DU COMMERCE EXTÉRIEUR
unités livrées à la consommation, ou seulement 500 de plus qu’avant la baisse de prix. En somme, le résultat sera de réduire à 10 000 unités les exploitations réunies de >1 et de N, lesquelles s’élevaient à 20 000 avant la communication des marchés. Ce résultat est, j’en conviens, assez peu probable, puisqu’il implique qu’une baisse de prix, suffisante pour réduire de 10 000 à 8000 (ou d’un cinquième) l’exploitation dans le ressort du marché N, n’élève la consommation que de 10000 à 10 500 (ou d’un vingtième) sur le même marché : mais enfin il n’a rien en soi qui implique contradiction; et il était essentiel de remarquer (à l’encontre d’un préjugé d’ailleurs si naturel) qu’un surcroît de facilités de communications n’entraîne pas nécessairement un surcroît de production, et même peut amener (exceptionnellement sans doute) une diminution dans la production matérielle. Si cette diminution persiste pendant une suite d’années, elle équivaudra (ainsi qu’on peut le conclure des calculs déjà présentés dans le précédent chapitre) à une diminution dans la valeur réelle du total des revenus, en supposant que la totalisation s’étende à la fois aux producteurs M et aux producteurs N.
La même observation doit porter sur la valeur totale des quantités produites, et par conséquent sur la valeur nominale du total des revenus. En M, il y a augmentation de valeur de l'unité produite, et accroissement de la production matérielle; l’inverse a lieu en N; et la balance peut accuser, dans l’ensemble, une diminution-de valeur produite, même quand il y a, dans l’ensemble, un accroissement de production matérielle; à plus forte raison quand il y a eu, dans l’ensemble, un décroissement de production matérielle.
Cependant aucune singularité de ce genre ne se présenterait, s’il s’agissait de ces articles manufacturés pour lesquels les frais de production diminuent relativement, à mesure que la production s’accroît (68).
176. — On sera disposé à étendre la totalisation à l’ensemble des productions M et N, s'il s’agit d’apprécier les effets d’un commerce intérieur , ou d’un commerce entre deux territoires M, N, qui relèvent de la même nationalité. Il y aura intérêt à savoir comment un tel commerce influe sur la totalité des revenus des nationaux, ou sur ce que nous appellerons ici, pour abréger, le revenu national en spécifiant bien que nous n’entendons point désigner par là le revenu que le Gouvernement d’une nation perçoit par l’impôt, et qui sert à payer les dépenses publiques; mais le total des revenus, quand la totalisation (faite conformément aux principes exposés dans le premier chapitre de ce livre II!) s’étend à tout le territoire national.
177. — Cela dit, occupons-nous d’un commerce extérieur entre deux marchés M, N, qui ne relèvent point de la même nationalité, et de l’influence d’un tel commerce sur le revenu national (tel qu’il vient d’être défini), en ce qui concerne chacune des deux nations commerçantes. Appelons A l’article dont l’établissement des nouvelles voies de communication, la suppression des obstacles naturels ou des barrières factices, détermine l’exportation de M en N. Supposons, pour fixer toujours les idées par des chiffres (164), qu’avant l’exportation les prix fussent 10 fr. et 15 fr. sijr les marchés M et N, correspondant respectivement aux demandes 100 000 et 80 000; et que, par suite de la communication, le prix s’élève en Mail fr. et la pro-