‹ Principes de la fortification antique: précis des connaissances techniquesChapitre 2 sur 36 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

a connaissance de l'antiquité a fait de très grands progrès depuis quelques années, grâce aux explorations scientifiques qui ont permis souvent de compléter les documents écrits et, presque toujours, de rectifier leur interprétation.

L'art de la fortification, dont il reste aujourd'hui des traces nombreuses et importantes, devrait, seinblet-il, être l'un des mieux connus. Il n'en est rien cependant, et cela parce que les savants et les artistes chargés de missions scientifiques n'ont, pour le plus grand nombre, jamais eu l'occasion de s'initier aux principes qui, de tout temps, ont guidé les ingénieurs militaires. Jusqu'à une époque récente, on ne connaissait généralement, en effet, sur ce sujet, que quelques lignes souvent mal comprises de Vitruve et de Végèce, et l'on supposait volontiers que tout l'art de la fortification s'était borné, dans l'antiquité, à enceindre les villes de murailles flanquées de tours rondes ou carrées.

La traduction d'un abrégé de traité composé au II" siècle avant notre ère par l'ingénieur Philon de Byzance, a montré que c'était là une erreur. Malheureusement, ce traité, tronqué par l'abréviateur, altéré par les copistes, privé des figures qui devaient l'éclairer, est encore obscur en bien des points, et ce n'est que par une étude attentive et raisonnée des ruines des forteresses anciennes que nous pouvons espérer le comprendre entièrement. Toutefois, tel qu'il nous reste, il est d'une très grande utilité pour diriger l'explorateur dans ses travaux. Celui qui n'est guidé par aucune idée théorique cherche au hasard et décrit en termes souvent impropres ce que le hasard lui a fait découvrir ; il est exposé à porter toute son attention sur des points sans importance, pendant qu'il laisse de côté les parties typiques. Celui, au contraire, qui connaît à l'avance les formes générales de l'édifice qu'il a à reconstituer, ne perd, pour ainsi dire, pas un instant, pas un coup de pioche ; il va tout de suite à l'endroit où il doit rencontrer un vestige, et, s'il ne trouve rien, cet insuccès apparent est lui-mêmfe une circonstance importante à noter.

Nous nous proposons de donner ici une sorte de précis des connaissances que doit posséder tout homme qui veut aller étudier sur les lieux la fortification antique et spécialement la fortification grecque ou romaine.

Les bornes imposées h cette notice, aussi bien que le peu de précision des documents rapportés par la plupart des voyageurs 1 , ne permettent qu'une étude incomplète de la matière. J'espère toutefois que cette étude aura son utilité, si elle indique bien nettement ce que

1. Qu'on veuille bien ne pas voir ici une critique qui est loin de ma pensée. Ceux qui ont fait des explorations savent combien il faut de temps et de patience pour arriver aux plus petits résultats, dans des pays où la vie matérielle seule est souvent très difficile.

Ton sait, ce qu'il y a à chercher, et de quels termes on doit se servir pour être compris de la même manière par tous les lecteurs.

Je l'ai donc divisée en trois parties.

La première contient l'exposé des principes qui ont dû guider les ingénieurs anciens, la définition des termes usités en fortification et l'indication très sommaire des procédés d'attaque ou de défense qui ont pu laisser des traces sur le sol.

La deuxième renferme les écrits didactiques qui nous sont parvenus sur cette matière.

Dans la troisième enfin sont décrits plus ou moins complètement les restes des fortifications antiques les plus caractéristiques.

DE LA

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