‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 152 sur 225 · A UN AMI · texte numérisé non relu

A UN AMI

Cher ami,

Mon père est arrivé de Winnipeg la semaine dernière, et il est très content de son voyage. Il a acheté six cents acres de terre à St-Pierre-Jolys. Nous partirons pour aller y demeurer dans une douzaine de jours, c'est

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LETTRES D’ADIEU. 195 une chose décidée. Comme nous avons, pour cette raison, beaucoup de besogne sur les bras, il me sera impossible d'aller te voir. Je t’écris donc un mot à la hâte pour t’informer de mon départ et te dire bonjour.

Nous sommes occupés en ce moment à vendre grains, bestiaux, mobilier, etc. Dans quelques jours nous ferons nos paquets. Dieu ! quelle remue-ménage ! Et tout cela se fait au milieu de la tristesse et des larmes ; maman ne cesse de pleurer. J'ai hâte, je t'assure, que tout soit terminé et que nous soyons en route. Si tu pouvais venir, je serais heureux de te voir, de te serrer la main encore une fois. Quand aurai-je ce bonheur? J'ai bien Pintention et l’espérance de reveni: au pays avant longtemps ; mais nos calculs sont souvent dérangés,

Je ne puis te dire adieu, mon cher ami, sans te remercier de ton amitié et de tes bontés. Il faut quitter son pays et ses amis pour savoir combien on les aime ; sois sûr que je ne t'oublierai jamais. Tu voudras bien me rappeler au souvenir de tes bons parents, de Henri et de Louise, et leur présenter mes saluts les plus affectueux. Je t'écrirai plus au long quand nous serons

rendus là-bas.

Adieu.

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