‹ Principes de la formation des intervalles et des accords d'après le système de la tonalité modernChapitre 16 sur 74 · COMPOSITION DES INTERVALLES SIMPLES · texte numérisé non relu

COMPOSITION DES INTERVALLES SIMPLES

ET DE LEURS DIFFERENTES ESPÈCES, D APRÈS L ORDRE DE SUCCESSION DES DEGRES DE L ÉCHELLE.

(Gamme normale.)

L'unisson juste , ou vrai :

égal zéro.

L'unisson augmenté est composé :

d'un demi-ton chromatique.

ions

demitons

diat.l cil

La seconde mineure est composée :

d'un demi-ton diatonique. . . .

La seconde majeure est composée :

d'un ton.

La seconde augmentée est composée

d'un ton

et d'un (Icmi-ton clnv)mati(iue.

La tierce diminuée est composée :

de deux demi-tons diatoniques.

tons

demi- Ions

(liât, cil.

La tierce mineure est composée :

d'un ton

et un demi-ton diatonique.

La tierce majeure est composée :

de deux tons.

La quarte diminuée est composée :

d'un demi- ton diatonique. .

d'un ton

et d'un demi-ton diatonique.

Total.

La quarte juste est composée :

de deux tons consécutifs. .

et d'un demi-ton diatonique.

Total.

a. La quarte augmentée (1) est composée

QZZjC

de deux tons consécutifs. . .

d'un demi-ton diatonique. .

et d'un demi -ton chromatique.

b. Le triton est composé :

:ci:

:ci:

de trois tons consécutifs. .

La quinte diminuée est composée :

ici:

ji: Cl'

d'un demi-tou diatonique

d'un ton

d'un demi-ton diatonique, et d'un ton

TotaL

TotaL

Ions

demitons

diat. cil

La quiute juste est composée :

iq:

de deux tons consécutifs, d'un demi-ton diatonique, et d'un ton

TotaL

La quinte augmentée est composée :

de deux tons consécutifs. . .

(l'un demi-ton diatonique.

d'un ton . .

et d'un demi-ton chrumatiiiue

(I) V(»ir la irmarqne, paijc iî.

Total.

La sixte niiiieiire est composée :

de deux consécutifs.. . .

d'un demi-ton diatonique. ,

d'un ton ■

et d'un demi-ton diatonique.

ihcïizi

Total.

La sixte majeure est composée :

lia:

de deux tons consécutifs, d'un demi-ton diatonique, et de deux tons. . . .

Total.

La sixte augmentée est composée :

-^IZZq^Iî:

de deux tons consécutifs. . .

d'un demi-ton diatonique. . .

de deux tons consécutifs. . .

et d'un demi-ton chromatique.

TotaL

La septième diminuée est composée :

illZO

d'un demi-ton diatonique. .

d'un ton , . .

d*un demi ton diatonique. .

de deux tons consécutifs. .

et d'un demi-ton diatonique.

Total.

Ions

(liât.

(lemilons

Ul

oh.

La septième mineure est composée :

de deux tons consécutifs. .

d'un demi-ton diatonique, de deux tons consécutifs. .

et d'un demi-ton diatonique.

es:

te^j

Total.

Ions

demitons

diat. cil.

La septième majeure est composée :

CS

:ei:

de deux tons consécutifs.

d'un demi-ton diatonique, et de trois tons. . . .

Total.

L'octave diminuée est composée :

"Zr -r^. CI

d'un demi-ton diatonique. .

d'un ton

d'un demi-ton diatonique. .

de trois tons consécutifs. . .

et d'un demi-ton diatonique. .

:cïz:

Total.

L'octave juste est composée

xï:

ici:

1 2 3 i de deux tons consécutifs. .

d'un demi-ton diatonique, de trois tons consécutifs. .

et d'un demi-ton diatonique

Total.

KEMARQUE.

