Quelle différence il y a entre indefini et infini
Et nous appellerons ces choses indéfinies plutôt qu'infinies, afin de réserver à Dieu seul le aom d’in=t fini; tant à cause que nous ne remarquons point de bornes en ses perfections, comme aussi à cause que nous sommes très assurés qu'il n’y en peut avoir. Pour ce qui est des autres choses, nous savons qu'elles ne
1. Tout cela est comme une cri- tique, n’est malheureusement priu tique anticipée de Pascal et se sa passée dans la langue phil:so= théorie. phique. Ce passage serait acécpté
2. Cette distinction de l'infini sans difficulté par tous les matlié= et de l’indéfini, ou infini mathéma: | maticiens contemporains.
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DE LA I HILOSOPIIE. 129
… (jue nous y remarquions quelquefois des propriétés qui nous semblent n'avoir point de limites nous ne laissons pas de connaître que cela procède du défaut de notre entendement, et non point de leur nature.
> sont pas ainsi absolument parfaites, parce qu'encore
28. Qu'il ne faut point examiner pour quelle fin Dieu a fait chaque chose, mais seulement par quel moyen il a voulu qu’elle fût produite.
È Nous ne nous arrêterons pas aussi à examiner les fins que Dieu s’est proposées en créant le monde, et nous rejetterons entièrement de notre philosophie là recherche des causes finales ; car nous ne devons pas tant présumer de nuus-mêmes, que de croire que Dieu nous at voulu faire part de ses conseils : mais, le considérant comme l’auteur de toutes choses, nous tâcherons seulement de trouver par la faculté de raisonner qu’il a mise en nous, comment celles que nous apercevons par l’entremise de nos sens ont pu être produites; et nous serons assurés, par ceux de ses attributs dont il a voulu que nous ayons quelque con- … naissance, que ce que nous aurons une fois aperçu clairement et distinetement appartenir à la nature de ces choses a la perfection d’être vrai.
29, Que Dieu n’est point la cause de nos erreurs.
Et le premier de ses attributs qui semble devoir être ici considéré, consiste en ce qu'il est très vérituble et la source de toute lumière, de sorte qu’il n’est pas
core si celui qui nous a créés avait pris Ssieh à ue tels, que nous fussions HORRSE si
£ 4. Réfutation de at connu dans l’école sous lo nom +. LE nent du Diey trompeur
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… même les vérités de mathématiques ne nous seront - plus suspectes, à cause qu’elles sont très évidentes ; et “ si nous apercevons quelque chose par nos sens, soit » en veillant, soit en dormant, pourvu que nous sépa-
rions ce qu'il y aura de clair et de distinct en la netion … que nous aurons de cette chose de ce qui sera obscur et confus, nous pourrons facilement nous assurer de » ce qui Sera vrai‘. Je ne m’étends pas ici davantage … sur ce sujet parce que j'en ai amplement traité dans … les Méditations de ma métaphysique, et ce qui suivra — tantôt servira encore à l'expliquer mieux.
31. Que nos erreurs au regard de Dieu ne sont que des négations, mais au regard de nous sont des privations ou des défauts.
Mais parce qu’il arrive que nous nous méprenons souvent, quoique Dieu ne soit pas trompeur, si nous désirons rechercher la cause de nos erreurs, et en découvrir la source, afin de les corriger, il faut que nous prenions garde qu’elles ne dépendent pas tant de notre entendement comme de notre volonté, et qu’elles ne sont pas des choses ou des substances qui aient besoin du concours actuel de Dieu pour être produites : en sorte qu’elles ne sont à son égard que des négations, c’est-à dire qu’il ne nous a pas donné tout ce qu'il pouvait nous donner, et que nous voyons par même moyen qu'il n’était point tenu de nous donner; au lieu
1. Nous sommes certains de ce que nous voyons avec évidence même en songe.
‘qu'à notre égard elles sont des défauts et des Re 4
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32, Qu'il n’y à en nous que deux sortes de pensées, à savoir lat f perception de l’entendement et l'action de la volonté. #
ne.
Car loutes les façons de penser que nous remarquons en nous peuvent être rapportées à deux générales, dont l’une consiste à apercevoir par l’entendement, et l’autre à se déterminer par la volonté. Ainsi sentir imaginer et même concevoir des choses purement in telligibles; ne sont que des façons différentes d’aper=« cevoir; mais désirer, avoir de l’aversion, assurer, nier, douter, sont des façons différentes de vouloir®.
33. Que nous ne nous trompons que lorsque nous jugeons de quelque chose qui ne nous est pas assez connue.
Lorsque nous apercevons quelque chose, nous ne | sommes pas en danger de nous méprendre si nous n'en jugeons en aucune façon; et quand même nous en” jugerions, pourvu que nous ne donnions nolre consen-" tement qu’à ce que nous connaissons clairement et distinctement devoir être compris en ce dont nous jugeons, nous ne saurions non plus faillir; mais ee qui fait que nous nous trompons ordinairement est que
4. Lludier avec soin cette cé- morale, et VicTon Lrocuand lèbre théorie de l'erreur, comparer De l’Erreur. la théorie de l'erreur avec celle du 2. Voy. une autre exposilion de péché. Consulter sur cette queshon : ces mêmes idées dans le Trailé dest
OLLÉ-LAPRUNE, De la Cerlitude passions, 1" partie, art. 17 el Suiv,
nous jugeons bien souvent encore que nous n’ayons
pas une connaissance bien exacte de ce dont nous ju-
geons.
34. Que la volonté aussi bien que l’entendement est requise pour
juger.
J'avoue que nous ne saurions juger de rien si notre
entendement n’y intervient, parce qu’il n’y a pas d’ap-
parence que notre volonté se détermine sur ce que notre entendement n’aperçoit en aucune façon ; mais
comme la volonté est absolument nécessaire { afin que » hous donnions notre consentement à Ce que nous avons
aucunement aperçu, et qu’il n’est pas nécessaire pour faire un jugement tel quel que nous ayons une connais-
sance entière et parfaite, de là vient que bien souvent
nous donnons notre consentement à des choses dont nous n'avons jamais eu qu'une connaissance fort con-
fuse.
25, Qu'elle a plus d’étendue que lui, et que de là viennent nos : erreurs.
De plus, l’'entendement ne s'étend qu’à ce peu d’objets qui se présentent à lui; et sa connaissance est Loujours fort limilée: au lieu que la volonté en quelque sens peut sembler infinie, parce que nous n'apercevons rien qui puisse être l'objet de quelque autre volonté,
même de cette immense qui est en Dieu, à quoi la
nôtre ne puisse aussi s'étendre; ce qui est cause que
4. On voit que sur ce point la doctrine de Descartes est absolue:
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nous la portons ordinairement au delà de ce que nous connaissons clairement et distinctement: et lorsque : ‘ nous en abusons de la sorte, ce n’est pas merveille s’il nous arrive de nous rente,