LAMBERT CLOSSE DÉFAIT DEUX CENTS IROQUOIS
Les habitants de Montréal ne tardèrent pas à relever l'honneur des armes françaises, en donnant une rude leçon aux ennemis. Le quatorze octobre (1652), les abo'ements furieux des chiens firent connaître que des [roquois étaient en embuscade près du fort. Le major Closse, toujours sur ses gardes, se met à la tête de vingt-quatre hommes, et marche droit vers l'ennemi. Trois éclaireurs jetés en avant, s'étant aventurés un peu trop loin, tombent au milieu des ennemis, qui font une décharge générale de leurs fusils et tuent un Français. Les deux autres s’enfuient au milieu d’une grêle de balles et rejoignent le corps de M. Closse. Dès lors le combat s'engage vivement ; les Français tiennent ferme ; mais s'apercevant bientôt que les Iroquois, dix fois pius nombreux, les cernent de tous les côtés, Closse, suivi des siens, s'ouvre un passage au milieu des rangs ennemis et se jette dans une chétive cabane. Deux cents Jroquois l’environnent et font un feu terrible, sans causer aucun mal à ses hommes, qui de leur côté tuent et blessent un grand nombre d’ennemis. Mais enfin la poudre manque ; Boston, brave sôldat et excelient coureur, se dévoue pour la cause commune : il traverse les rangs ennemis, et réussit à arriver au fort quoique vivement poursuivi, Il en revint bientôt avec dix hommes, traînant deux petites pièces de campagne. Arrivé sur un coteau, à l’abri duquel 1l s’est avancé, il décharge les deux pièces, et, profitant du trouble où les Iroquois ont été jetés, il rejoint les assiégés. Le feu des Français devint alors si vif, que leurs adversaires ne le peuvent soutenir et s’enfuient portant sur leurs épaules plus de vingt morts et environ quarante blessés.