UTILITÉ DE L'ACCORD TEMPÉRÉ
220. — Cet accord est donc un système grâce auquel on peut jouer sur la même touche, ou exécuter sur la même corde, les sons enharmoniques.
Sur un piano, par exemple, les notes : si doublement diésé, do diésé et ré doublement bémolisé s'exécutent sur la même touche .
Pour les instruments à clavier : piano, orgue, harmonium, et pour d’autres tels que la harpe, Y accord tempéré est donc fort utile.
En effet, ces instruments ne pourraient guère exister sans lui. Nous allons en faire comprendre la raison.
L’octave naturelle, ou espace compris entre la première note d une série naturelle : ut et la première note de la série suivante : ut, devrait, chaque note pouvant être altérée de quatre façons différentes, contenir trente-cinq sons : sept sons naturels, sept bémolisés, sept doublement bémolisés, sept diésés et sept doublement diésés : soit 7 X 5 = 35.
11 faudrait donc trente-cinq touches ou trente-cinq cordes pour exécuter ces trente-cinq sons ?
Or le piano, par exemple, contenant à peu près toute l’étendue de l’échelle musicale, soit t environ 8 octaves, devrait posséder un claviei contenant environ 280 touches, (35x8 = 280).
Un clavier renfermant ce nombre de touches serait trois fois plus long qu’un clavier ordinaire, (celui-ci comprenant environ 90 touches). On voit clairement la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, où serait un exécutant de se servir, à lui seul, d’un pareil instrument?
* L’octave naturelle (ou Octave juste) est composée de cinq tons et de deux demi-tous diatoniques. Or :
5 X 9 = 43 commas 2X4 = 8 —
53 commas.
L ENHARMONIE
Les traits composés d’octaves successives ne pourraient être exécutés qu’avec le secours des deux mains ; les tierces auraient à peu près la grandeur de l’octave et pour jouer la moindre gamme il faudrait sauter de cinq en cinq touches.
Ceci manquerait de sens pratique et, comme on le voit,
221. — L accord tempéré est absolument nécessaire aux instruments d une grande tessiture.
^\ous a\ ons "\u que 1 accoid tcmpcrc ramenait a douze les trente-cinq sons application contenus dans l’octave naturelle. de l'accord
Etudions, à présent, 1 application de ce procédé sur un instrument a ^i^plano clavier : le piano (*).
Celui-ci contient douze touches , ( sept blanches et cinq noires), par octave (6).
Il est évident que nous ne pouvons partager également trente-cinq sons par douze touches?
Il manquerait un son, puisque 3x 12= 36.
Donc, nous aurons :
Sur onze touches, trois notes enharmoniques et sur une touche, deux seulement .
En effet :
Sur la première touche Ç), (blanche), nous trouvons les notes : si cliêsé (8), do, ré doublement bémolisé ;
Sur la seconde touche, (noire), les notes : si doublement diésé, do dièse, ré bémolisé;
Sur la troisième , ( blanche ) : do doublement dièse, ri, mi doublement bémolisé;
Sur la quatrième, (noire) : ré diésé , mi bémolisé, fa doublement bémolisé;
Sur la cinquième, (blanche) : ré doublement cliésè, mi, fa bémolisé;
Sur la sixième, (blanche) : mi diésé , fa, sol doublement bémolisé ;
Sur la septième , (noire) : mi doublemen t diésé, fa diésé, sol bémolisé ;
Sur la huitième, (blanche): fa doublement diésé, sol, la doublement bémolisé;
Sur la neuvième touche, (noire), nous ne trouvons que deux notes enharmoniques : sol diésé et la bémolisé;
Sur la dixième touche, (blanche), nous trouvons les notes : sol doublement cliese, la, si doublement bémolisé ;
Sur la onzième, [noire] : la diésé, si bémolisé, do doublement bémolisé ;
Et enfin sur la douzième, ( blanche ) : la doublement diésé, si, do bémolisé.
(8) Effacer le 37° tableau.
Voir pl. XXI.
(") Ecrire en haut du tableau :
« Les 35 sons, (formés par les 7 notes naturelles », etc.), puis tracer le clavier, placer la clé de sol sur la seconde portée et tracer dans celle-ci les divisions verticales pointillées correspondant aux touches du clavier.
(7) Désigner cette touche.
(8) Ecrire les notes sur la portée, au-dessus des touches dessinées et dans la division correspondant à la touche indiquée. Continuer de même pour tracer le reste de l’exemple.
222. On voit par cette nomenclature que seules les touches blanches servent aux notes naturelles, mais qu’elles peuvent également recevoir des notes allerees et que les touches noires servent exclusivement à ces dernières.
Nous reviendrons sur Y enharmonie lorsque nous parlerons des intervalles et des gammes enharmoniques,
Dans la prochaine leçon nous commencerons l’étude des intervalles musicaux.
REMARQUE
21e LEÇON :
Les Intervalles.