CLASSIFICATION DES HUIT MODES LITURGIQUES
MODES LITURGIQUES - * 108 *
343. — Plus tard, (au vic siècle), ces quatre modes authentiques ne suffisant pas, lepape Grégoire-le-Grandleuradjoignit quatre modes basés sur la cinquième note de chacun d'eux. Ces modes sont souvent dit : plagaux (29).
344. — Le premier mode grégorien commence par la note la et est formé des notes : la (30), si , do, re , mi, fa, sol, la; (c’est notre mode mineur inaltéré moderne, dit: mode vocal, sous sa forme descendante). Dans le premier mode liturgique, on se sert souvent d’un si bémolisé placé audessus du huitième degré.
Sa finale est ré (31), mais sa dominante change, c’est fa (32), {dominante-mélodique). En outre, on élimine, presque systématiquement, la seconde note, {sinaturel), et, lorsqu’on emploie le si placé à l’octave supérieure, celui-ci est toujours bémolisé .
Les demi-tons sont placés entre les second et troisième degrés (33) et les cinquième et sixième degrés (34).
345. — Le second mode grégorien est formé des notes : si, do , ré, mi, fa, sol, la, si.
Sa finale est mi et sa dominante [mélodique) , la.
On se sert rarement de la première note, {si grave), et Ton emploie fréquemment le si bémolisé {aigu).
Les demi-tons sont placés entre les premier et second degrés et les quatrième et cinquième degrés.
346. — Le troisième mode grégorien est composé des notes : do, ré, mi, fa, sol, la, si, {naturel ou bémolisé), do.
Sa finale est fa et sa dominante {mélodique), la.
Les demi-tons sont placés entre les troisième et quatrième degrés et les septième et huitième degrés.
347. — Le quatrième mode grégorien est formé des notes : ré, mi, fa, sol, la, si, do, ré; soit, des mêmes notes que le premier mode ambrosien, mais sa finale est sol et sa dominante {mélodique), do. L’emploi de la note si bémolisé est assez fréquent.
Les demi-tons sont placés entre les second et troisième degrés et les sixième et septième degrés.
348. — Dans la classification moderne des modes liturgiques (ou tons d'église), on fait toujours suivre un mode authentique de son mode plagcil. Le premier mode liturgique est donc le mode authentique, (dit pseudo-dorien),
(*9) Ecrire du côté droit : « Modes grégoriens, (dits plagaux) ». Tracer la petite accolade et la clé de sol sur la quatrième portée.
(30) Ecrire les notes à mesure qu’on les nomme.
(3‘) Ecrire la lettre F au-dessus de la note ré.
(3i) Ecrire : « Dm » au-dessus do la note fa, et, en avant de la clé : « Fin. : Ré, D M. Fa. »
(33) Ecrire : « 1/2 T. » entre les notes si et do.
(3*) Ecrire : « 1 /*2 T. » entre les notes mi et fa.
Continuer de même pour les trois autres exemples.
MODES LITURGIQUES
basé sur ré (35) ; le second est le mode plagcil basé sur la (36) ; le troisième, le mode authentique, ( pseudo-phrygien ), basé sur mi; le quatrième , le mode plagal basé sur si; le cinquième ,
(s») piacer ]e chiffre i au-dessus du premier mode ambrosien.
(30) Placer le chiffre 2 au-dessus du premier mode grégorien.
Continuer de même pour numéroter les autres modes à mesure qu’on les nommera.
le mode authentique , ( pseudo-éolien ), basé sur fa ;
le sixième , le mode plagal basé sur do; le septième , le mode authentique ,
{pseudo-mixolydien)y basé sur sol , et le huitième , le mode plagal basé sur ré.
349. — On remarquera que chaque mode plagal est placé au-dessous de son mode authentique correspondant. C’est ce qui fait que ceux-ci sont souvent nommés : « modes supérieurs », tandis que les plagaux reçoivent l'appellation d' « inférieurs ».
Ce classement est opposé à celui des Grecs dont les modes authentiques étaient les plus graves. Tous deux, cependant, sont fort bien construits au point de vue de la tessiture moyenne des voix.
On peut aussi s’étonner que la Finale des modes liturgiques reste la même pour chaque mode authentique suivi de son mode plagal, tandis que la place de la dominante varie beaucoup. Voici, à ce sujet, quelques explications empruntées à l’excellent « Traité du plainchant » de L. Niedermeyer et d’Ortigue.
c( On peut établir pour règle que, dans les modes authentiques, la dominante se trouve « au cinquième degré de l’échelle, et, dans les modes plagaux, au sixième degré, à moins « que ce cinquième ou ce sixième degré ne soit un si, note variante qui n’avait pas de nom « dans le plain-chant ; de même, lorsque l’échelle commence par un si *, comme dans le « quatrième mode ou deuxième plagal, on prend pour dominante la sixte dut, c’est-à-dire (( la , la note si, nous le répétons, ne comptant pas. »
Quant à l’emploi du si bemolisé , voici quelques lignes explicatives empruntées au même ouvrage : « pour éviter la relation de triton », (fa-si) , « dans le premier mode, on est fré- <( quemment obligé d’altérer le si par le bémol ». Et, plus loin : « Ce n’est pas seulement « dans le premier mode qu’intervient fréquemment le si bémol ; c’est aussi dans le second, « le cinquième et le sixième. » On le trouve aussi, comme nous l’avons dit, dans quelques pièces appartenant au huitième mode et, à titre accidentel, dans les autres modes.
Dans la prochaine leçon, nous donnerons quelques notions sur les modes pentatoniques et sur quelques modes mauresques , arabes , etc., puis nous nous occuperons d’établir la concordance existant entre les modes précédemment étudiés et les modes modernes : le majeur et
REMARQUES