‹ Principes de la philosophieChapitre 24 sur 93 · A LA PRINCESSE ÉLISABETH · texte numérisé non relu

A LA PRINCESSE ÉLISABETH

qu’elles ne viennent que de la seule connaissance du bien sont toutes de même nature, et peuvent être comprises sous le seul nom de la sagesse. Car quiconque a une volonté ferme et constante d’user toujours de sa raison le Mieux qu'il est en son pouvoir, et de faire en toutes ses “actions ce qu'il juge être le meilleur, est véritablement “sage autant que sa nature permet qu’il le soit; et par cela “seul il est juste, courageux, modéré, et a toutes les autres “vertus, mais tellement jointes ensemble qu’il n’y en a au- “cune qui paraisse plus que les autres: c’est pourquoi “encore qu’elles soient beaucoup plus parfaites que celles “que le mélange de quelque défaut fait éclater, toutefois, à

cause que le commun des hommes les remarque moins,

on n’a pas coutume de leur donner tant de louanges. Outre “cela, de deux choses qui sont requises à la sagesse ainsi décrite, à savoir que l’entendement connaisse tout ce qui est bien et que la volonté soit toujours disposée à le suivre,

il n’y a que celle qui consiste en la volonté que tous Îles

hommes puissent également avoir, d'autant que l’entende- -ment de quelques-uns n’est pas si bon que celui des autres.

Mais encore que ceux qui n’ont pas tant d'esprit puissent “être aussi parfaitement sages que leur nature le permet,

et se rendre très agréables à Dieu par leur vertu, si “seulement ils ont toujours une ferme résolution de faire tout le bien qu'ils sauront, et de n’omettre rien pour apprendre celui qu’ils ignorent; toutefois ceux qui avec une constante volonté de bien faire et un soin très » particulier de s’instruire ont aussi un très excellent es- = prit, arrivent sans doute à un plus haut degré de sagesse que les autres. Et je vois que ces trois choses se “trouvent très parfaitement en Votre Altesse. Car pour le

soin qu’elle a eu de s’instruire il paraît assez de ce que ni les divertissemens de la cour, ni la façon dont les prin-

cesses ‘ont coutume d’être nourries, qui les détou nen < entièrement de la connaissance des lettres, n’ont pu ‘emp cher que vous n’ayez étudié avec Danton eat tout ce qu'il y a de meilleur dans les sciences : el on connaît |’ cellence de votre esprit en ce que vous les avez parf ment apprises en fort peu de temps. Mais j'en ai encor une autre preuve qui m'est particulière, en ce que je vai jamais rencontré personne qui ait si généralement et si bien entendu tout ce qui est contenu dans mes écrils. -ily en a plusieurs qui les trouvent très obscurs, mêm entre les meilleurs esprits et les plus doctes; et je remarque presque en tous que ceux qui conçoivent aisément les choses qui appartiennent aux mathématiques ne sont nullement propres à entendre celles qui se rapportent à : la métaphysique, et au contraire que ceux à qui celles- ci sont aisées ne peuvent comprendre les autres { : en sort que je puis dire avec vérité que je n’ai jamais rencontr que le seul esprit de Voire Altesse auquel l’un et l’autre fût également facile; ce qui fait que j'ai une très juste | raison de l’estimer incomparable. Mais ce qui augmente le plus mon admiration, c’est qu’une si parfaite et si diverse connaissance de toutes les sciences n’est point en. quelque vieux docteur qui ait employé beaucoup d’ années à s’instruire, mais en une princesse encore jeune et dont : le visage représente mieux celui que les poètes attribuent | ee aux Grâces que celui qu'ils attribuent aux Muses ou à la savante Minerve. Enfin je ne remarque pas seulement en Votre Altesse tout ce qui est requis de la part de l'esprit À

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1. En effect, les mathématiciens métaphysiciens ne doivent pas n’étudient que des objets qu’ils ima- chercher à imaginer, à se ropréginent, c’est-à-dire qu'ils se repré- senter par intuition les objets sentent par jutuition, soit dans qu'ils étudient, S'ils le font, se l’espace, soit dans le temps. Les posent aux plus graves erreurs.

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