GAMME FRANÇAISE
si
mi
la
ré
sol
ut
fa
si b
mi
la
ré
so
ut
fa
ou 1
ut
ré
mi
fa
sol
la
bien
* fa
sol
la
si b
ut
si {au naturel) mi {par bémol).
Les autres gammes n'ont par-dessus celle-là que l'avantage d'avoir aussi une co lonne pour les bécarres, c'est-à-dire pour un dièse à la clef; mais sitôt qu'on y met plus d'un dièse ou d'un bémol (ce qui ne se faisait jamais autrefois), toutes ces gammes sont également inutiles. Aujourd'hui que les musiciens français chantent tout au naturel (1), ils n'ont que faire de gamme.
Les Allemands n'ont point d'autre gamme que les lettrée initiales, qui marquent les sons fixes dans les autres gammes, et ils solfient même avec ces lettres; en sorte que la note qu'en solfiant nous appelons la, ils l'appellent A.
la
si b
Exemple :
sib
ut ré
mi
fa
(1) Doctrine de Galin-Paris-Chevé.
Cette gamme se rapporte à la manière dont Guido a établi l'ordre des tons et des demi-tons dans la gamme du premier ton du plain-chant; savoir :
ton
1/2 ton
ton
ton
1/2 ton
ton
Il y a diverses manières de solfier; savoir : par muances, par transposition et au naturel. Plusieurs nations ont gardé dans les muances l'ancienne nomenclature des six syllabes de l'Arétin ; d'autres en ont encore retranché, comme les Anglais, qui solfient sur ces quatre syllabes seulement, mi, fa, sol, Za. Les Français, au contraire, ont ajouté une syllabe pour renfermer, sous des noms différents, tous les sept sons diatoniques de l'octave.
Muances. On appelle ainsi les diverses manières d'appliquer aux notes les syllabes de la gamme, selon les diverses positions des deux semi-tons de l'octave, et selon les différentes routes pour y arriver. Comme l'Arétin n'inventa que six de ces syllabes, et qu'il y a sept notes à nommer dans une octave, il fallait nécessairement répéter le nom de quelque note , et cela fit qu'on nomma toujours mi fa, ou fa la, les deux notes entre lesquelles se trouvait un des semi-tons. Ces noms déterminaient en même temps ceux des notes les plus voisines, soit en montant, soit en descendant. Or, comme les deux semi-tons sont sujets à changer de place dans la modulation, et qu'il y a, dans la musique , une multitude de manières différentes de leur appliquer les six mêmes syllabes, ces manières s'appelaient muances, parce que les mêmes notes y changeaient incessamment de noms.
Transposition. On transpose en solfiant, lorsque, sans avoir égard au nom naturel des notes, on leur en donne de relatifs au ton, au mode dans lequel on chante.
Solfier au naturel. C'est solfier par les noms naturels des sons de la gamme ordinaire , sans égard au ton où Von est.
La manière de solfier en France, établie par l'addition du si, vaut assurément mieux ; car, la gamme se trouvant complète, les muances deviennent inutiles, et l'analogie des octaves est parfaitement observée. En résumé, par modes, on entend aussi les tons :
Gamme italienne.
A la mi ré.
B fa si.
C sol fa ut.
D la sol ré.
E la mi.
F fa ut.
G sol ré ut.
Gamme française.
A mi la.
B fa si. C sol ut.
D la ré.
E si mi.
F ut fa.
G ré sol.
Gamme allemande, semblable à celle de Guido.
A la.
B si.
C ut.
D ré,
E mi.
F fa.
G sol.
Gui d'Arezzo ayant donné des noms à six des notes de l'octave, desquelles il fit son célèbre hexacoide, laissa la septième sans autre nom que celui de la lettre ô, qui lui
est propre (1). Or, ce b se chantait de deux manières; savoir : à un ton au-dessus du la, selon l'ordre naturel de la gamme, ou seulement à un semi-ton du même la, lors-
(1) Les inconvénients de l'échelle musicale de Guido d'Arezzo, bornée aux six sons de l'hexacorde, étaient considérables.
Afin de donner une idée complète de la division de cette échelle par hexacordes, il faut rappeler que celui qui l'inventa avait devant les yeux les formes des tétracordes anciens, dans lesquels il rentrait toutes les fois que le chant s'étendait au-delà des six sons qu'il avait adoptés; dans ce cas on avait recours à un changement de nom des notes appelées muances.
Pour comprendre le mécanisme des muances, il faut savoir que l'extension des voix et des instruments était divisée en sept hexacordes, sous chaque syllabe desquels on plaçait les six syllabes primitives. De telle sorte que la distance de mi à fa se trouvait toujours entre le troisième et le quatrième degré.
La note la plus grave du système était le sol, sur la première ligne de la clef de fa; et la note aigûe était le mi, entre la quatrième et la cinquième ligne de la clef de sol.
Les hexacordes étaient divisés en durs, naturels et mois. Le premier, qui s'étendait de sol à mî, s'appelait hexacorde dur parce qu'il contenait le bécarre à la troisième note ; celui de fa à ré se nommait hexacorde mol parce qu'il avait le bémol au sr; celui àhit à la était un hexacorde naturel parce qu'on n'y retrouvait aucune de ces altérations.
Ainsi toutes les fois que la mélodie- ne dépassait point l'étendue d'un hexacorde, le nom des notes ne changeait pas.
Exemple dans l'hexacorde d'wt :
JQ=^
za=ô
JSl
ut ré mi fa ré mi fa sol la sol fa mi ré ut
Exemple dans l'hexacorde de fa :
sol ut ré mi fa sol mi fa ré mi fa ré ut
Mais si le chant avait une extension plus grande que celle de l'hexacorde, il fallait changer le nom des notes afin que l'intervalle exprimé par mi fa se retrouvât toujours du troisième au quatrième degré. En supposant qu'on voulût chanter cette octave :
-fà-
ja.
ut
re
mi
fa
sol ut
la ré
mi
fa
Ainsi pour opérer la muance on changeait le nom de la note sol en celui d'î^^, celui de la note la en re, etc.
Les différentes espèces de mutations qui résultaient de cette méthode peuvent être facilement comprises par le tableau suivant :