PRÉFACE
On s'imagine généralement que l'étude de la tenue des livres n'est utile qu'aux jeunes gens qui se destinent au commerce, et qu’elle forme exclusivement le complément de ce qu’on appelle l’enseignement commercial.
Nous ne partageons pas cette manière de voir : cette étude si simple, quand on se borne à en faire saisir l'esprit, si facile quand on la débarasse de détails prématurés et qu'on va droit au but, est au moins aussi utile aux filles qu'aux garçons,
Bien comprise, la tenue des livres contribuera au développement de l'intelligence desélèves, jeunes filles et jeunes garçons, d’une manière non moins efficace que les problèmes d’arithmétique.
Apprendre à classer les écritures, même d'un simple ménage, c’est apprendre aussi à classer les choses ; la tenue des livres, telle que nous l’entendons contribue à obtenir ce résultat, nous dirions même qu’elle facilite le classement des idées, car elle oblige à exprimer aussi clairement que laconiquement ce qui s'appelle recettes et dépenses, et simplifie en même temps qu'elle éclaire tout ce qui tient à la direction et à l'économie d'une maison, d’une ferme, d’un commerce, d’une industrie.
L’instituteur qui voudra bien consacrer un peu de temps chaque semaine à l’enseignement de ce sujet, aura fait comprendre à
ses élèves, au bout d'un an, l’esprié de la
comptabilité, et il n'en faut pas demander davantage. L'enfant saura ce que c'est que la caisse, ce que c’est que le crédit et ce que c’est que créditer. Il ne confondra pas un effet à Payer et un efet à recevoir, une vente au comptant et une vente à crédit ou à terme, etc.
Nous avons mis les choses à leur place, sans devancer les faits, de façon que le maître pourra, en suivant notre programme pas à pas, entrer paisiblement au port presque sans s’en douter.
Aux personnes qui désireraient quelques règles sur la marche à suivre en enseignant ce sujet, nous prenons la liberté d'offrir les suggestions suivantes :