INTEIIVALLES FORMÉS PAR LES NOTES DE LA GAMME
177. Nous connaissons les intervalles qui peuvent être formés avec les notes d'une gamme diatonique ; nous pouvons maintenant retourner la question de la manière suivante :
Étant données deux notes, formant tel intervalle, dire toutes les gammes majeures et mineures dans lesquelles ces deux notes peuvent entrer (1) ?
Pour répondre à une semblable question, il faut considérer la note grave de l'intervalle comme formant, tour à tour, chacun des degrés qui, soit dans le mode majeur, soit dans le mode mineur, peuvent recevoir un tel intervalle.
Par exemple, on demande à quels tons majeurs et mineurs pourraient appartenir les deux notes ut, mi?
Ut mi forment une tierce majeure.
Nous voyons, dans notre tableau, que la tierce majeure se pose sur les 1", 4' et 5^ degrés du mode majeur; et sur les 3% 5' et 6' degrés du mode mineur.
Donc les notes ut, mi entreraient :
dans les gammes majeures A'nt {\"A eg é étant ut) ;
— de sol (II" degré étant îit) ;
— de fa (5" degré étant iit) ; et dans les gammes mineures delà (3° degré étant ut) ;
— de fa (5* degré étant ut) ;
— de mi (6" degré étant ut).
EXERCICES
RÉPONDRE AUX QUESTIONS SUIVANTES
Combien peut -on former d'intervalles de telle sorte avec les notes et une gamme de mode majeur ?
Sur quels degrés sont-ils placés ?
Combien peut-on former d'intervalles de telle sorte avec les notes d'une gamme de mode mineur f
Sur quels degrés sont-ils placés "f
Désignez toutes les gammes majeures et mineures auxquelles pourraient appartenir les deux notes telle et telle.
EXERCICES PRATIQUES
Dictées dune difficulté progressive.
(1) La solution de semblables problèmes fournit des données utiles au point de vue de Vliamionie, en révélant les points de contact qui existent entre divers tons, quelquefois fort éloignés les uns des autres.
Par de tels exercicee l'esprit se rend familiers de^ rapports sur lesquels repose le mécanisme de la modulation. (Voyez notre Cours complet d'harmonie, chapitre de la Modulation.)
Définition. 178. Transposer, c'est élever ou abaisser d'un intervalle déterminé toutes les notes d'un morceau de musique. En d'autres termes, c'est transporter dans un ton ce qui est écrit dans un autre. Pourquoi ron /j-g j^g jjy^ ]g pj^g ordinaire de la transposition est de mettre dans un
transpose. r i
diapason favorable à la voix du chanteur un morceau qui serait trop haut ou trop bas pour lui.
On peut transposer soit en transcrivant, soit en lisant. Transposer en 180. Pour transcrire un morceau dans un autre ton que celui où il esl ' écrit, il suffît, après avoir armé la clef comme il convient, de transporter à l'intervalle voulu chacune des notes du modèle.
Voici, par exemple, une mélodie qu'il s'agit de transcrire une tierce mineure plus bas.
Mélodie à Ir.iiisposor.
Eli Ut majeur.
|^teB^gEÉg^ga=gp^^j|p^
Cette mélodie sera donc transposée du ton d'ut dans le ton de la. Kn conséquence, on armera la clef de trois dièses, puis chaque note du modèle sera transcrite une tierce mineure au-dessous.
On obtiendra ainsi la version suivante :
Mélodie ci-dessus transposée d'une tierce.
En La majeur
pEm^^n^î^m^^^^^^^W^^
EXERCICES
Trajiscrire, dam tous ks tons, le passage précédent on im fragment quelconque.
181 . Mais exécuter à première vue un morceau, dans un autre ton que Transposer celui où il est écrit, est une opération plus difficile, car la rapidité de l'exécution ne permet à l'esprit aucun calcul.
Il faut donc un procédé qui permette de lire à priori, ainsi qu'on doit exécuter.
Ce procédé consiste à transformer par la pensée la notation écrite, de manière qu'elle exprime ce que veut la transposition (1).
18'2. Pour cela, trois choses sont à faire :
1° Substituer mentalement à la clef écrite une clef fictive, au moyen de laquelle les notes écrites prendront, sans changer de place, le nom qu'elles doivent avoir par la transposition ;
2" Supposer à cette clef l'armure que réclame le ton dans lequel on transpose ;
3" Savoir, par avance, quelles modifications le changement supposé dans J'armure doit apporter aux altérations accidentelles.
Nous allons entrer dans quelques développements sur chacun de ces trois points, et poser des règles précises.
1" Supposition d'une autre clef.
183. Il faut d'abord changer le nom des notes, sans changer leur position.
.\insi, dans l'exemple précédent, la tonique itt :/j^-p^ , devenant la par
la transposition, il faudra lire comme si, au lieu de la clef de sol, on avait la
la clef à'ut 1" ligne : m^2^^
Wi
Or, quel que soit l'intervalle auquel on transpose, il y aura toujours une clef qui fera l'office exigé, puisque, comme on l'a vu (§ 22), au moyen des différentes clefs, une note occupant une position quelconque sur la portée peut recevoir tour à tour chacun des sept noms.
18Zi. Nous ferons remarquer, néanmoins, que les différentes clefs aux- changemem quelles il faudra avoir recours nous donneront bien le nom voulu de la note, "des'ciefs°" mais pas toujours son vrai diapason.
(l) Notre ingénieux système de nolalion se prête admirablement à de telles transformations ; aucune transposition n'est impossible, et c'est là un des mérites inappréciables de notre écriture musicale.
ir,8 PRINCIPES DE LA MUSIQUE.
Supposons, par exemple, qu'on veuille transposer un ton plus bas la phrase suivante, écrite en clef de sol :
éIe^
mm
Il faudra substituer, par la pensée, à la clef de 50/ écrite, la clef à'nt ligne, mais lire celle-ci une octave plus haut que son diapason réel.
ËÉap^gggg^^^gp^
Quelle clef on 185. PouF savoir quelle clef il faut substituer à la clef écrite, afin d'obtenii doit lire, yj^g transposition désignée, il suffît de se demander en quelle clef on doit lire pour que la tonique écrite prenne le nom de la nouvelle tonique.
Pour celui qui a la pratique de toutes les clefs, il ne sera pas difficile de répondre à cette question.
186. Néanmoins nous allons donner une table indiquant les changements de clef à eflectuer pour la transposition aux divers intervalles, en partant d'une clef quelconque.