite enfin le passage dans lequel Eusèbe décrit l'entrée de Constantin dans la salle où se trouvaient réunis les Pères du concile de Nicée (2), et Ton ajoute cette phrase qui doit faire ressortir toute la portée du fait : • Cet historien fait lui- ** même la remarque que des chrétiens, faisant ** profession de la foi de Jésus-Christ, purent seuls • être admis au concile de Nicée, dont chaque ses- ** sion était précédée de la célébration des saints ** mystères. » — Non, Eusèbe ne fait aucune remarque semblable. Seulement il rapporte, comme un trait de délicatesse de rempereur,que lorsque celuici vint au concile, il ne se fit pas accompagner de ses gardes et de ses officiers, mais de ceux de ses amis qui faisaient profession de la foi de Jésus- Christ. Observons d'ailleurs que faire profession de la foi de Jésus-Christ n'était pas du tout, à cette
(1) Orat. de laudibus Gonstantini, cap. ii.
(2) V. G., liv. m, chap. x. — La séance dont il est parlé ici, la seule rapportée par Eusèbe, est probablement, d'après la remarque de Henri de Valois, celle où furent promulgués les décrets du concile.