‹ Principes de la formation des intervalles et des accords d'après le système de la tonalité modernChapitre 20 sur 74 · INTERVALLES HARMONIQUES · texte numérisé non relu

INTERVALLES HARMONIQUES

Les intervalles considérés relativement à leur emploi dans l'harmonie reçoivent la dénomination àUntervalles harmoniqiies.

Les cinq espèces d'intervalles sont classées de la manière suivante :

l7itervalles consonnants et dissonnants. On divise les intervalles en con sonnants et dissonnants. Les consonnances sont parfaites ou imparfaites. Les dissonuances sont telles par leur nature, ou le deviennent par accident. Il n'y a que deux intervalles dissonnants par leur nature, savoir : la seconde et la septième, en y comprenant leurs octaves ou répliques, encore ces deux peuvent-ils se réduire à un seul; mais toutes les consonnances peuvent devenir dissonnantes par accident. .

Consonnance. C'est, selon l'étymologie du mot, l'effet de deux ou de plusieurs sons entendus à la fois ; mais on restreint communément la signification de ce terme aux intervalles formés par deux sons dont l'accord plaît à l'oreille.

De cette infinité d'intervalles qui peuvent diviser les sons, il n'y en a qu'un très -petit nombre qui fasse des consonnances; toutes les autres choquent l'oreille, et sont appelées, pour cela, dissonuances. Ce n'est pas que plusieurs de celles-ci ne soient employées dans l'harmonie, mais elles ne le sont qu'avec des précautions dont les consonnances, toujours agréables par elles-mêmes, n'ont pas également besoin.

On distingue les consonnances en parfaites ou justes, dont l'intervalle ne varie point; et en imparfaites, qui peuvent être majeures ou mineures, c'est-à-dire modifiées. Les consonnances parfaites sont l'octave, l'unisson, la quinte et la quarte; les imparfaites sont les tierces et les sixtes.

Les consonnances se divisent encore en simples et composées. Il n'y a de consonnances simples que la tierce et la quarte ; car la quinte, par exemple, est composée de deux tierces, la sixte est composée de tierce et de quarte, etc.

Dissonnance. Tout son qui forme avec un autre un accord désagréable à l'oreille, ou mieux tout intervalle qui n'est pas consonnant. Or, comme il n'y a point d'autres consonnances que celles que forment entre eux et avec le fondamental les sons de l'accord parfait, il s'en suit que tout autre intervalle est une véritable dissonnance; même les anciens comptaient pour telles les tierces et les sixtes qu'ils retranchaient des accords consonnants.

Le terme de dissonnance vient de deux mots, l'un grec, l'autre latin, qui signifient sonner à double. En effet, ce qui rend la dissonnance désagréable est que les sons qui la forment, loin de s'unir à l'oreille, se repoussent, pour ainsi dire, et sont entendus par elle comme deux sons distincts, quoique frappés à la fois.

On donne le nom de dissonnance tantôt à l'intervalle, tantôt à chacun des deux sons qui le forment. Mais quoique deux sons dissonnent entre eux, le nom de dissonnance se donne plus spécialement à celui des deux qui est étranger à l'accord.

Les notes de la gamme normale , considérées sous le double rapport de la tonalité et du mode, reçoivent une qualification déterminée par leur nature et leur fonction, qui caractérise le rang et la dénomination particulière de chaque note.

Rang.

Dénomination.

Qualification

!"•• degré,

tonique,

consonnance parfaite

sus-tonique,

dissonnance naturelle.

médiante.

consonnance imparfaite.

sous-dominante,

dissonnance naturelle.

dominante,

consonnance parfaite.

sus-dominante,

consonnance imparfaite.

note sensible,

dissonnance naturelle.

tonique à l'octave.

consonnance parfaite.

Ces qualifications déterminent, comme on voit, trois manières d'être différentes : la consonnance parfaite, la consonnance imparfaite et la dissonnance naturelle (toute autre dissonnance étant le produit do l'altération).

