ATEN
saurait mieux prouver la fausseté de ceux d’Aristole,
moyen depuis plusieurs siècles qu’on les a suivis.
-—. Je sais bien qu’il y a des esprits qui se hâtent tant et » qui usent de si peu de circonspection en ce qu'ils font, que,
même ayant des fondemens bien solides, ils ne sauraient rien bâtir d’assuré ; et, parce que ce sont d'ordinaire ceuxlà qui sont les plus prompts à faire des livres, ils pourraient en peu de temps gâter tout ce que j'ai fait, et introduire l'incertitude et le doute en ma façon de philosopher, d’où j'ai soigneusement tâché de Jes bannir, si on recevait leurs écrits comme miens ou comme remplis de mes opinions. J’en ai vu depuis peu l’expérience en l’un
- de ceux qu'on a le plus cru me vouloir suivre {, et même
duquel j'avais écrit en quelque endroit que je m’assurais tant sur son esprit, que je ne croyais pas qu'il eût aucune opinion que je ne voulusse bien avouer pour mienne : car il publia l’année passée un livre, intitulé Fundamenta physicæ, où, encore qu’il semble n’avoir rien mis touchant la physique et la médecine qu’il n'ait tiré de mes écrits, tant de ceux que j'ai publiés que d’un autre encore iinparfait touchant la nature des animaux, qui lui est tombé entre les mains, toutefois, à cause qu’il a mal transcrit et changé l’ordre, et nié quelques vérités de métaphysique, sur qui toute la physique doit être appuyée, je suis obligé de le désavouer entièrement, et de prier ici les lecteurs qu'ils ne m'attribuent jamais aucune opinion s'ils ne Ja trouvent expressément en mes écrits, et qu’ils n’en recoivent aucune pour vraie, ni dans mes écrits ni ailleurs, s'ils ne la voient très clairement être déduite des vrais