À UNE AMIE SUR LA MORT DE SA MÈRE
Ma chère amie,
Je suis toute désolée de la perte irréparable que tu viens de faire et de la profonde douleur que tu dois
> Éépro ]ar vous en mon nt aussi re VIvVE
nos sSCn-
un ami, d'esprit
1 n IS, DON,
Fr, Dieux,
éprouver. Ta bonne mère déjà dans l’autre vie! Je ne saurais t’'exprimer la surprise que cette nouvelle nous a causée. Maman est inconsolable, elle ne cesse de parler de sa vieille amie et nous pleurons ensemble. ‘Tu sais combien nous l’aimions. Elle était si aimable, si bonne, «i vertueuse, et elle nous a toujours témoigné tant d’amitié et d'affection. Je ne puis me rappeler aujourd’hui sans fondre en larmes les adieux qu’elle me fit lors de sa dernière visite. Elle paraissait émue et elle me dit en me pressant sur son cœur : “ Ma Juliette, ne sois pas longtemps sans venir nous voir ;” comme si elle eût pressenti ce qui devait arriver. Hélas ! que nous étions loin de penser qu’elle nous quitterait si tôt ! Pauvre vie ! Que le bonheur y passe vite, et qu'il coûte cher ! C'est vrai, ma chère amie, nous ne serons parfaitement heureux que lorsque nous serons tous réunis dans le ciel avec ceux que nous avons aimés sur la terre. Jusque-là nous verserons des larmes et nos pauvres cœurs seront brisés. Mais comme Dieu seul peut nous donner la force de supporter les épreuves qu'il nous envoie, jetons-nous dans ses bras et demandons-lui la force et le courage, et tout nous sera compté.
J'irai te voir bientôt, ma chère amie, et sois sûre que nous ne t’oublions pas et que nous prions pour ta vertueuse mère et pour toi; c'est notre unique Consolation.
Je suis, avec la plus tendre affection et la plus cordiale sympathie...