Description de F Asie Mineure, tome III
humaines ; il en a conclu avec raison que ce devait être une sorte de camp retranché permanent, destiné à protéger les débarquements d'un peuple qui, ^ de temps en temps, arrivait en force d'une ^ côte étrangère pour rayonner de là sur les (r pays voisins. — La fortification ne renferme en effet qu'un très petit nombre de portes 1 ; mais tous les flancs sont placés à la droite de l'assaillant, et chaque flanc possède une poterne accompagnée d'un créneau (fig. 31). On a vu dans le chapitre premier que c'était la disposition adoptée pour les poternes destinées spé-
* cialement aux sorties.
s ^ Les faces des crémaillères ont une *> ^ longueur presque uniforme,qui varie entre
f fa 30 et 31 mètres; les flancs ont 1".80, w c'est-à-dire juste l'espace nécessaire pour la poterne et le créneau unique qui l'accompagne.
Le véritable flanquement est obtenu à
l'aide des tours, qui ont une saillie de
près de 1 1 mètres en avant du mur et qui
sont espacées d'environ 100 mètres d'axe
|k en axe, de telle sorte qu'entre deux tours
• se trouvent trois faces de crémaillères et deux flancs ; ces deux faces adjacentes à une tour sont sur le prolongement l'une de
l'autre, la tour remplaçant ainsi un flanc de la crémaillère.
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1. M. Texier n'en a trouvé qu'une seule sur toute la partie qu'il s reconnue; elle est au fond d'une retraite de 3 à 4 mètres et n'est pas défendue par des tours.
Chaque tour est, comme à Nicée dont nous parlerons plus loin, formée d'un cylindre tangent au mur et relié à celui-ci par deux murs tangents qui lui sont perpendiculaires. Elle est massive jusqu'à environ 4 mètres de hauteur, et c'est un peu plus haut que s'ouvrent les sept embrasures réparties sur son pourtour; la largeur d'une embrasure est de (V.SO. On accède à l'étage de la tour au moyen d'un escalier intérieur adossé au mur. Il paraît résulter de la description de M. Texier que cet étage était à ciel ouvert.
Le mur des tours, comme celui des crémaillères, aune épaisseur variant entre 1" 80 et l - .90. Il est complètement formé de pierres de taille sans trace de remplissage ni de mortier. Les pierres, simplement ébauchées, sont posées par assises horizontales à joints verticaux ; elles ont souvent 2 à 3 mètres de longueur, et leur hauteur est de m .70à0-\80.
La plus grande hauteur actuelle des murailles ne dépasse pas 6 mètres.
Les poternes ne présentent aucune trace de fermeture ; il n'y a pas trace non plus de fossé.
Cette fortification, une des plus remarquables de l'antiquité au point de vue de l'art de l'ingénieur, mériterait d'être étudiée plus complètement.