FÉNELON SUR LA MORT D’UNE DAME
Vous avez perdu, Madame, une bonne amie, et je suis persuadé que vous n'êtes pas insensible à cette perte. Pour moi, je la ressens de tout mon cœur, par
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rapport à vous. l'e plus, je suis fort touché, et le serai toute ma vie, de tout ce que j'ai vu en cette dame. Je vous dois toute l'édification qui m'en reste. Elle est bienheureuse d’être hors de cette vie et de l'avoir finie dans la douleur, J'ai pourtant peine à croire qu'il ne reste plus rien à expier dans ces personnes qui ont aimé Dieu avec tant de goût, et qui ont eu tant de plaisir à faire pénitence. Le purgatoire de cette vie me parait moins dans ces austérités ferventes que dans les épreuves intérieures, Il me semile qu'il faut avoir fait de grands sacrifices pour avoir purifié tous les restes de l’'amour-propre, et pour avoir rempli parfaitement tout le précepte de l'Evangile de se renoncer soi-même par le pur amour. Je prie Dieu, Madame, que ce feu consume tout ce qu'il y a de paille et de bois dans notre ouvrage, et qu'il n'y laisse que l'or de la charité désintéressée,