‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 142 sur 225 · BOILEAU A RACINE · texte numérisé non relu

BOILEAU A RACINE

AN a. ne | Paris, jeudi au soir, 18 juin 1603.

Je ne saurais, mon cher Monsieur, vous exprimer ma surprise, et, quoique j'eusse les plus grandes espérances du monde, je ne laissais pas encore de me défier de la fortune de monsieur le Doyen. C’est vous qui avez tout fait, puisque c'est à vous que nous devons l'heureuse protection de madame de Maintenon. Tout mon embarras maintenant est de savoir comment je m'acquitterai de tant d'obligations que je vous ai. Je vous écris ceci de chez monsieur Dongois, le greffier, qui est sincèrement transporté de joie, aussi bien que que toute notre famille : et, de l'humeur dont je vous connais, je suis sûr que vous seriez ravi vous-même de voir combien, d’un seul coup, vous avez fait d'heureux. Adieu, mon cher Monsieur ; croyez qu'il n’y a personne qui vous aime plus sincèrement, ni pour plus de raisons que moi, ‘lémoignez bien à monsieur de Cavoie la joie que j'ai de sa joie, et a monsieur du Luxembourg mes profonds respects. Je vous donne le bonsoir, et suis, autant que je le dois, tout a vous. Je viens d'envoyer chez madame Racine.

Page 1