« Toujours la même erreur, dit Fétis, » dans une note de sa traduction des Études (le Beethoven, j^age 2. c< Le triton, dit-il, n'est point une quarte augmentée, mais une ce quarte majeure formée avec la note sensible. » Que la note sensible forme le point d'arrivée de l'intervalle, ceci est exact; mais avec quelle note pour point de départ? Fétis ne le dit pas. Or, si le point d'arrivée est la note sensible, le point de départ ne peut être la tonique. C'est donc un intervalle intermédiaire (1). En effet, la quarte juste

est formée de la tonique et de la sous - dominante (ton d'ut

l'altération de la quarte forme l'intervalle de quarte augmentée

et cette dernière note, par suite de l'altération, devient T, ou note sensible du ton de sol. Le point de départ n'est plus tonique, mais sous-dominante de ce même ton de sol. C'est ainsi que l'intervalle de (juarte augmentée devient triton. Cet intervalle a donc une double fonction : tel que le genre enharmonique, où les notes qui le forment ont un double emploi. Considéré mélodiquement, l'intervalle forme quarte augmentée, composé de deux tons et de deux demi-tons. Harmoniquement, il est triton, c'est-àdire composé de trois tons. Exemple :

Ton d'wï.

Q=sâ

in:

Ton d'wt.

ZTJzq:

rciz:

Ton de sol.

td—

Le triton n'est donc point une quarte majeure : cette dénomination est fausse. Le triton est un intervalle naturel à la tonalité, mais un intervalle intermédiaire contenu dans les gammes majeure et mineure. On ne peut lui donner la qualification de majeur, qui est la manière d'être du mode. L'intervalle ne peut être qualifié que par la tonalité elle-même, et cette qualification est précisément celle de triton, qui veut dire formé de trois tons. Le triton est le résultat de l'altération de la quarte juste produisant la quarte augmentée, d'après le principe de la formation des intervalles.

On ne saurait penser de Beethoven qu'27 se trompe, lorsqu'il dit (2) : «« L'intervalle est naturel quand il est conforme à la nature du ton (3) ; il est accidentellement diminué ou augmenté, plus que majeur ou moins que mineur, au moyen de l'addition des signes d'altération (4). w

Cette règle, comme on voit , détruit le système adopté par Fétis , et suivant lequel il établit une nouvelle classification des intervalles dans son traité de l'harmonie , page 7.

L'examen du tableau des intervalles fait naître plusieurs remarques : 1" Chaque intervalle simple se produit sous trois aspects différents; 2" La diversité des trois aspects donne naissance à cinq espèces différentes d'intervalles ; le majeur, le mineur, le juste, le diminué et l'augmenté;

(1) Voir les intervalles intermédiaires, page 26.

(2) Traité d'harmonie et de composition, Études dh Beethoven^ trad. de Fétis, page 4. (:{) Qu'il soit consonnant ou dissonnant.

(4) Il est évident que lorsque les signes d'altération deviennent, par un changement de tonalité, des >igiies constitiitif.s du ton, l'intervalle accidentellement altéré passe à l'étal d'intervalle naturel :1a quarte augmentée, considérée conmie triton, en est un exemple.

3" Ces différentes espèces sont rangées dans un ordre déterminé selon la nature primitive de l'intervalle :

a. Tout intervalle majeur est précédé de l'espèce mineure;

h. L'espèce mineure est précédée de l'espèce diminuée, quand l'intervalle a pour limite l'espèce majeure. Mais lorsque l'intervalle peut être augmenté, il ne peut être diminué;

c. [Exception). Les intervalles justes sont précédés de l'espèce diminuée et suivis de l'espèce augmentée;

L'ordre de succession des espèces s'établit dans un rapport inverse de qualité par le renversement des intervalles;

4° Quant aux intervalles altérés, ils sont formés, non d'une façon arbitraire, mais au contraire d'une manière rationnelle, de telle sorte que les deux espèces d'altérations se trouvent caractérisées : soit l'espèce diminuée, si c'est le premier terme de rintervalle qui est haussé; soit l'espèce augmentée, si c'est le deuxième terme qui est élevé.

En effet, il faut remarquer : 1" que les intervalles diminués ont tous la note sensible pour point de départ, résultant de l'altération de la tonique, ou premier terme de l'intervalle ; 2" que les intervalles augmentés ont pour point d'arrivée une note haussée et dont la résolution ne peut être qu'ascendante : l'altération se produit alors sur le deuxième terme de l'intervalle. Ainsi, les intervalles altérés ont pour principe les intervalles naturels delà gamme majeure, dont ils dérivent. Ils peuvent revenir à ceux-ci, l'altération cessant.

