NOTATION
SUITE DES SIGNES' d'intonation,
58. il fallait un moyen de désigner et d'éciire ces nouveaux sons, dièses, bémols, doubles dièses, doubles bémols. Or, tous les espaces de la portée étant déjà occupés par les notes de la gamme àhit, on a imaginé de donner aux sons intermédiaires la position et le nom de l'une des notes voisines, en indiquant toutefois, au moyen d'un signe particulier, que l'intonation de cette note devait être haussée ou abaissée.
Par cet artifice on suppose, par exemple, que la note plus haute d'un demiton que Yut, est un ut haussé d'un demi-ton ; ou que la note plus basse d'un demi-ton que le ré, est un re baissé d'un demi-ton, et en conséquence on écrit la première à la place de la portée destinée à Vut, en faisant précéder celte note du signe du dièse; alors elle se nomme ut dièse.
De même la note inférieure d'un demi-ton au ré est figurée par un ré précédé du signe du bém.ol, et elle s'appelle ré bémol.
11 en est de même à l'égard des autres notes. Notes 59. Par suite de cette fiction, on nomme naturelles les notes qui ne sont
naturelles 1, • 1, • 1 . 1 ■ n- . .•
et notes SOUS 1 actiou d aucun signe de ce genre, et dont 1 intonation est par conse-
altérécs
quent conforme à celle que prennent ces mêmes notes dans la gamme d'î//("2);
(1) Le mot ion a une troisième acception : il signifie le son considéré dans son degré d'élévation ou d'abaissement; on dit : donner le Ion, prendre le Ion, pour s'accorder.
(2) La gamme A'ul est quelquefois appelée gamma naturelle, parce qu'elle est entièrement formée de notes naturelles.
Signes d'altération.
SIGNES D'ÂLTERATIOiN. 05
et. l'on qualifie Adultérées les notes placées sous l'empire d'un signe indiquant ane modification quelconque dans l'intonation.
60. Ces signes se nomment signes d'altération. Ce sont, comme on le sait {Premières notions) :
Le dièse #, qui hausse la note d'un demi-ton chromatique (demi-ton formé par deux notes du même nom, Premières notions, et ci-après, § 70).
Le bémol b, qui baisse la note d'un demi-ton chromatique.
Le double dièse, qui se figure de plusieurs manières ;#!, X , X, ^ , ##, et qui signifie que l'intonation de la note doit être élevée de deux demi-tons chromatiques.
Le double bémol bb, qui, au contraire, marque qu'elle doit être abaissée de deux demi-tons chromatiques.
Le bécarre (1) ki détruit l'ellet des divers signes d'altération, en ramenant la note précédemment altérée à l'état naturel (c'est-à-dire à l'intonation qu'aurait cette note dans la gamme d'w/) ("2).
Nota. — Quand le bécarre annule accidentellenienl un dièse ou un bémol nécessaire à la constitution d'une gamme, il y produit un son étranger. Par rapport à celte gamme, ce dièse ou ce bémol représenterait donc l'intonation normale, et le bécarre qui viendrait la modifier remplirait le rôle d'une altération.
Toutes les règles relatives à l'emploi des signes d'altération sont applicables au bécarre.
61. Les signes d'altération qu'on rencontre passagèrement durant le Altérations
° • t' o accideutellea
cours d'un morceau se nomment altérations accidentelles. Ils exercent leur
action, non-seulement sur la note devant laquelle ils sont placés, mais encore
sur toutes celles du même nom, qui se trouveraient après eux, dans la même
mesure.
N. B. — Un doit entendre ici par le mot mesure, l'espace compris entre les barres qui traversent la portée perpendiculairement de distance en distance. [Premières nolions, ou ci-après, §220.)
(1) Voyez, pour l'étymologie du mot bécarre, la note E, à la fm du volume.
(2) Chaque signe d'altération a une signilication précise et absolue, c'est-à-dire que toujours le dièse indique un son plus élevé d'un demi-ton; le bémol, un son plus bas d'un demi-ton que la note
^naturelle; le bécarre exprime toujours une note naturelle. En conséquence, quelle que soit l'altération dont ail été affectée une note, dièse, bémol, double dièse, double bémol, le simple bécarre la ramènera toujours à l'état naturel. 11 n'y a donc pas de double bécarre : une note doublement naturelle seraii un non-&en&.
