MÉDITATION
Qu'est-ce que la méditation ?
La méditation est l'application de l’esprit à considérer un objet sous toutes ses faces pour le connaître, ou une idée pour l’approfondir et en voir la vérité, l’utilité et la valeur. Le but de la méditation est d'acquérir une idée claire et distincte de l’objet.
Quelfaut-il faire avant de commencer le travail de la méditation ?
Avant de commencer le travail de la méditation, il faut se rendre exactement compte du but que l’on se propose d'atteindre, et par suite se bien fixer sur l’idée, la vérité ou le fait que l’on veut présenter. Sans cette base ou ce point de départ bien arrêté, on hésite, on cherche à tâtons et l’on s’arrête souvent à une foule de pensées étrangères et inutiles.
Est.il avantageux d'employer les moyens d'amplification
| indiqués ?
Il est certainement très avantageux, pour étudier | un sujet, d'employer les moyens d'amplification indiqués. Outre les réflexions inutiles et les pertes de r temps qu’on évite, ces moyens sont comme autant $
d’aspects différents sous lesquels on envisage un sujet, comme autant de questions que l’esprit se pose et qui
évoquent une foule d'idées. Æ :
En suivant cette voie modeste, l’élève aura consi- : Or déré son sujet sous tous les points de vuelesplusnatu- D ti rels et les plus féconds, et il sera sûr de n’avoirrien ME d omis d’important. C’est, en outre, le seul moyen de À te
s’habituer à envisager, avec suite et méthode, les diffé- . rents aspects d’un sujet pour le développer. HN On 0 fr
Dans le travail de la méditation, est-il nécessaire de s’occuper de l'expression ? “4 Dans le travail de la méditation, il n’est point nécessaire de s’occuper de l’expression, il ne s’agit que de trou-
ver des idées. Le soin de l’expression pourrait même M. À avoir pour effet d'arrêter l’activité de l'esprit dans ses M Ja recherches. A mesure que les idées viennent, on se | contente de les jeter rapidement sur le papier pour les À da retenir. cet $ 2. SENTIMENTS, dés va Pourquoi faut-ilen méditant noter les sentiments qu’inspire l’objet qu’on étudie ? .
Il faut noter avec soin les sentiments que fait naître en nous l’objet que nous considérons, parce qu’ils sont, C pour ainsi dire, le complément de notre pensée, et avec ]
elle l'expression la plus complète de notre manière de niè
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voir cet objet et de l’apprécier. Ils donnent, en outre, beaucoup de vie et de variété au style, lorsqu'ils sont bien rendus.
En effet, dès que les sentiments de l'écrivain apparaissent dans une composition, il n’y a plus alors qu’un seul objet en vue, mais il y a encore l'écrivain lui-même. Le lecteur le voit tel qu’il est en face de l’objet qu'il décrit, tantôt calme, tantôt agité, tantôt attiré par l'intérêt, l'admiration ou l’amour, tantôt rempli d’indifférence, de mépris, de colère ou d’horreur. La composition n’est plus seulement une suite de pensées, c’est un drame qui se déroule sous nos yeux, et de là naissent tout naturellement l'intérêt et le mouvement.
Ex. : On raconte un assassinat. Après avoir dit le motif de l'assassin, comment il a surpris sa victime et l’a frappée, l'écrivain s'arrête au milieu de ce récit et dit:
Quelle cruelle vengeance! C’est horrible ! Cet homme est un monstre, il mérite toutes les rigueurs de la justice.
Voilà un sentiment et en même temps la variété. Autre ex. : l'élémaque, après avoir raconté la défaite et la mort de Bocchoris, termine ainsi :
Je me souviendrai toute ma vie d’avoir vu cette tête qui nageait dans le sang ; ces yeux fermés et éteints, ce visage pâle et défiguré ; cette bouche entr’ouverte qui semblait vouloir encore achever des paroles commencées ; cet air superbe et menaçant que la mort n’avait pu effacer, Toute ma vie, il sera devant mes yeux...
(FÉNELON