‹ Principes de la formation des intervalles et des accords d'après le système de la tonalité modernChapitre 3 sur 74 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

1. Musique (du latin musica). Art de combiner les sons d'une manière agréable à l'oreille.

La musique, née avec l'homme, resta indépendante dans son état de simplicité jusqu'à ce que l'homme devenu philosophe, et dédaignant de la traiter comme art, l'assujétit, comme science, aux mathématiques, pour la réduire en principes.

Cet art devient une science, et même très-profonde, quand on veut trouver les principes de ses combinaisons et les raisons des affections qu'elles nous causent. La musique se divise naturellement en musique théorique ou spéculative, et en musique pratique. La musique se divise plus simplement en mélodie et en harmonie.

2. Mélodie (du gvec melodïa, formé de mélos, vers, mesure, et ôdè, chant). Succession de sons combinés selon les lois des relations, de la mesure, du rhythme, des cadences et de l'harmoûie.

3. Rhythme. C'est dans sa définition la plus générale, la proportion qu'ont entre elles les parties d'un même tout : c'est, en musique, la différence du mouvement qui résulte de la vitesse ou de la lenteur, de la longueur ou de la brièveté du temps.

Sans le rhythme , la mélodie n'est rien , et par lui-même il est quelque chose, comme on le sent par l'effet des tambours.

La mélodie tire son caractère des accents de la langue, le rhythme tire le sien du caractère de la prosodie.

4. Cadence. Terminaison d'une phrase harmonique sur un repos ou sur un accord parfait, ou pour parler plus généralement, c'est tout passage d'un accord dissonnant à un accord quelconque; car on ne peut jamais sortir d'un accord dissonnant que par un acte de cadence. Or, comme toute phrase harmonique est nécessairement liée par des dissonnances exprimées ou sous-entendues, il s'ensuit que toute l'harmonie n'est proprement qu'une suite de cadences.

5. Harmonie, (en grec union, assortiment) signifie aujourd'hui science des accords; l'harmonie est le résultat du mélange de plusieurs sons qu'on entend à la fois. On oppose l'harmonie à la mélodie qu'elle a pour but d'accompagner. La mélodie, l'harmonie et le rhythme, forment les trois éléments qui successivement sont venus s'ajouter l'un à l'autre pour constituer l'art de la composition.

6. Composition. C'est l'art d'inventer et d'écrire des chants, de les accompagner d'une harmonie convenable, de faire, en un mot, une pièce complète do musique avec toutes ses parties.

7. Son (en latin sonus), mouvement vibratoire imprimé à un corps sonore ou élastique, communiqué ensuite par ce corps nu tluido jusqu'à l'organe de lomV, qui en reçoit l'impression.

Un son est plus ou moins g-rave ou fiig'u, suivant le nombre des ondes qu'il produit dans l'air, pendant un certain temps.

Plus le corps sonore fait de vibrations dans un temps déterminé, plus le son est aigu; moins il fait de vibrations, plus le son est grave.

Les sons musicaux sont ceux dont l'oreille peut apprécier le degré de gravité ou d'élévation, et auxquels on peut assigner un rang dans l'échelle musicale.

Les sons, principaux éléments de la musique dans notre système harmonique tempéré, sont au nombre de douze, après lesquels viennent les equisoni^ ou répétitions aiguës des mêmes sons. En conséquence, le treizième son est la réplique équisonnante du premier et, suivant l'ordre de l'échelle, s'appelle octave. Les sons de l'échelle musicale sont ainsi placés à distance de demi-tons.

8. Tempérament. Opération par laquelle, au moyen d'une légère altération dans 'es intervalles, faisant évanouir la différence des deux sons voisins, on les confond en un , qui , sans choquer l'oreille , forme les intervalles respectifs de l'un et de l'autre. Par cette opération, l'on simplifie l'échelle en diminuant le nombre des sons nécessaires. Sans le tempérament, au lieu de douze sons seulement que contient l'octave, il en faudrait plus de soixante pour moduler dans tous les tons.

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