On doit conclure de cette remarque sur l'interprétation des signes d'altération, qu'il est superflu d'écrire, ainsi que cela se voit quelquefois, un bécarre et un dièse, ou un bécarre et un bémol à la même note, pour indiquer que cette note, précédemment affectée d'un double dièse ou d'un double bémol, doit être ramenée à l'étui, de simple dièse ou de simple bémol. Le signe # ou b, à lui seul, suffit pour cela, puisque les signes d'altération sont toujours censés agir sur des notes naturelles ; autrement un double dièse placé devant une note déjà diésée rendrait cette note triple dièse .'... Ceia n'est admis par personne. Néanmoins nous devons faire remarquer que les anciens compositeurs ont souvent adopté, dans l'usage des si^jnes d'altération, le système opposé à celui-ci, ainsi, pour rendre double dièse une note déjà dié^cu, ils la diésaienl de nouveau.
Armure l'c la clef.
Les alléralions accidentelles expriment des sons étrangers au ton dans lequel le morceau est écrit.
Altérations (52. Lcs altérations nécessaires à la formation d'une ^amme sont, à l'égard
ronstitutives. "^
de cette gamme, des altérations constitutives.
63. Les signes qui représentent les altérations constitutives du ton principal du morceau se placent à la droite de la clef, sans être accompagnés des notes qu'ils désignent par leur position sur la portée. C'est là ce qu'on nomme l'armure de la clef.
Les signes qui arment la clef ont une action permanente, qui peut être suspendue, mais non détruite par l'effet des altérations accidentelles.
ôh. L'armure de la clef offre un double avantage : elle fait éviter la surcharge qu'occasionnerait dans la notation la fréquente répétition des signes dont elle est formée; et elle révèle tout d'abord le ton du morceau (§ 133).
65. On n'arme jamais la clef de plus de sept dièses ou de sept bémols: c'est-à-dire qu'on n'y place pas de doubles dièses ni de doubles bémols.
Nous avons maintenant tous les signes nécessaires pour noter l'intcnation.
RÉSUMÉ
A. La distance qui sépare les sons de la gamme n'est pas partout la même.
Entre certains degrés, cette distance est d'un ton; entre certains autres, elle n'est que d'un demi-ton.
B. On peut définir le ton : la plus grande distance qui sépare deux degrés diatoniques (1) conjoints.
C. La gamme où l'on procède ainsi par tons et demi-tons (diatoniques) est appelée gamme ou échelle diatonique.
D. La gamme diatonique que nous connaissons contient cintj tons et deux demi-tons.
E. Ces demi-tons sont placés du troisième au quatrième degré et du septième au huitième.
F. On peut faire la gamme en prenant une autre note qu"«</ pour premier degré.
(1) Degrés ou notes diatoniques, notes appailenant à une mùnc gcimmc dialontqric (vcyci ciçrèa,§72).
G. La gamme porte le nom de la note qui forme son premier degré. La gamme que nous avons vue jusqu'ici se nommerait donc : gamme rf'ux ; mais on peut encore avoir la gamme de ré, la gamme de m, la gamme de fa, etc.
H. Le mot Ion n'exprime pas seulement la distance existant entre certains sons (comme d'wV à ré), il est pris encore dans nu sens tout différent. Il signifie l'ensemble des notes qui constituent une gamme diatonique.
L Le mot ton n'implique pas, comme le mot gamme, que les notes doivent nécessairement se succéder par degrés conjoints.
J. Le passage d'un ton à un autre se nomme modulalion.
K. La gamme d'ut est le modèle de toutes les autres ; c'est-àdire que, quel que soit le point de départ de la gamme, les demitons doivent toujours se trouver du 3« au 4« degré, et du 7^ au 8«, ainsi que cela a lieu dans la gamme d'ut.
L. Pour obtenir ce résultat, il faut avoir recours à de nouveaux sons, plus hauts ou plus bas d'un demi-ton que ceux de la gamme d'ut.
M. Ces nouveaux sons pris, à leiir tour, pour point de départ, donneront lieu à des gammes pour la régularité desquelles il faudra augmenter encore le nombre des sons du système.
N. Tous ces nouveaux sons, comparés à ceux de la gamme d'ut, sont plus élevés ou plus bas d'un demi-ton (chromatique) ; pour certains sons, la différence est de deux demi-tons (chromatiques).
0. Tous ces sons s'écrivent au moyen des notes de la gamme d'ut, devant lesquelles on place un signe indiquant la modification voulue dans l'intonation de la note.
P. Ces signes sont appelés signes daltéralion, et les notes sur lesquelles ils agissent sont dites altérées.
Les notes non altérées, et qui, en conséquence, sont telles que les donne la ganmie d'ut, sont qualifiées de naturelles.
Q. Les signes d'altération sont :
Le dièse #, qui hausse la note d'un demi- ton (chromatique);