MADAME DE SIMIANE.—RÉPONSE A UNE LETTRE DE BONNE ANNÉE
Je ne pourrais en quatre pages répondre aux lignes que j'ai reçues de vous ; je n'ai rien vu de si joli, de si frais, de si gracieux. Comment faites-vous pour rendre si agréable un compliment si commun, si trivial, si répeté? Expliquez-le-moi, je vous en prie.
Désespérée de ces lettres de bonne année, il me prend envie de souhaiter toutes sortes de guignons à ceux à qui j "écris, afin de varier un peu la phrase.
Je n'ai pas cependant la force de commencer par vous, äinsi, apprenez que je vous souhaite de bonnes années sans nombre, tous les bonheurs que vous méritez, et que je suis avec une affection toute particulière.
Louis VEUILLOT A MONSIEUR RIVALLAND,
24 janvier 1850.
Mon cher Rivalland,
Je reçois avec beaucoup de reconnaissance vos souhaits de bonne année. Puisse Dieu les exaucer, non quant au temporel, mais quant au spirituel! Ii faut désirer la vie éternelle, et rien de plus que ce qui peut y conduire ; or il est certain qu’en général les biens de cette vie n’assurent pas ceux de l’autre. C’est un grand péril d’être riche en quoi que ce soit : les grands talents
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sont un péril comme l’opulence ; et Dieu s’est montré père en cela plus qu’en toute autre chose, lorsqu'il a a fait en si petit nombre ceux que l’on appelle les illustres et les heureux. Bénissons-le donc d’être en tout dans la médiocrité, et souhaitons qu'il nous y laisse, si un plus large partage des choses que le monde envie devait nous rendre plus pauvres de celles qu'il dédaigne, et qui sont tout pour naus.
Votre tout dévoué, Louis VEUILLOT.
Louis VEUILLOT A MME LA COMTESSE DE SÉGUR,
Paris, rer janvier 1857.
Je vous rends une feuille de votre papier, Madame, rapporté par vous, barbouillé par moi, le voilà aussi bon français que s'il était né à Moscou. Il ne lui reste plus que ses qualités, qui sont grandes, c’est un anglais catholique, ce n’est plus un anglais. Pour entrer en fonctions chez moi, il vous porte mes compliments de bonne année ; je vous assure qu'il s’y prête à merveille. Ma plume court toute seule sur ce vélin qui ie rap peile votre amitié et dont la seule vue me réjouit le cœur. Nous l'avons baptisé: c'est le Papier- SÉgur. Comme qui dira premier numéro, première qualité, extra-fin, superfin, haute et incomparable extra-superfnerie. [mjo sible d'y écrire aucune méchanceté, ni aucune tromperie, ni aucune platitude. Si une feuille de ce papier tombait sous la main des ##/, des Dup, des Cogn, et autres /oux de la forêt d'Orléans, elle refuserait leur écriture ou, par un autre miracle, ils seraient épouvantés et consternés d'écrire des choses incapables de nuire à personne. Voilà ce que c’est que le Papier- Ségur.
Adieu, Madame, très chère Madame. Bonne année accompagnée de plusieurs autres. Paix, force et toujours grand courage dans votre grand cœur. Et des quantités de petits-enfants qui ressemblent aux grands,
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