‹ Principes de la fortification antique: précis des connaissances techniquesChapitre 26 sur 36 · Voy. Philon, § V · texte numérisé non relu

Voy. Philon, § V

rement repiquée au marteau. Les fondations sont en chaux maigre et les élévations en chaux grasse.

TYIUNTHE on Grèce.

Tyrinthe\ dont on fait remonter la fondation au dixseptième siècle avant notre ère , peut être considérée comme le type des plus anciennes forteresses dites Pélasgiques, qu'on retrouve avec les mêmes caractères sur beaucoup de mamelons en Asie Mineure, en Grèce et en Italie.

Le rempart est formé d'énormes quartiers de roc entassés les uns au-dessus des autres, sans qu'on ait même pris soin de les dégrossir; son épaisseur varie entre 6 mètres et ^.ÎO, et sa hauteur actuelle est encore, dans les endroits les mieux conservés, de 13 mètres. Le tracé de toutes ces forteresses est simplement déterminé par la condition d'occuper le plateau qui couronne le mamelon ; il ne s'astreint pas à suivre les sinuosités de l'escarpement quand il y en a un, mais il se compose d'une série de lignes droites formant un polygone inscrit à l'intérieur de ces sinuosités. Il n'y a point de tour, et on trouve généralement à l'intérieur un mur transversal formant retranchement.

A Tyrinthe, le rocher oblong sur lequel est construite la forteresse ne s'élève pas à plus de 10 mètres au-dessus de la plaine, et en quelques endroits s'abaisse presque jusqu'à elle. Le rempart présente en certains points des galeries intérieures longitudinales ; l'une de ces galeries débouche sur le dehors par six ouvertures latérales sé- . parées par d'énormes piliers, épais d'environ 2 mètres.

1. Blouet; Expédition scient, de Atorée, t. !l, p. 1.k>. pi. 72 et 73.

Cette disposition, que l'on retrouve également à Sardes, ainsi qu'on Ta vu plus haut, nie paraît destinée à donner une action offensive à ces murs massifs, qui semblent défier tous les efforts de l'attaque : quand les défenseurs voulaient tenter une sortie, ils se massaient d'abord en secret dans la galerie longitudinale et se précipitaient ensuite tous ensemble par les ouvertures transversales ; quand ils rentraient, ils pénétraient à la fois par toutes ces ouvertures dans l'intérieur du rempart et se hâtaient de se dérober aux coups de l'assiégeant derrière les piliers. Si les assiégeants tentaient de les poursuivre, ils ne pouvaient s'avancer pour ainsi dire qu'un à un dans ces étroites ouvertures et tombaient isolément sous les coups de l'assiégé, qui les frappait au côté droit au moment où ils dépassaient les piliers.

La forteresse avait trois portes, derrière chacune desquelles on aperçoit encore des restes de mur formant retranchement.

VIENNE en France.

La forteresse de Vienne 1 fut élevée vers le premier» siècle 'de notre ère par les Romains, pour servir de base à leurs opérations militaires à l'extrémité" nord de leurs possessions en Gaule.

La ville était bâtie au confluent du Rhône et de la (1ère sur les flancs du plateau élevé qui domine la rive gauche du fleuve, plateau dans lequel la Gère et deux ruisseaux voisins creusaient trois profondes déchirures. L'enceinte s'étendait sur le plateau et se refusait d'une façon très notable en descendant soit vers le fond de ces

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