LETTRES DE CONDOLÉANCE, 189 À UNE RELIGIEUSE SUR LA MORT DE SA MÈRE
Ma Sœur,
Je m'empresse de vous écrire quelques mots pour vous dire que je pense bien à vous et à madame votre mère et que je ressens votre profonde douleur. Je n'essaierai pas de vous consoler, ma chère Sœur, je veux plutôt pleurer et prier avec vous. Les larmes sont notre partage ici-bas et la prière en adoucit l'amertume. C'est bientôt fait de nous. Il y a peu d'années, je me le rappelle, madame votre mère jouissait d'une bonne santé et vous donnait la douce espérance de la voir vivre encore longtemps. Oui, c'est bientôt fait de nous. Mais elle a été bien heureuse ; car, Dieu l’a traitée comme il traite ses amis. Il lui x accordé de voir venir la mort de loin et de s’y préparer en se purifiant par la souffrance ; ce qui est, après la grâce d’une vie chrétienne, la plus précieuse de toutes les grâces.
Remercions le bon Dieu de sa miséricorde qui est toujours plus grande que nous ne pouvons le comprendre, et laissons couler nos larmes dans l’épanchement de la prière, puisque notre pauvre cœur a été blessé dans sa partie la plus intime, dans ses affections les plus douces et les plus pures. Pleurer ceux qui nous furent chers, c'est les aimer encore, et prier pour leur repos, c’est espérer les revoir au ciel, pour ne plus les quitter.
Désormais, ma chère amie, je réunirai dans un même
. souvenir et dans une même prière monsieur votre père,
madame votre mère et votre bien-aimée sœur, Sr J.-B.
Adieu, ma chère Sœur. Priez pour moi et veuillez agréer, avec l'hommage de mon respect, ma profonde et douloureuse sympathie.