CHAPITRE PREMIER
1. Intervalle. Différence d'un son à un autre, entre le grave et l'aigu : c'est tout l'espace que l'un des deux aurait à parcourir pour arriver à l'unisson de l'autre.
2. Unisson [homophonie). Union de deux sons qui sont au même degré, dont l'un n'est ni plus grave ni plus aigu que l'autre, et dont l'intervalle, étant nul, ne donne qu'un rapport d'égalité.
Le zéro n'est pas un nombre, ni le point, une ligne, ni l'unisson, un intervalle; mais l'unisson est à la série des intervalles ce qu'est le zéro à celle des nombres, le point, à la ligne, c'est-à-dire leur commencement.
Dans la mesure d'un intervalle, le point de départ est toujours le son le plus grave.
Ce qui constitue l'unisson, c'est l'égalité du nombre des vibrations obtenues en temps égaux par deux sons : dès qu'il y a inégalité entre les nombres de ces vibrations , il y a intervalle entre les sons qui les donnent.
On oppose l'intervalle à l'unisson.
3. Étendue. Différence de deux sons donnés, séparés par des intermédiaires , ou somme de tous les intervalles compris entre les deux extrêmes.
La différence qu'il y a de l'intervalle à l'étendue est que l'intervalle est considéré comme indivisé et l'étendue comme divisée.
Dans l'intervalle, on ne considère que les deux termes : -^ *^
dans l'étendue, on en suppose d'intermédiaires :
-Q= etc.
L'étendue forme un système; mais l'intervalle peut être incomposé. Chaque intervalle peut être grand ou petit, simple ou composé, majeur ou mineur, diminué ou augmenté, consonnant ou dissonnant.
4. Échelle. Réunion de tous les sons, depuis le plus grave jusqu'au plus aigu, appartenant au même système : c'est le nom qu'on a donné à la succession diatonique des sept notes, ut, ré, mi, fa, sol, la, si, de la gamme not^ parce que ces notes se trouvent rangées en manière d'échelons sur les portées de notre musique.
5. Système. On donne le nom de système à tout intervalle composé ou conçu comme composé d'autres intervalles plus petits, lesquels, considérés comme les éléments du système, s'appellent diastème. Il y a une infinité d'intervalles différents, et, par conséquent aussi, une infinité de systèmes possibles.
Diastème. Ce mot, dans la musique ancienne, signifie proprement intervalle, et c'est le nom que donnaient les Grecs à l'intervalle simple, par opposition à l'intervalle composé , qu'ils appelaient système.
Cette énumération de tous les sons diatoniques de notre système, rangés par ordre, que nous appelons échelle, les Grecs, dans leur langue, l'appelaient tétracorde, parce qu'en effet leur échelle n'était composée que de quatre sons qu'ils répétaient de tétracorde en tétracorde, comme nous faisons d'octave en octave.
6. Octave {antiphonie ou octacorde). Intervalle par lequel il faut passer par sept degrés et faire entendre huit sons différents pour marcher diatoniquement d'un de ses termes à l'autre.
L'octave renferme entre ses bornes tous les sons primitifs et originaux; ainsi, après avoir établi un système ou une suite de sons dans l'étendue d'une octave, si Ton veut prolonger cette suite, il faut nécessairement reprendre le même ordre dans une seconde octave par une série semblable, et de même pour une troisième et pour une quatrième octave, ou l'on ne trouvera jamais aucun son qui ne soit la réplique de quelqu'un des premiers. Une telle série est appelée échelle de musique dans sa première octave, et réplique dans toutes les autres.
7. Réplique. Ce terme, en musique, signifie la même chose qu'octave; quelquefois on appelle aussi réplique l'unisson de la môme note dans deux parties différentes.