AU LECTEUR
)ll
sonne, et que le titre du présent ouvrage indiquât nettement qu’il s’agit toujours de principes et de théorie. La théorie ne doit pas être confondue avec les systèmes, quoique nécessairement, dans l'enfance des sciences, l’esprit de système se charge d’ébaucher les théories. J’ajouterai que la théorie doit toujours avoir sa part, si petitequ’on veuille la lui faire, et qu’il doit être permis à un vétéran du corps enseignant, plus qu’à tout autre, d’envisager exclusivement du point de vue de la théorie un sujet d’intérêt général, qui a tant de faces diverses.
A chacun sa tâche. J’ai cru que la mienne était de soumettre à une critique nouvelle, non des faits, mais des idées, en rapprochantdans ce but des idées que la marche du travail scientifique tend trop à isoler, comme on rapproche dans un herbier, pour les mieux connaître, des plantes que la Nature a fait naître à de grandes distances. C’est un genre de spécialité comme un autre, et qui a aussi son utilité. Dans le cas présent, j’ai donc dû m’attacher de préférence à bien caractériser la nature de cette science à laquelle on donne communément le nom d’ économie politique (et qu’Arislote avait bien mieux désignée par le mot de chrèmatistique, dont notre titre n’est que la traduction française), à montrer ses affinités avec d'autres sciences, sa place dans le cadre scientifique, les idées sur lesquelles elle se fonde, les procédés quelle emploie, la valeur des résultats auxquels elle peut atteindre, la part quelle laisse nécessairement à l'empirisme et aux entraînements de l’opinion. J’espère que ceux qui auront pris la peine de me lire attentivement comprendront mieux tout ce qui nous manque pour donner la solution vraiment scientifique d’une foule de questions que la