Les intervalles formés des degrés de la gamme, ainsi dénommés et qualifiés, prennent alors le nom d'intervalles harmoniques. Ils se divisent en trois classes, selon qu'ils sont formés :

1° De deux consonnances parfaites, telles que les intervalles de quinte, quarte (1), octave, unisson ;

2" D'une consonnance parfaite et d'une consonnance imparfaite, tels que les intervalles de tierce, de sixte ;

3° D'une consonnance et d'une dissonnance, tels que les intervalles de seconde et d/. septième.

ÉCnEI.LE DIATONIQUE DES DEGRÉS DE LA GAMME DÉNOMMES ET QUALIFIÉS FORMANT LES INPERVALLES HARMONIQUES^

l"'" tétracorde. 2' tétracorde.

2" 3*= "4^ disj. 5= ~~^

8« degrés.

cons. diss. cons. diss.

parf. nat. imp. iiat.

C(ms. cous. diss. cons parf. imp. iiat, parf.

en

en

CO

eu

en

CD

ta

CD

CD

en

CD

CD

CD

es

fD

(on, ton, l/;>(. ton, ton, ton, J/2t.

(1) Lorsque la quarte est lo produit du renversement de la quinte ot formée avec la dominante et la toiiique.

I.a disjonction des deux tétracordes forme une dissonnance naturelle de seconde majeure.

1° Le /a, quatrième note, est dissonnance, le sol étant consonnance parfaite;

2° Le ré, deuxième note, est également dissonnance par rapport à Vut, consonnance dans l'ordre de succession;

3° Le mi et le la sont oonsonnances imparfaites, puisqu'ils peuvent être modifiés;

4"^ Le si, septième note, est dissonnance, comme note sensible devant monter à la tonique.

On peut former de nouvelles gammes dont la disposition soit identique à la gamme normale, ou gamme type, en commençant la nouvelle tonalité par le deuxième tétracorde (considéré comme premier), et poursuivant ainsi selon les divisions ordinaires de l'échelle diatonique, qui sert alors de modèle (page 52); ou bien en prenant le deuxième degré de la gamme pour tonique de mode mineur ; mais cette tonalité s'arrête à la cinquième note, la symétrie des tétracordes n'existant plus. Le troisième degré ne peut servir de tonique, à cause du demi-ton qui existe entre le mi et le fa. Le ton entier étant l'élément du système diatonique, doit toujours se trouver entre le premier et le deuxième degré de toute gamme diatonique. Quant au fa, il ne peut servir de tonique, à cause de la succession des trois tons, ou triton. Cet intervalle est formé de deux notes appartenant à une même gamme. Il est naturel; ces deux termes sont considérés comme dissonnances naturelles dans la succession de la gamme harmonique. Ces deux notes réunies ne sont point soumises à l'une des deux lois qui gouvernent les dissonnances : la préparation.

Cet intervalle caractérise les deux termes qui le forment , l'un comme quatrième degré et l'autre comme septième de la même gamme. Il résulte de l'altération supérieure de la quarte juste. Cette quarte augmentée devient alors triton, et passe ainsi d'une tonalité à une autre.

:ci:

'^ -^-ton^* ton 1/2 ton '

4" juste devenant 4' aucmentée ou :

^ -es ^-

x^; ;:^-ton ton

Triton.

Ton

« Si l'on fait résonner un corps sonore (I), outre le son principal, par exemple ut et son octave, on entendra aussi deux autres sons très-aigus, dont l'un est la douzième au dessus du son principal, et l'autre la dix-septième majeure également nu dessus. On appelle le son principal générateur , et les deux autres qu'il engendre sont ses aliquotes, en y comptant l'octave.

(1) Voir corps sonore. Préliminaires, page 9.

Voilà donc l'origine de l'accord parfait : ut, qui est le son fondamental, mi, tierce majeure, qui est la dix-septième majeure, et sol, quinte, qui est la douzième.

Dans les trois sons qui constituent l'accord parfait, nous trouvons la génération des consonnances ; savoir :

1° L'unisson par le renversement de l'octave

2° l'octave :

5° la tierce majeure :

7° la tierce mineure :

3° la quinte

6° la sixte mineure :

8° la sixte majeure :

4° la quarte :

:cE

IQZIl

Telle est la génération de toutes les consonnances et delà quarte juste, ou consonnante, lesquelles naissent toutes de l'accord parfait majeur, et le dernier se forme de l'assemblage des consonnances.

Ci:

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