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DE L'ORGANISATION SOCIÉTAIRE

pour les sociétés, la mutualité d'interdépendance augmente à chaque degré du progrès depuis la forme sociétaire la plus simple que nous présente l'histoire de Crusoé et de son Vendredi, jusqu'à ce haut état d'organisation où des dix mille personnes s'entendent pour satisfaire au besoin public d'un simple journal, — ce qui fait profiter des cent mille de sa lecture, à un prix si minime qu'il échappe à peu près au calcul ^

Dans la nature, plus il existe subordination complète et interdépendance des parties, plus est grand le pouvoir d'individualité de renserablcy et plus est absolu le pouvoir de se diriger soi-inème. La roche est attachée à la terre, elle n'obéit qu'à une seule force. L'oiseau s'élève à son gré dans l'air, ou effleure le lac. Le chien obéit à son maître. Le mattre a pouvoir de se diriger et de diriger la nature. L'homme à l'état de santé, dont toutes les parties se meuvent en soumission parfaite au cerveau qui dirige , décide luimême s'il veut sortir ou rester au logis ; — le malade, au contraire, est forcé de garder la chambre. Il en est nécessarement ainsi de la société. — Son pouvoir de se diriger elle-même augmente à mesure qu'augmente l'interdépendance entre les diverses parties, et cellé-ci acquiert son développement à mesure que l'organisation se perfectionne et que la subordination est plus complète.

Organisation et subordination, association et individualité, responsabilité et liberté marchent de compagnie dans le monde social.

§ 2. Dans Thomme, le cerveau fait l'office de coordinateur de tout le système , — et l'existence d'une nécessité de coordination, d'une part, implique le devoir de subordination d'autre part.

Plus la coordination de l'ensemble est parfaite, mieux se développe chacune des parties. Faute de diriger vers l'estomac sa provision d'aliments, les bras et les jambes perdent leur pouvoir, les yeux s'affaiblissent, — le cerveau subit sa part de déperdition jusqu'à ce qu'enfin la vie cesse.

Plus il y a perfection de développement des diverses parties de I'homme, et différences marquées et nombreuses des qualités développées, plus s'accroîtra pour lui le pouvoir de maintenir com-

* Voyei précéd., vol II, p. 301.

merce en lui-m^me et avec le monde extérieur, — la vitesse de cir* eulation étant un caractère essentiel de la pins bante organisation. C'est de même pour une société : plus les différences y sont nombreuses» et plus augmente le pouvoir d'association, la subordination étant plus complète, et plus absolu ce respect dans le droit d'antrui, respect qui constitue la liberté la plus parfaite. A Tappui de ceci, nous reviendrons encore à notre diagramme accoutumé.

TRAVAIL

Liberté.

Massacbussets.

Chiffons.

Terre sans valeur.

TERRE

Haute valeur de la terre.

A gauche, les différences sont peu nombreuses. L'organisation sociétaire n'existant pas, c'est uniquement la force qui fait loi ; le travailleur est esclave, et la terre continue à rester sans valeur. Sur la droite, les différences sont nombreuses, la société s'est organisée, — coordination et subordination se développant de compagnie, et l'homme gagnant en liberté.

Considérons l'ancienne Attique, nous voyons dans les nombreuses petites communautés qui ont occupé le territoire petit et stérile, les premiers et grossiers essais d'organisation sociétaire. La demande des pouvoirs humains étant très-limitée, les différences étaient peu nombreuses ; — chaque homme réunissait en lui les différents caractères de marin, négociant, soldat, artisan. L'interdépendance parmi les hommes existait à peine, et par conséquent elle était faible au dernier degré parmi les communautés auxquelles ces honmies appartenaient. — Chacune était prête, à chaque instant, à envahir le territoire de quelque autre, à y anéantir les droits delà personne et de propriété. Suivons-les plus avant. Nous

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