EXEMPLES DE MODULATIONS PASSAGÈRES
511, — C’est, le plus souvent, par la note sensible ou par la sous-domiliante que s’opèrent les Modulations et, (de même que pour l’enchaînement des gammes majeures), la modulation a lieu généralement:
i° Par la note sensible , si l’on va dans un ton contenant moins de bémols ou plus de dièses que le ton primitif*;
20 Par la sous-dominante lorsqu’on va dans une tonalité contenant moins
de dièses ou plus de bémols.
Cela est, du reste, tout naturel si l’on se souvient du mode d’enchaînement des gammes diatoniques.
512. — Le deuxième et le sixième degrés viennent s’unir au quatrième et au septième degrés pour former les Modulations .
513, — Enfin tous les degrés peuvent concourir à la Modulation, lorsque celle-ci a lieu dans une tonalité éloignée , (contenant beaucoup plus ou beaucoup moins d’altérations tonales que la tonalité primitive ou encore appartenant à un autre ordre).
514. On nomme « Modulation entre tons voisins », toute Modulation ayant
lieu entre deux tonalités ayant la même armure ou ne possédant qu'une altération différentielle à l’armure de la clé.
Exemple. — En do majeur, il n’y arien à la clé, en fa majeur ilya un bémol, si.
Les deux tonalités sont voisines.
Si l’on va de l’une dans l’autre on l'ait une modulation dans un ton voisin.
515. — La Modulation effectuée entre deux tonalités possédant plus d’une altération tonale différentielle à l’armure prend le nom de « Modulation entre tons éloignés ».
Exemple — En do majeur, il n’y a rien à la clé, en la majeur , il y a trois dièses : fa, do, sol. Trois altérations tonales forment donc la différence entre les deux tonalités. Celles-ci sont dites : éloignées et la modulation opérée entre elles est une : Modulation entre tons éloignés.
510. — Lorsque la Modulation dure peu, on l'indique en plaçant des accidents devant les notes qui doivent être altérées, (notes modulantes). Ce changement de tonalité se nomme : « Modulation passagère ».
517. — Lorsqu’au contraire, la Modulation s’établit pour un temps plus long, il est d’usage de changer l’armure de la clé. On dit alors qu’il y a « Modulation persistante ».
518. — Nous empruntons quelques exemples de modulations passagères à la Romance de Chérubin des « Noces de Figaro » de Mozart.
‘ Cependant l’altération ascendante du 5° degré d’un ton majeur peut amener une simple rnodu latiou au ton mineur relatif.
LA MODULATION
Laissant de côté le commencement du morceau qui n'a pas d’intérêt au point de vue spécial auquel nous nous plaçons, Ç modulation ) nous commencerons l’analyse à la i ie mesure (A) de la partie vocale.
Le morceau est en si bémol majeur (2).
Dans les deux premières mesures* de l’exemple (3) on reste dans le ton principal. C’est la terminaison d’une phrase.
Dans les quatre mesures suivantes (4) on module en fa majeur , au moyen d’un bécarre placé devant la note mi (s), qui, perdant sa qualité de sous-domiuante du tondes* bémol , devient note sensible du ton de fa majeur (j).
Deux mesures après (7) on est en ré mineur. Le mi naturel est devenu sus-tonique (8) et l’harmonie, c’est-à-dire les parties d’orchestre accompagnant la mélodie, fait entendre un do diésè (9), note sensible du ton mineur de ré.
Les deux mesures suivantes (10) passent en do majeur au moyen de bécarres placés devant les notes : do (u), si et mi, devenues tonique (12) note-sensible et mécliante de la tonalité majeure de do. (La note mi naturel (13) est entendue dans l’accompagnement).
Enfin les quatre mesures qui viennent après (u) modulent encore en fa majeur. Le mi, restant naturel au moyen du bécarre , redevient note sensible (1S) et le si bémolisé perd sa qualité de note sensible du ton de do pour redevenir sous-dominante de la tonalité majeure de fa (i6).
Cet exemple suffira pour faire comprendre la manière dont s’opèrent les modulations passagères.
82° tablf.au Voir pl. XLIII.
(*) Commencer l’exemple 1.
Ecrire en haut du tableau : « Exemples de modulations passagères (tirés des « Noces de Figaro». Mozart) ». Tracer la petite accolade, la clé, l'armure et le chiffre indicateur. (Ecrire ce dernier entre deux parenthèses.)
(*) Ecrire : « si \> maj. » au-dessus de l’armure.
(8) Les chanter en les désignant sur le tableau.
(4) Les écrire et séparer les indications relatives à la nouvelle tonalité au moyen de lignes pointillées placées au-dessus des portées.
(*) Désigner cette note.
(“) Ecrire : « N-S » au-dessus de la note mi fcj et écrire au-dessus de ces quatre mesures : « Mod. : en fa maj. ».
(7) Ecrire ces deux mesures.
(8) Ecrire : « S-T » au-dessus de la note mi fcj.
(®) Ecrire la note do $ au-dessous de la note mi ÿ dans la première mesure de la modulation en rc min.
et « N-S » à côté de la note de do #. Ecrire au-dessus des deux mesures :
« Mod. : en ré min. ».
(10) Les écrire.
(“) Désigner ces notes en les nommant.
(lâ) Ecrire les indications relatives à ces notes au-dessus de celles-ci.
(13) Désigner cette note placée audessous de la note do dans la dernière mesure delà modulation. Ecrire « Mod. : en do maj. » au-dessus de ces deux dernières mesures.
(u) Ecrire le fragment.
(Is) Ecrire : « N-S » au-dessus de cette note et « Mod. : en fa majeur » au-dessus des quatre mesures.
(,a) Ecrire : « S-D » au-dessus de la note si t> et terminer l’ex. 1.