Triton. Relation constitutive de la tonalité, et qui conduit à la conclusion finale de

toute mélodie et de toute harmonie. Intervalle dissonnant composé de trois sons, et

qu'on peut appeler quarte augmentée. Cet intervalle présente une anomalie, en ce sens

qu'il porte le nom de quarte augmentée, et qu'il est en même temps un intervalle

naturel compris dans les intervalles dits intermédiaires de la gamme normale. La

cause de cette anomalie peut s'expliquer d'après l'analyse des intervalles simples naturels du système tonal.

1" Les intervalles justes sont formés de deux notes tonales;

2° Les intervalles majeurs directs sont formés de deux notes, dont la première est tonale, et la deuxième modale;

3" Les intervalles mineurs renversés 'intervalles complémentaires opposés aux majeurs par leur renversement) sont formés de deux mêmes notes, dont la première est modale, et la deuxième tonale : le ton et le mode n'éprouvent aucun changement dans le renversement de ces intervalles;

4° Quant aux intervalles altérés, ils sont formés de deux notes, dont la première est naturelle ou altérée, et la deuxième, naturelle ou altérée, ou seulement modifiée, à une exception près : cette exception est le triton, considéré comme intervalle intermédiaire naturel.

Cet intervalle (triton) est composé de trois tons. Les deux notes qui le forment sont naturelles ; elles appartiennent toutes deux à lu même tonalité, la première comme sous-dominante, ou quatrième degré (dernière note du premier tétracorde), la seconde comme notiî sensible, ou septième dt'gré (avant-dernière note du deuxième tétracorde); celle-ci déterminant, par sa marche ascendante, la tonalité; celle-là qualifiant cette tonalité par la nature du mode, (pie sa marche descendante détermine. Ces deux notes sont les liens dt^ la tonalité et du mode: elles unissent les deux tétracordes entre' eux.

Démon stratioi. Les notes de la i>-ninnie sont disposées en deux suites de quatre sons appelées tétracordes.

:ci:

(Disjonction.)

lO

Dans le mode mineur, la disposition des tons et demi-tons n'est pas symétrique comme dans le mode majeur.

( Disjonction.)

CJ"

ici:

ou

-jfc^ g^-

iq:

Mais le point de séparation des deux tétracordes entre le quatrième et le cinquième degré est toujours à distance d'un ton. Or, le repos final du deuxième tétracorde s'effectue sur le huitième degré (ou tonique) précédé du septième (ou note sensible). Ce repos final détermine la tonalité ; on lui donne le nom de cadence parfaite. Le repos du premier tétracorde ne peut se produire sur le quatrième degré, car ce repos donnerait au quatrième degré le caractère du huitième , c'est-à-dire celui de tonique. Le quatrième degré, afin de déterminer son rang et son caractère, doit se résoudre sur la médiante. Ces deux repos peuvent s'effectuer ensemble. Ils sont le principe du triton, intervalle naturel intermédiaire de la gamme normale à l'aide duquel les deux tétracordes s'unissent l'un à l'autre.

~^rv

Disjoints.

Réunis.

xx:

Renversés.

'cn

.Ck-

La répulsion qui existe entre le /a et le si appelait naturellement- cette résolution.

La plus considérable différence de la quinte diminuée et du triton est que celui-ci est une dissonnance majeure que les parties sauvent en s'éloignant , et l'autre une dissonnance mineure que les parties sauvent en s'approchant.

Relation. Rapport qu'ont entre eux les deux tons qui forment un intervalle, considéré par le genre de cet intervalle. La relation est juste quand l'intervalle est juste, majeur ou mineiu' ; elle est fausse, quand il est augmenté ou diminué.

Parmi les fausses relations, ou ue cousidère comme telles, dans Iharmouie, que ceiie» dont les deux sons ne peuvent entrer dans le même mode ; ainsi, le triton, qui, dans la mélodie, est une fausse relation, n'en est une dans l'harmonie que lorsqu'un des deux sons qui le forment est une corde étrangère au mode (ou tonj.

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